L’histoire d’un lieu de pèlerinage dans la région : la grotte de Saint-Edmond-de-Grantham …raconte-moi l’histoire par André Pelchat

L’histoire d’un lieu de pèlerinage dans la région : la grotte de Saint-Edmond-de-Grantham …raconte-moi l’histoire par André Pelchat
La grotte de Lourdes, à Saint-Edmond-de-Grantham, © Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55. Tous droits réservés.

Saint-Edmond-de-Grantham

Saint-Edmond-de-Grantham fut érigée en paroisse en 1917. L’église et le presbytère, sous la direction des architectes Audet et Charbonneau, puis de Louis Caron ainsi que de l’entrepreneur J. Albert Nadeau, de Drummondville, sont terminés en 1918.

La grotte de Lourdes à Saint-Edmond-de-Grantham, © Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55. Tous droits réservés.

Roméo Salois fut nommé curé de cette nouvelle communauté en 1921 et conçut le projet de doter sa paroisse d’un lieu de dévotion dédié à la Vierge. En fait, il avait pour ambition de créer à St-Edmond une reproduction exacte de la célèbre grotte de Notre-Dame-de-Lourdes, situé dans le sud-ouest de la France !

La grotte de Lourdes, connue des habitants de l’endroit comme la « grotte de Massabielle », était aussi connue là-bas comme « La tute[i] aux cochons », car les habitants y menaient leurs cochons pour boire jusqu’à ce que la jeune Bernadette Soubirous (canonisée par la suite) dise y avoir vu 18 apparitions de la Vierge et y découvre une source considérée depuis comme miraculeuse. C’était en 1858.

La grotte elle-même est une cavité haute de 3,80 m, profonde de 9,50 m et large 9,85. Le récit, publicisé par la presse catholique, des visions de la jeune fille en fit un lieu de pèlerinage international. L’histoire était bien sûr très connue dans le très religieux Québec du début du XXe siècle.

À Saint-Edmond, il semble, selon certaines sources, que le curé voulait éviter la construction d’un « bâtiment quelconque » devant le presbytère.  Quoiqu’il en soit, à l’origine on avait prévu d’installer une statue de Saint-Joseph près de la rivière David. L’abbé Salois demanda, et obtint, une bande terre pour installer un sanctuaire dédié à la Vierge Marie.

Le curé fit appel aux paroissiens pour défricher bénévolement le terrain en question. Ensuite, on entreprit la construction de la première grotte qui fut inaugurée le 1er mai 1925. Elle était en bois et en tôle. On s’aperçut vite que cette structure fragile ne résisterait pas longtemps aux intempéries. L’année 1925 vit aussi le curé Salois être muté de Saint-Edmond à Saint-Rosaire et il appartint donc à son successeur, l’abbé Lavigne,  de terminer le travail commencé.  En 1927, il demanda aux gens d’apporter des pierres pour la construction d’une deuxième grotte.  Il obtint ensuite de ses paroissiens qu’ils organisent une corvée pour terminer le travail :

Ensuite, il invite ses concitoyens à organiser une corvée. Selon le site du diocèse de Nicolet : « La paroisse divisée en six équipes donna 40 corvées. Malgré le manque de proposition entre la difficulté de l’entreprise et les ressources, tout surgissait au grand étonnement des sceptiques qui, ne regardant que les faiblesses du curé, ne cessaient de répéter : il ne finira pas cela. Enfin, quand tout fut terminé, quand un grand Christ fut installé au-dessus de la grotte en pierre des champs, quand chacun eut apporté un caillou pris sur sa propre terre pour élever un autel, Son Excellence Mgr Brunault daigna venir lui-même prendre possession du résultat de tant d’efforts au nom de Notre-Dame de Lourdes. »

C’est donc par le bénévolat que cette œuvre monumentale fut construite. Cela en dit long sur la puissance de la religion dans le Québec des années vingt !

En 1935, une statue de Sainte Bernadette fut ajoutée. Un second chemin de croix fut érigé en 1962 par Mgr Georges Dubuc. Quatre oratoires furent construits sur le même terrain en 1964, le premier dédié à Saint Christophe, le second au Sacré-Cœur, le troisième à Saint-Jude et le quatrième à Sainte Jeanne-d’Arc.

Ironie du sort, c’est à cette époque que s’amorçait le déclin de la pratique religieuse au Québec.

Néanmoins, chaque année, à la mi-août, des centaines de pèlerins viennent encore faire leurs dévotions auprès de ce monument, dans ce village de 700 habitants qui est encore une référence pour les croyants et, pour les autres, un vestige du Québec d’avant la Révolution tranquille.

La grotte de Lourdes à Saint-Edmond-de-Grantham, © Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55. Tous droits réservés.

André Pelchat
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