Le ministre Lamontagne souligne une importante avancée dans le dossier des frais imposés par les détaillants aux fournisseurs et aux producteurs

Le ministre Lamontagne souligne une importante avancée dans le dossier des frais imposés par les détaillants aux fournisseurs et aux producteurs
Le ministre André Lamontagne© Photo Éric Beaupré Vingt55. Tous droits réservés.

DRUMMONDVILLE

Le ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation, M. André Lamontagne, sera le coprésident d’un comité pancanadien examinant les pratiques des détaillants et des distributeurs. Cette décision a été prise cet après-midi pendant la réunion des ministres de l’Agriculture du Canada. Le comité, créé à l’initiative de M. Lamontagne, va définir des pistes de solution et déposer son rapport au mois de juillet 2021. Le comité sera coprésidé par la ministre fédérale de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire, Mme Marie-Claude Bibeau.

M. Lamontagne est aux premières loges de cette bataille depuis que la compagnie Walmart a fait connaître en juillet dernier son intention d’augmenter les frais qu’elle impose aux fournisseurs et aux distributeurs. Le ministre partage l’avis de l’industrie, à savoir que cette pratique modifie l’équilibre entre les acteurs de la chaîne d’approvisionnement bioalimentaire. L’intention affichée est d’éviter toutes répercussions négatives sur les petits détaillants, les producteurs, les fournisseurs et les consommateurs.

C’est dans cette optique que M. Lamontagne s’est employé au cours des derniers mois à construire un consensus avec les partenaires du fédéral, des autres provinces et des territoires, pour explorer plus attentivement cette question. Le ministre était celui qui présentait le sujet aujourd’hui, vendredi, dans l’après-midi, à ses partenaires et il se réjouit de bénéficier de l’appui de l’ensemble de ces derniers. L’objectif que poursuit M. Lamontagne dans cette démarche est de créer un environnement d’affaires qui soit gagnant pour tout le monde.

« Je suis très heureux de compter sur l’appui de l’ensemble de nos partenaires pour examiner de près les pratiques de certains détaillants et distributeurs et leurs effets sur l’équilibre de la chaîne bioalimentaire du Québec. Il y a consensus dans l’industrie quant au risque de mettre en péril l’équilibre qu’il y a actuellement à l’intérieur de cette chaîne. Avec l’apport de ma collègue, Mme Marie-Claude Bibeau, nous cherchons à mettre en place un environnement qui soit profitable pour tout le monde. Il y va de la santé de notre industrie bioalimentaire à un moment où les Québécois se tournent en grand nombre vers les produits locaux. Notre gouvernement fait de l’autonomie alimentaire une priorité et nous sommes entrés en action pour que nos produits locaux aient le chemin le plus facile jusque sur la table des Québécoises et des Québécois. » M. André Lamontagne, ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation

Rappelons que l’approche concertée est une demande d’acteurs clés de l’industrie bioalimentaire québécoise, comme l’Union des producteurs agricoles (UPA), le Conseil de la transformation alimentaire du Québec (CTAQ) et plusieurs regroupements de producteurs et de transformateurs, notamment dans le secteur laitier.

Rareté de la main-d’œuvre

La rareté de la main-d’œuvre était déjà un défi de taille pour le secteur bioalimentaire. Cette année, en raison de l’effet combiné de plusieurs situations, des entreprises, notamment dans la production maraîchère, ont fait face à des défis notables en raison d’un manque de travailleurs. Dans le contexte de la pandémie, le gouvernement du Québec a déployé des efforts considérables pour accueillir les travailleurs étrangers temporaires (TET) tout en garantissant leur sécurité, celle des employeurs et celle de la population. Parallèlement, des mesures incitatives ont été mises en œuvre pour amener la population à travailler dans le secteur agricole. Fort de l’expérience de 2020, le gouvernement du Québec se prépare déjà pour l’accueil des TET en 2021.

