Le Village Québécois d’Antan, 45 ans déjà …Raconte-moi l’histoire par André Pelchat

Le Village Québécois d’Antan, 45 ans déjà …Raconte-moi l’histoire par André Pelchat
Le Village Québécois d’Antan, 45 ans déjà © Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55. Tous droits réservés.

DRUMMONDVILLE

Avec une saison touristique qui semble se rapprocher de la normale après deux ans de vaches maigres causée par la pandémie de COVID-19, il peut être intéressant de parler d’une des principales attractions touristiques de Drummondville, le Village Québécois d’Antan.

Le Village Québécois d’Antan, 45 ans déjà © Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55. Tous droits réservés.

Selon l’historien Claude Verrier, dans les années 1970 « Les Américains amateurs d’antiquités étaient en train de commettre une véritable razzia sur notre patrimoine. » Beaucoup d’objets anciens prenaient le chemin des États-Unis.  Claude Verrier, à cette époque, venait de terminer une étude sur le Manoir Trent, à la demande de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Drummond. La collaboration entre Verrier et la CCID se poursuivit et, en 1977 en sortit le projet de village reconstitué. On créée un OSBL dont les objectifs sont de reconstituer un village québécois et son environnement, sur une période d’un siècle (1810-1910 environ) en y présentant toutes les facettes du patrimoine : us et coutumes; métiers; professions; folklore; vêtements; moyens de transport; méthodes de culture, d’alimentation, etc.

La formule n’est pas entièrement nouvelle : Upper Canada Village, en Ontario, existe depuis 1961, mais c’est le premier projet du genre au Québec, le premier site récréotouristique.

C’est sur un terrain situé près du Parc des Voltigeurs, sur le bord de la rivière Saint-François, que les travaux commencent dès l’été 1977. Des maisons originaires de la région et datant d’entre 1810 et 1910 sont recueillies et amenées sur le site grâce à des dons et un appel au public permet de collecter des meubles, des machines et autres objets pour meubler lesdites maisons. Cependant, tout n’est pas gagné et, en 1979, on manque d’argent. On croit devoir arrêter le projet quand une subvention de 35 000 dollars du gouvernement du Québec permet de continuer les travaux, bien que plus lentement.

Finalement, en 1980, on décide d’ouvrir bien que le village ne soit pas complètement terminé et les visiteurs peuvent venir pour la première fois le 15 juillet 1980. Le Village Québécois d’Antan (VQA) est né. On y trouvera éventuellement 70 bâtiments du XIXe et du début du XXe siècle dont 22 maisons, le tout avec des comédiens-animateurs qui jouent des rôles et reproduisent les activités artisanales. Au départ le seul bâtiment créé de toute pièce est l’église. En effet, on veut une petite église en bois comme celles du début de la colonisation dans la région, or il n’en subsiste aucune. Les seules églises de ce type sont protestantes et on veut une église catholique. Or, même dans les petits villages, celles-ci sont d’imposants bâtiments en pierres, impossibles à déplacer. On va donc créer une reproduction de la première église Saint-Frédéric de Drummondville, à partir des plans originaux. Ce bâtiment a, plus tard, dû être lourdement modifié pour permettre d’y installer des vitraux d’une grande valeur, dons d’une communauté religieuse.

Des campagnes de publicités contribuent à faire connaître le site mais celui-ci reçoit un coup de pouce considérable en devenant le lieu de tournage de plusieurs films et séries télé, notamment le téléroman à succès Entre chien et loup diffusé à TVA, qui fera entrer les décors et les bâtiments du VQA dans les salons de millions de Québécois, à toutes les semaines, de 1984 à 1992. Sorti en 2005, le film Aurore, un autre succès populaire, a aussi été tourné au Village Québécois d’Antan. De plus, en mai 2018, le Village avait reçu la visite de la photographe russe de réputation internationale Elena Shumilova, venue donner un atelier à des photographes d’ici, sur le site du VQA. Voilà qui ne peux pas nuire à la visibilité du Village québécois d’Antan !

Mais la publicité n’est pas tout et, en 1994, le Village enregistre un peu plus de 58 000 visiteurs, un « creux historique » et un nombre nettement insuffisant pour assurer la survie du site. Aussi on entreprend de se renouveler, visant de maintenir une moyenne de 100 000 visiteurs par an. On ajoute de quoi attirer les plus jeunes : clowns, jongleurs, ateliers de maquillage et enfin « la Bassine » un ensemble de jeux d’eau. On ajoute le Village Illuminé en hiver et le Village Hanté à l’Halloween. En 2012, on atteindra 132 000 visiteurs avec des recettes de 2,8 millions de dollars ! L’année suivante, le VQA remporte le prix Or dans la catégorie meilleure attraction de plus de 100 000 visiteurs aux Grands Prix du tourisme. En mai 2019, un total de 1,1 millions de dollars en subventions de la Ville de Drummondville et les gouvernements du Québec et du Canada va permettre de restaurer plus de 33 bâtiments en train de se détériorer. Signalons que ces subventions sont exceptionnelles : le VQA ne reçoit aucune aide financière récurrente des gouvernements.

Puis, vient l’an 2020 et la pandémie oblige le Village à s’adapter. On installe des bouteilles de désinfectants, on oblige le port du masque et la distanciation de 2 mètres. On ferme la bassine et d’autres attractions, on diminue les heures d’ouverture, mais on reste ouvert.  Tout récemment, Le VQA a reçu un montant de 4 843 000 $ du Ministère du Tourisme dans le cadre du Programme d’aide à la relance de l’industrie touristique. Cela devrait permettre, avec un certain retour à la normale en 2022, d’espérer renouer avec les meilleures années.

Le Village Québécois d’Antan, 45 ans déjà © Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55. Tous droits réservés.

André Pelchat
CHRONIQUEUR
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