Les « miracles » du curé Robson dans la MRC de Drummond…. Raconte-moi l’histoire par André Pelchat

Les « miracles » du curé Robson dans la MRC de Drummond…. Raconte-moi l’histoire par André Pelchat
Les "miracles" du curé Robson dans la MRC de Drummond - Reproduction d'image, reconstitution. Tous droits réservés.

DRUMMONDVILLE

Il est bien connu que nos ancêtres canadiens-français (pour ceux qui ont des ancêtres canadiens-français), étaient très religieux, de fervents catholiques.  Aussi quand les colons francophones commencent à arriver dans notre région, l’Église ne tarda pas à dépêcher des missionnaires pour s’assurer que ceux-ci ne s’éloigneraient pas de la foi.

Selon l’historien Charles-Joseph St-Amant : « Le missionnaire dont le nom est resté le plus populaire dans les townships de l’Est, est sans contredit M. Robson.

Il arriva à Drummondville le 4 novembre 1832 et dit sa première messe à Wickham le 26 du même mois. » Hubert Robson est né en 1808 à Québec et fut ordonné prêtre en 1831. La région de Drummond fut donc la première mission, dans tous les sens du terme.

Il se fait d’abord remarquer en tenant un compte serré des dépenses de la paroisse de Wickham, dont on ne s’était guère préoccupé jusqu’alors. Il fait aussi faire des réparations importantes à l’église de cette paroisse, jugée « trop froide pour l’hiver», puis il entreprend les démarches qui aboutiront au déménagement de l’église à Durham Sud, ce qui ne fut pas apprécié de tous.

En 1842 il s’installa à St-Félix de Kingsey dont il avait fait construire l’église.

Remarqué par son zèle que l’abbé Robson faisait, d’après les statistiques du diocèse, en moyenne 26 mariages par an… et 162 baptêmes, revanche des berceaux oblige.

Ce qui est particulier, c’est que M. Robson développe une réputation de « sainteté », selon St-Amant qui précise : « On lui attribue une foule de faits merveilleux, il semblait avoir acquis un empire extraordinaire sur les éléments de la nature; (…) » Des histoires circulent selon lesquelles ce pouvoir remonte à sa jeunesse : « On rapporte qu’étant encore jeune ecclésiastique, il devait traverser un jour le pont de glace, entre Québec et Lévis.

Le pont était dangereux, le vent du Nord-Est soufflait avec violence, poussant les rafales de neige épaisse entre ces deux colonnes d’Hercule formées par le Cap Diamant et les falaises de Lévis.

C’était la tempête, la poudrerie. M. Robson, entreprit néanmoins la traversée. La nuit était venue. Rendu au milieu du fleuve la tempête était à son paroxysme de violence et il était impossible de distinguer les lumières de Québec ou de Lévis.

Le froid était intense et M. Robson, à moitié suffoqué par le vent, aveuglé par la neige et transi de froid pensait sa dernière heure venue.. Il fit alors le vœu de consacrer sa vie aux missions si Dieu la lui conservait. Il fut sauvé et tint promesse. »  St-amant raconte d’autre « faits merveilleux » attribué au curé. Par exemple :

« On raconte qu’un jour M. Robson arrivait de Stanstead. Il traversait jour dans un chemin tortueux et étroit la forêt de Kingsey. Il était seul et à pied. Soudain il rencontre un citoyen de l’endroit, protestant, l’œil hagard et la figure toute trans- parente de rage.

Il commence à injurier M. Robson et braquant soudain un pistolet sur le missionnaire le menace de mort. M. Robson, sans s’émouvoir en face du péril, entr’ouvre (sic) sa soutane et découvrant sa poitrine : Tirez, dit-il, personne ne vous voit. L’assaillant déconcerté s’enfuit et la malédiction du Dieu qui a dit : Malheur à celui qui touche à mes prêtres !  parut s’attacher à l’existence de ce malheureux. »

D’autres récits rapportés pat St-Amant, sont encore plus fantastiques. Entre autres, il semble que

« Vers 1834 ou 35 » , la vallée du Bas-St-François fut victime d’une sécheresse prolongée. Or du côté de St-Zéphirin à un endroit nommé « Côte St-Pierre » habitaient trois frères, Augustin, Baptiste et Henri Dionne et leurs familles. La sécheresse menace de ruiner leur récolte. De plus des feux d’abattis deviennent hors contrôle et s’étendent aux récoltes et aux bâtiments. La suite selon les récits recueillis par St-Amant :

Les frères Dionne alors desservis à Drummondville, allèrent en pleurant se jeter aux genoux de M. Robson et lui demander secours.

Il se rendit immédiatement sur le théâtre de l’incendie.

Allez donc chercher de l’eau au puits, commanda M. Robson en arrivant.

—Il est desséché depuis plusieurs semaines.

—Allons, allons, venez avec moi ; je vous dis qu’il est plein d’eau.

Tous étaient dans l’anxiété.

M. Robson s’avançait avec confiance et MM. Dionne avec doute.

Quand on arriva au puits, il était rempli, à pleins bords. Il existe encore, et nulle sécheresse n’a pu le tarir. On l’appelle le Puits de M. Robson. Mais l’incendie rageait tellement que l’eau du puits ne pouvait suffire à le contenir. M. Robson adressa une fervente prière au ciel, encouragea ses ouailles, en leur disant d’espérer.

On vit alors une nuée noire monter à l’horizon tout sillonné d’éclairs.

Des grondements de foudre roulèrent bientôt dans l’atmosphère ; le vent s’arrêta et quelques minutes après, un orage, une pluie, comme on n’en avait jamais vu, mit fin à ce feu qui menaçait de tout ruiner.

Ce fait, considéré comme miraculeux, augmenta encore la confiance que l’on avait en M. Robson, dans l’admiration pour ses grandes vertus et la puissance qu’il avait acquise sur les éléments de la nature. »

Bref, ce curé contrôle les éléments et paraît invulnérable.  Quelques années plus tard, en 1847, alors qu’une vague d’immigrés irlandais fuyant la famine débarque au Bas-Canada, décimés par des épidémies de typhus et de choléra, Robson décide de se consacrer à leur service et part pour la Grosse île, dans le Bas Saint-Laurent, où se trouve la principale station de quarantaine, véritable « île de la mort » dans les termes de l’époque.

Mais là il n’y aura pas de miracle : atteint du choléra, Robson sera transporté à l’Hôtel-Dieu de Québec pour y décéder le 1er juillet 1847.

Jamais confirmés comme d’authentiques « miracles » par l’Église catholique les récits rapportant les exploits du curé thaumaturge montrent qu’il ne faut pas des siècles pour des évènements rapportés par la tradition orale se teintent de merveilleux.

André Pelchat
CHRONIQUEUR
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