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Logement : au Centre-du-Québec, 28 % des locataires disent avoir eu de la difficulté à payer leur loyer

Logement : au Centre-du-Québec, 28 % des locataires disent avoir eu de la difficulté à payer leur loyer

Centre-du-Québec

Le coût du logement continue de peser sur les ménages locataires. Au Centre-du-Québec, le loyer moyen payé s’établit à 863,45 $ par mois en 2026, mais surtout, 28 % des locataires de la région affirment avoir éprouvé de la difficulté à payer leur loyer au moins une fois au cours de la dernière année. Un portrait régional qui ressort de la vaste étude réalisée par Léger pour Vivre en Ville sur le marché locatif résidentiel québécois.

L’enquête a été réalisée en ligne auprès de 5 504 locataires québécois âgés de 18 ans ou plus, entre le 3 et le 24 juin 2026. Les résultats ont été pondérés notamment selon le sexe, l’âge, la langue maternelle, la scolarité, la région de résidence et la présence d’enfants dans le ménage. Comme il s’agit d’un sondage réalisé à partir d’un panel, aucune marge d’erreur formelle ne peut être calculée, Léger précise toutefois qu’un échantillon probabiliste de même taille aurait une marge d’erreur maximale de +- 1,3 %, 19 fois sur 20.

Les données détaillées permettent notamment de dégager certains constats propres au Centre-du-Québec, tout en les inscrivant dans une situation locative qui continue de se transformer à l’échelle de la province.

Un loyer moyen de 863,45 $ dans la région

Selon Léger, le loyer moyen payé par les locataires du Centre-du-Québec atteint 863,45 $ par mois en 2026. Pour l’ensemble du Québec, la moyenne s’établit maintenant à 1 169,50 $.

Plutôt que de comparer directement le Centre-du-Québec aux autres régions, dont les réalités économiques et immobilières peuvent différer considérablement, ce chiffre permet surtout de fixer un point de repère sur la situation actuelle des locataires centricois.

Et le montant moyen du loyer ne raconte qu’une partie de l’histoire. Les données sur la capacité des ménages à effectuer leurs paiements apportent un éclairage différent sur la pression financière vécue par les locataires.

Près de trois locataires sur dix ont éprouvé des difficultés

Dans le Centre-du-Québec, 28 % des locataires interrogés affirment avoir eu de la difficulté à payer leur loyer au cours de la dernière année. Plus précisément, 12 % disent avoir rencontré cette difficulté une fois, tandis que 16 % indiquent l’avoir vécue à plusieurs reprises. À l’inverse, 71 % disent ne pas avoir éprouvé de problème de paiement au cours de cette période.

Cette donnée régionale prend une importance particulière lorsqu’on la met en relation avec le portrait général du marché. À l’échelle québécoise, 21 % des locataires disent avoir éprouvé des difficultés à payer leur loyer, dont 8 % une fois et 13 % à plusieurs reprises.

Le portrait du Centre-du-Québec montre ainsi que la question de l’abordabilité ne repose pas uniquement sur le montant inscrit au bail. La capacité financière des ménages à absorber leur loyer demeure un élément central de la crise actuelle.

Les loyers ont bondi de 26 % au Québec depuis 2023

La situation observée au Centre-du-Québec s’inscrit dans un marché locatif québécois où les coûts ont progressé rapidement au cours des dernières années. Le loyer moyen payé au Québec est passé de 926 $ en 2023 à 1 001 $ en 2024, puis à 1 075 $ en 2025 avant d’atteindre 1 169,50 $ en 2026. Cela représente une hausse de 26 % en trois ans.

Parallèlement, la proportion des logements dont le loyer est de 1 100 $ ou moins est passée de 75 % en 2023 à 56 % en 2026, une chute de 19 points de pourcentage. L’étude montre également que le montant moyen payé au moment de la signature d’un bail atteint désormais 1 051,60 $ au Québec, alors qu’il était de 807,20 $ en 2023. Ces données provinciales permettent de mesurer la transformation rapide du marché dans lequel évoluent également les locataires du Centre-du-Québec.

