Les effets néfastes de la COVID-19 sur la santé mentale des enfants et des jeunes ne seraient « que la pointe de l’iceberg »

Les effets néfastes de la COVID-19 sur la santé mentale des enfants et des jeunes ne seraient « que la pointe de l’iceberg »
Santé mentale des enfants et des jeunes © Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55. Tous droits réservés.

DRUMMONDVILLE

Les enfants et les jeunes pourraient ressentir les effets de la COVID-19 sur leur santé mentale et leur bien-être pendant encore de nombreuses années, avertit l’UNICEF dans son rapport phare publié aujourd’hui.

Le rapport La situation des enfants dans le monde 2021 ; Dans ma tête : Promouvoir, protéger et prendre en charge la santé mentale des enfants, qui constitue l’étude la plus complète jamais menée par l’UNICEF sur la santé mentale des enfants, des adolescents et des personnes s’occupant d’enfants au XXIsiècle, indique que, même avant la pandémie de COVID-19, les enfants et les jeunes souffraient déjà de problèmes de santé mentale sans qu’aucun investissement substantiel n’ait été consenti pour y remédier.

Selon les estimations mondiales disponibles les plus récentes, plus d’un adolescent sur sept âgé de 10 à 19 ans vivrait avec un trouble mental diagnostiqué. Près de 46 000 adolescents se suicident chaque année, ce qui en fait l’une des cinq principales causes de décès pour cette tranche d’âge. Parallèlement, des écarts significatifs persistent entre les besoins en matière de santé mentale et les financements consacrés à cette problématique. Le rapport indique qu’à l’échelle mondiale, seulement environ 2 % des budgets publics alloués à la santé sont affectés à la santé mentale.

« Les jeunes doivent avoir le soutien et les ressources dont ils ont besoin pour devenir les leaders de demain et les agents du changement. C’est facile de constater que quelqu’un a mal physiquement, mais c’est difficile de savoir si quelqu’un souffre mentalement. Les jeunes de ma génération ont de la difficulté à parler de leurs problèmes de santé mentale avec leurs proches. Il faut que ça change. », affirme Alisha Arora , une défenseure de la santé mentale âgée de 15 ans.

Au Canada, près des deux tiers des jeunes sondés par UNICEF Canada ont dit que la pandémie a affecté négativement leur santé mentale. Plus du quart des jeunes ont aussi affirmé qu’ils n’ont personne vers qui se tourner pour recevoir de l’aide, et qu’ils n’étaient pas certains d’avoir quelqu’un qui puisse les soutenir lors de moments difficiles.

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La santé mentale des enfants pendant la COVID-19

La pandémie engendre de nombreuses répercussions. Les résultats préliminaires d’une enquête internationale menée par l’UNICEF et Gallup auprès d’enfants et d’adultes dans 21 pays, dont un aperçu figure dans le rapport La situation des enfants dans le monde 2021, indiquent qu’une médiane d’un jeune sur cinq âgé de 15 à 24 ans interrogé a déclaré se sentir souvent déprimé ou désintéressé.

Alors que la pandémie de COVID-19 approche de sa troisième année, ses conséquences continuent de peser lourdement sur la santé mentale et le bien-être des enfants et des jeunes. Les données disponibles les plus récentes de l’UNICEF indiquent qu’au moins un enfant sur sept dans le monde a été directement touché par des mesures de confinement et que plus de 1,6 milliard d’enfants ont vu leur éducation négativement affectée. La perturbation du quotidien, de l’éducation, des activités récréatives, ainsi que les préoccupations liées aux revenus et à la santé de la famille, ont généré chez de nombreux jeunes un sentiment de peur, de colère et d’inquiétude pour l’avenir=

Un coût pour la société

Les troubles mentaux diagnostiqués, notamment le trouble déficitaire de l’attention/hyperactivité, l’anxiété, l’autisme, les troubles bipolaires, les troubles du comportement, la dépression, les troubles alimentaires, le handicap mental ou encore la schizophrénie, peuvent avoir des effets néfastes considérables sur la santé, l’éducation, la qualité de vie et la capacité à obtenir un revenu des enfants et des jeunes.

Bien qu’il ne soit pas possible de calculer les répercussions de ces troubles sur la vie des enfants, une nouvelle analyse de la London School of Economics, qui figure également dans le rapport, souligne que la contribution aux économies perdue en raison des troubles mentaux entraînant un handicap ou un décès chez les jeunes est estimée à près de 390 milliards de dollars par an.

Les facteurs de protection

Le rapport La situation des enfants dans le monde 2021 appelle les gouvernements et les partenaires des secteurs public et privé à s’engager, à communiquer et à agir pour promouvoir la santé mentale de tous les enfants, de tous les adolescents et de toutes les personnes s’occupant d’enfants, à protéger ceux qui ont besoin d’aide, et à assister les plus vulnérables, notamment en prenant les mesures suivantes :

Investir de toute urgence dans la santé mentale des enfants et des adolescents dans tous les secteurs, et pas seulement celui de la santé, afin de soutenir une approche de la prévention, de la promotion et des soins qui mobilise l’ensemble de la société.

Intégrer et déployer à grande échelle des interventions fondées sur des données probantes dans les secteurs de la santé, de l’éducation et de la protection sociale, notamment des programmes d’éducation parentale qui promeuvent des soins réactifs et bienveillants et soutiennent la santé mentale des parents et des personnes s’occupant d’enfants; et veiller à ce que les écoles soutiennent la santé mentale des élèves en offrant des services de qualité et en favorisant l’établissement de relations positives.

Briser le silence qui entoure la maladie mentale, en éliminant la stigmatisation et en favorisant une meilleure compréhension de la santé mentale, ainsi qu’en prenant en compte le vécu des enfants et des jeunes.

Pour accompagner le rapport, l’UNICEF lance la campagne #DansMaTete, qui vise à aider les jeunes, leurs amis, leur famille et les communautés à en apprendre davantage sur la santé mentale, à lancer des discussions qui permettent de créer des liens, et à demander aux gouvernements d’augmenter le financement pour les services essentiels.

Éric Beaupré
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