Licenciements massifs : près de 100 employés perdront leur emploi chez Mayrand à Drummondville

Licenciements massifs : près de 100 employés perdront leur emploi chez Mayrand à Drummondville

DRUMMONDVILLE

C’est un coup dur pour une centaine d’employés du centre de distribution Mayrand Plus, maintenant devenu Colabor situé dans le parc industriel de Drummondville. Près de 100 postes seront abolis d’ici le 30 novembre, dont environ 80 directement à Drummondville.

L’annonce, faite mardi par la direction, a pris de court et ébranlé plusieurs travailleurs et travailleuses qui se sont confiés directement au Vingt55.

Le Vingt55 a rencontré près d’une dizaine d’employés quittant l’entrepôt situé au 2150, rue Sigouin, des employés affectés et durement touchés par ce licenciement massif jugé difficile et décourageant.

Selon les témoignages recueillis, la fermeture découle d’une restructuration entreprise par Mayrand puis par Colabor, qui avait acquis le centre de distribution il y a environ six mois, un an. Cette acquisition avait nourri l’espoir d’une relance, mais au lieu d’une stabilisation, la décision entraîne la suppression de la majorité des postes.

« On pensait qu’avec Mayrand Plus devenu Colabor, il y aurait plus de clients et une nouvelle stabilité. Au lieu de ça, tout le monde est mis à pied », déplore un employé affichant près de 30 ans d’expérience.

Licenciements et conditions décevantes pour près de cent employés

Après environ trois ans de fonctionnement sous sa forme actuelle, c’est la fin pour un site jugé stratégique. « C’est ce que la direction nous a annoncé hier, sans plus de considération », estiment des employés déçus de l’attitude de l’employeur.

Environ 10 chauffeurs sur les 20 actuellement en poste, ainsi qu’une majorité des quelque 100 employés, perdront leur emploi.  »La grande majorité des postes administratifs, de plancher et d’entrepôt seront supprimés. Une partie des installations de la rue Sigouin, soit approximativement le tiers, servira de centre de transbordement, avec des effectifs réduits, confirme une employée au Vingt55.

Des offres de transfert vers les entrepôts de Saint-Bruno et de Saint-Nicolas ont été proposées, mais elles sont jugées peu avantageuses. « Même avec 10, 20 ou 30 ans d’ancienneté, on se retrouve au bas de l’échelle. C’est démoralisant. Ils savaient depuis longtemps qu’ils allaient fermer, mais ils ont attendu pour nous le dire », confie un employé.

Une onde de choc pour l’économie locale et de nombreuses familles

Ce licenciement majeur a un impact direct sur les travailleurs, mais aussi sur les commerçants et restaurateurs de la région, qui s’approvisionnaient directement au comptoir du site. « Ils devront trouver d’autres options, sûrement plus coûteuses et compliquées », souligne un salarié cumulant près de 10 ans d’ancienneté, déplorent également des employés rencontrés par Le Vingt55.

Un employé venu à la rencontre du Vingt55, visiblement éprouvé par l’annonce de coupures imminentes à Drummondville, rappelle que la fermeture d’une entreprise dans le parc industriel vide la région de travailleurs qualifiés et touche durement des dizaines d’employés, des travailleurs de terrain, des pères et des mères de famille qui peinent déjà à joindre les deux bouts.

« Nos salaires variaient entre 18 $ et 25 $ l’heure, jusqu’à 28 $ dans certains cas. Pour des familles qui doivent composer avec la hausse du coût de la vie, ça fait mal. Ce n’est plus évident de s’asseoir à la table et de faire un budget », confie l’un d’eux.

Les employés ne sont pas syndiqués. Certains recevront une indemnité de départ restreinte, allant de 1 500 à 1 800 $, un montant jugé insuffisant par les travailleurs. « Avec ça, tu ne vas pas loin. Ceux qui comptaient plus de dix années de service bénéficieront de conditions un peu plus avantageuses, mais pour les autres, c’est pratiquement rien. Pour plusieurs d’entre nous, c’est un moment difficile », ajoute-t-il.

Un autre employé, déçu, témoigne : « Je rentre à la maison découragée. Après près de neuf ans dans l’entreprise, qui avait connu de meilleures années, je me retrouve dans une situation très difficile. Il y a huit ou dix ans, les dirigeants nous traitaient avec plus de respect. À mon avis, jamais ils ne nous auraient fait un coup comme celui-là. »

Au-delà des pertes d’emplois, la fermeture soulève des inquiétudes sur la vitalité du parc industriel de Drummondville. « Drummondville est à 90 minutes de partout, mais en même temps à 90 minutes de nulle part », résume un employé avec amertume, déplorant la fragilité actuelle de l’économie régionale.

Un appel lancé aux employeurs locaux

Pour les travailleurs, la situation est d’autant plus difficile qu’elle survient à quelques semaines de Noël. Malgré tout, certains espèrent rapidement se repositionner sur le marché du travail dès le début de 2026.

« C’est peut-être le temps pour les employeurs de la région d’appeler et de nous offrir quelque chose. On est disponibles », lance un employé, invitant les entreprises locales à saisir l’occasion de recruter une main-d’œuvre expérimentée.

Silence de la direction

Pour l’heure, la direction de Mayrand Plus n’a pas commenté publiquement l’annonce. Le Vingt55 a toutefois sollicité une réaction officielle, qui sera publiée dès qu’elle sera disponible.

Le Vingt55 rappelle que si vous avez besoin d’aide ou d’écoute, le CEPS Drummond est présent pour vous. Différents organismes, dont le Comptoir alimentaire, sont également à votre disposition afin de vous apporter soutien et accompagnement si vous traversez une situation difficile ou précaire. Cette aide est offerte à toute personne qui en ressent le besoin, et chaque démarche et demande est traitée en toute confidentialité.

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Éric Beaupré
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