M. Lamontagne a profité de la rencontre pour demander la prolongation des mesures temporaires engagées par le gouvernement fédéral depuis le printemps pour l’accueil de ces travailleurs saisonniers. De plus, il a souligné l’importance de réviser à la hausse la limite de travailleurs étrangers par lieu de travail, actuellement fixée à 10 % par le gouvernement fédéral, pour mieux tenir compte des particularités sectorielles et régionales, notamment pour le secteur de la transformation bioalimentaire. Il a également demandé de s’assurer que les TET aient accès à la banque de congés de maladie offerte par le gouvernement fédéral.

Gestion des risques de l’entreprise

Le contexte du commerce international des dernières années et la pandémie actuelle ont mis en lumière les lacunes et le besoin d’améliorer les programmes de gestion des risques des entreprises agricoles. Le gouvernement du Québec reconnaît la nécessité de modifier à court terme le programme Agri-stabilité afin de mieux répondre aux besoins des producteurs. Il prend donc acte de l’avancée proposée par le gouvernement fédéral, en reconnaissant toutefois qu’il reste encore du chemin à parcourir. M. Lamontagne entend poursuivre les discussions à ce sujet pour trouver un terrain d’entente se rapprochant davantage des besoins du Québec dans ce domaine.

Compensations aux producteurs et aux transformateurs des secteurs soumis à la gestion de l’offre

M. Lamontagne a, de nouveau, souligné au gouvernement fédéral son devoir de respecter son engagement de soutenir pleinement les producteurs et les transformateurs touchés par les concessions faites dans les secteurs soumis à la gestion de l’offre (lait, volaille et œufs) dans les récents accords commerciaux internationaux. Le 22 mai dernier, M. Lamontagne avait d’ailleurs écrit à la ministre fédérale de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire, MmeMarie-Claude Bibeau, pour lui rappeler l’urgence de confirmer et de verser les compensations promises aux producteurs et aux transformateurs des secteurs visés. Depuis, l’Accord Canada-États-Unis-Mexique est entré en vigueur le 1er juillet et a rapidement eu une incidence sur les entreprises du secteur laitier. Or, depuis le discours du trône du 23 septembre, le gouvernement fédéral n’a engagé aucune action au sujet des compensations pour aider les entreprises de ces secteurs.

Contrôle sanitaire des produits importés

À la demande de M. Lamontagne, au cours des réunions officielles qui se sont déroulées en préparation de la conférence annuelle, les ministres et l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) se sont engagés à travailler en collaboration pour s’assurer du haut niveau de qualité des produits importés, notamment afin de prévenir la fraude des aliments, ainsi que du bon fonctionnement des mécanismes de contrôle sanitaire. Nous souhaitons de cette façon répondre aux préoccupations de l’industrie et du public.

Partenariat canadien pour l’agriculture

Le Partenariat canadien pour l’agriculture, en vigueur depuis le 1er avril 2018 pour une période de cinq ans, donne au Québec la souplesse nécessaire pour mettre en place des programmes à frais partagés qui répondent à ses besoins. Le gouvernement du Québec participe activement aux travaux préparatoires du prochain cadre stratégique. À cet égard, il soutient la poursuite d’un travail efficace, visant le respect des échéanciers et le maintien de la flexibilité du cadre stratégique actuel, pour permettre de poser des actions structurantes, satisfaisant aux besoins prioritaires des secteurs agricole et bioalimentaire québécois.

Peste porcine africaine

Bien que l’Amérique soit pour le moment épargnée, la propagation de la peste porcine africaine s’accentue, particulièrement en Europe et en Asie. Représentant une part importante de l’industrie canadienne du porc, le Québec est engagé activement dans les actions pour contrer l’arrivée de cette maladie animale. Les travaux effectués mettent en relief la nécessité d’une collaboration accrue entre les instances gouvernementales pour améliorer l’efficacité des actions de prévention, de préparation, d’intervention et de rétablissement. Le gouvernement du Québec demande un leadership fort de la part du gouvernement fédéral en matière de coordination pour assurer une gestion pancanadienne équitable des animaux infectés et des animaux sains excédentaires, avec les adaptations régionales nécessaires, ainsi que pour concevoir des programmes de soutien en cas d’urgence.

Éric Beaupré
Éric Beaupré
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