Rester dans son logement coûte plus cher, déménager encore davantage

L’un des constats importants des deux documents de Vivre en Ville et Léger concerne également l’écart qui se creuse entre le prix payé au début d’un bail et celui payé quelques années plus tard.

En 2026, les locataires qui restent dans leur logement subissent au cours de leur occupation une augmentation moyenne de 150,50 $ entre le montant du loyer à la signature du bail et le montant actuel. En 2023, cette différence était de 66,40 $, ce qui représente une augmentation de 126,7 % de cet écart en trois ans.

Le changement de logement apparaît encore plus coûteux. Selon les faits saillants de l’étude, la différence entre le loyer de l’ancien logement et celui demandé lors de la signature d’un nouveau bail est quatre fois plus importante en 2026 qu’elle ne l’était en 2023.

Cette situation peut contribuer à rendre le déménagement financièrement difficile pour certains ménages et à favoriser une plus longue occupation du même logement.

Des locataires qui demeurent plusieurs années au même endroit

Les données détaillées pour le Centre-du-Québec montrent justement une certaine stabilité résidentielle. Dans la région, 9 % des répondants habitent leur logement actuel depuis moins d’un an, tandis que 29 % y demeurent depuis un à trois ans. Une proportion de 32 % l’occupe depuis quatre à sept ans, alors que 14 % y résident depuis huit à quatorze ans.

Ainsi, une part importante des locataires centricois interrogés occupent leur logement depuis plusieurs années.

À l’échelle québécoise, l’étude relève également une progression de la durée d’occupation chez certains locataires. En 2026, la proportion des répondants dont la plus longue période de location se situe entre huit et quatorze ans atteint 26 %, contre 23 % en 2025.

La clause G encore largement méconnue ou non remplie

L’étude s’intéresse également à la clause G du bail, qui permet notamment au nouveau locataire de connaître le plus bas loyer payé pour le logement au cours des douze mois précédant le début du bail.

À l’échelle québécoise, 79 % des locataires indiquent que leur propriétaire n’a pas rempli cette clause ou ne savent pas si elle l’a été. Plus précisément, 34 % affirment qu’elle n’a pas été remplie et 45 % ne savent pas si elle l’a été.

Par ailleurs, seulement 8 % des locataires québécois disent être déjà allés au Tribunal administratif du logement pour une fixation de loyer.

L’étude montre aussi que, devant une hausse de loyer supérieure à la recommandation du TAL, 28 % des répondants affirment qu’ils l’accepteraient parce qu’ils estiment ne pas avoir le choix. À l’inverse, 51 % disent qu’ils n’accepteraient pas la hausse : 12 % déménageraient et 39 % resteraient dans leur logement tout en la refusant.

L’accès à la propriété demeure hors de portée pour une majorité de gens

La pression sur le marché locatif survient également dans un contexte où le passage de la location à la propriété apparaît difficile pour une grande partie des répondants.

Seulement 21 % des locataires québécois pensent avoir les moyens de devenir propriétaires au cours des cinq prochaines années, une proportion pratiquement inchangée par rapport à 2025, alors qu’elle s’établissait à 22 %.

Pour une majorité de ménages, le marché locatif ne représente donc pas nécessairement une étape temporaire avant l’achat d’une propriété. Plusieurs pourraient devoir y demeurer à plus long terme, alors même que les coûts continuent de progresser.

Un portrait préoccupant pour le Centre-du-Québec

Les données de 2026 permettent finalement de mettre en lumière une réalité importante pour le Centre-du-Québec : le montant du loyer ne suffit pas à mesurer la pression vécue par les ménages.

Le loyer moyen régional s’établit à 863,45 $, mais 28 % des locataires du Centre-du-Québec disent avoir éprouvé de la difficulté à le payer au cours de la dernière année, dont 16 % à plusieurs reprises.

Cette réalité régionale s’inscrit dans un contexte où le loyer moyen a augmenté de 26 % depuis 2023, où la proportion de logements à 1 100 $ ou moins diminue rapidement et où seulement un locataire sur cinq croit pouvoir accéder à la propriété dans les cinq prochaines années.

Éric Beaupré
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