Journée nationale de commémoration et d’action contre la violence faite aux femmes : il faut se souvenir et agir à Drummondville

Journée nationale de commémoration et d’action contre la violence faite aux femmes : il faut se souvenir et agir à Drummondville

DRUMMONDVILLE

À Drummondville et dans l’ensemble du Centre-du-Québec, les organismes d’aide, les services policiers et les intervenants de première ligne soulignent la Journée nationale de commémoration et d’action contre la violence faite aux femmes en rappelant que les féminicides, la violence conjugale et les agressions à caractère sexuel demeurent des réalités bien présentes dans la région.
https://calacs-lapasserelle.org/

Chaque semaine, comme le constate le Vingt55 sur le terrain, des interventions, des plaintes et des signalements illustrent l’ampleur d’un problème qui exige une mobilisation constante à Drummondville comme dans l’ensemble du territoire du Centre-du-Québec, la violence faite aux femmes.

À l’occasion de la Journée nationale de commémoration et d’action contre la violence faite aux femmes, soulignée chaque 6 décembre, la ministre responsable de l’Habitation et de la Condition féminine, Caroline Proulx, réaffirme l’engagement du gouvernement du Québec à prévenir et à contrer la violence faite aux femmes. La ministre appelle à une mobilisation collective, rappelant que cette lutte demeure un enjeu majeur de société.

Cette journée s’inscrit en mémoire des 14 jeunes femmes assassinées à Polytechnique Montréal le 6 décembre 1989 parce qu’elles étaient des femmes : Geneviève Bergeron, Hélène Colgan, Nathalie Croteau, Barbara Daigneault, Anne-Marie Edward, Maud Haviernick, Barbara Klucznik-Widajewicz, Maryse Laganière, Maryse Leclair, Anne-Marie Lemay, Sonia Pelletier, Michèle Richard, Annie St-Arneault et Annie Turcotte.

Criminalité et agressions sexuelles en hausse, une réalité, Drummondville figure au sommet de tristes statistiques.

Comme le démontre l’étude menée par Statistique Canada en 2024 et publiée par le Vingt55, Drummondville présente le plus haut taux de criminalité parmi les régions métropolitaines du Québec. Les plus récentes données publiées par l’organisme révèlent une hausse marquée de plusieurs types d’infractions, notamment les vols qualifiés, les vols à main armée et les agressions sexuelles à Drummondville.

Ces indicateurs illustrent une évolution préoccupante de la criminalité sur le territoire drummondvillois. Les statistiques montrent en effet une augmentation du nombre de dossiers ouverts pour ces infractions au cours de la période analysée.

À Drummondville, les actions se poursuivent douze mois par année alors que la ville détient un triste record en matière d’interventions liées à la violence faite aux femmes.

Dans la région, les intervenantes et intervenants du CALACS La Passerelle rappellent que la violence faite aux femmes n’est pas un phénomène lointain. Les services policiers, les centres d’aide et les organismes communautaires sont interpellés quotidiennement pour des situations de violence conjugale, psychologique, physique ou sexuelle. Ces réalités, souvent invisibles au grand public, nécessitent un travail constant de prévention, d’intervention et d’accompagnement.

C’est dans ce contexte que le CALACS La Passerelle souligne l’importance de cette journée de commémoration.

« Aujourd’hui, on se recueille. On se souvient de ces 14 femmes tuées parce qu’elles étaient des femmes. Parce que la haine du féminisme et des femmes tue encore.

Le 6 décembre n’est pas qu’une date. C’est un rappel. la violence antiféministe est bien réelle. Et notre lutte est nécessaire. Pour elles. Pour toutes celles qu’on a perdues. Pour toutes celles qui survivent, pour toutes celles qui se battent encore… on se souvient, on continue », rappelle Julie Ouellet et l’équipe d’intervention du CALACS La Passerelle de Drummondville.

Julie Ouellet souligne également une hausse notable des cas traités par l’organisme, qui vient en aide aux adolescentes et femmes victimes d’agression sexuelle dans la MRC de Drummond.

En entrevue avec le Vingt55, la directrice générale rappelait que statistiquement, une agression sur vingt est rapportée aux policiers et que deux plaintes sur mille se soldent par une condamnation. « Des chiffres inquiétants mais bien réels », précise-t-elle.

Elle ajoute que les campagnes invitant les jeunes femmes à briser le silence ainsi que les mouvements comme #MeToo ont possiblement contribué à l’augmentation des dénonciations, un effet qu’elle juge positif : « Plus de victimes sont crues, mieux accompagnées, et ce dès la dénonciation jusqu’à leur passage devant les tribunaux. »

Une date reconnue nationalement

Le Parlement du Canada a reconnu en 1991 cette date comme Journée nationale de commémoration et d’action contre la violence faite aux femmes, un moment pour réfléchir à la persistance de cette violence et pour réitérer l’importance de mesures concrètes visant à la prévenir et à l’éliminer.

Pauvreté, exploitation sexuelle et prostitution, une hausse préoccupante dans la région

La pauvreté, la prostitution et l’exploitation sexuelle des jeunes filles et adolescentes connaissent également une hausse importante à Drummondville.

Les intervenants rapportent une augmentation des interventions dans certains hôtels de la MRC où la prostitution demeure régulière. « Il faut des plaignants pour porter des accusations, ou des victimes qui dénoncent pour ouvrir un dossier », explique un policier rencontré par le Vingt55. Malgré des situations évidentes constatées sur le terrain, les poursuites demeurent difficiles lorsque les victimes craignent des représailles et que des hôteliers ferment les yeux sur les activités se déroulant dans leurs établissements.

« Nous devons honorer la mémoire des femmes assassinées le 6 décembre 1989 simplement parce qu’elles étaient des femmes. Notre gouvernement fait de la lutte contre la violence faite aux femmes une priorité. Chaque occasion doit être saisie pour sensibiliser, mobiliser et bâtir une société sécuritaire et égalitaire pour toutes les femmes. Nous faisons toutes et tous partie de la solution », mentionne Caroline Proulx, ministre responsable de l’Habitation et de la Condition féminine.

Des enjeux structurels qui exigent des actions concrètes et durables
Les problèmes sociaux et criminels qui touchent Drummondville démontrent l’urgence de mettre en place des mesures soutenues et coordonnées. Le jeu de chaises musicales entourant les responsabilités, le financement des organismes et les programmes disponibles ne permet plus, selon plusieurs intervenants, d’apporter des solutions efficaces pour prévenir la violence faite aux femmes et soutenir adéquatement les victimes.

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Éric Beaupré
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