Les ambulanciers veulent mettre un terme aux horaires de faction

Les ambulanciers veulent mettre un terme aux horaires de faction
Les ambulanciers sont en moyen de pression depuis trois moisCrédit photo : Éric Beaupré

DRUMMONDVILLE – Les ambulanciers du Centre-du-Québec ont entrepris une campagne d’information auprès de la population sur le problème des « horaires de faction » entraînant une surcharge de travail ainsi que des délais de réponse trop élevés pour intervenir auprès de la population en situation d’urgence. Ils demandent aux élus de les appuyer dans la recherche de solutions à ce problème qui perdure depuis 30 ans.

« Dans notre région de la MRC de l’Érable, les ambulanciers ont des horaires de faction 7/14, explique le président du Syndicat des ambulanciers du Centre-du-Québec, Marc Lavertue. Pourtant, dans des villes comparables ailleurs au Québec, ils travaillent selon des horaires à l’heure comme dans les grands centres. Plus le volume d’appels est important, plus les ambulanciers peinent à maintenir les services dans des délais optimaux, car, en partant, les horaires de faction impliquent des délais supplémentaires ».

Certains ambulanciers en horaire de faction vivent une semaine sur deux dans la caserne où est stationnée leur ambulance, un mode de vie peu propice à la conciliation famille-travail. Ils peuvent demeurer en faction chez eux pourvu qu’ils résident à cinq minutes de la caserne. Par conséquent, lorsqu’ils reçoivent un appel, ils doivent enfiler leur uniforme et se rendre jusqu’à l’ambulance avant même de commencer l’intervention. Ce temps supplémentaire de mise en route allonge donc les délais par rapport à des horaires de travail à l’heure selon lesquels les ambulanciers sont affectés à leur ambulance pour une plage d’heures précises dans la journée. Ces horaires de faction ont été instaurés dans les années 80 afin de pallier la pénurie de main-d’œuvre qui sévissait à l’époque. Celle-ci est complètement résorbée aujourd’hui. Dans plusieurs endroits où ces horaires de faction sont en vigueur, le bassin de ressources disponibles n’a pas augmenté au même rythme que la croissance démographique.

Solutions permanentes

Tous les salariés du secteur préhospitalier sont en grève depuis près de trois mois notamment sur l’enjeu des horaires et de la charge de travail. Ces moyens de pression et de visibilité touchent entre autres l’administration des entreprises, ainsi que des tâches reconnues comme non essentielles par le Tribunal. « Cela fait des décennies que le gouvernement repousse la mise en place de solutions au problème des horaires de travail et de la charge de travail », rappelle le vice-président du Conseil central du Cœur-du-Québec, Mario Pellerin.

En inscrivant cet enjeu au cœur du renouvellement des conventions collectives, les ambulanciers ont lancé un message très clair : des solutions concrètes doivent être mises en œuvre. Il s’agit d’améliorer les conditions de travail, notamment la conciliation famille-travail, mais certainement aussi d’assurer de meilleurs services à la population en réduisant les temps de réponse aux appels urgents.

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