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Plus d’élèves, mais moins de professionnels : le syndicat questionne les choix du CSS des Chênes

Plus d’élèves, mais moins de professionnels : le syndicat questionne les choix du CSS des Chênes

DRUMMONDVILLE

Au lendemain d’une rentrée où le Centre de services scolaire des Chênes (CSSDC) a lui-même reconnu l’ampleur de la croissance de sa clientèle et les importantes pressions exercées sur ses écoles, le syndicat représentant son personnel professionnel soulève à son tour un enjeu, les ressources consacrées aux services professionnels ne suivraient pas la progression du nombre d’élèves.

Le Syndicat du personnel professionnel de l’Éducation du Cœur et du Centre-du-Québec (SPPECCQ-CSQ) interpelle directement le CSS des Chênes après l’adoption de son plan des effectifs 2026-2027, qui prévoit, selon l’organisation syndicale, l’abolition de trois postes professionnels à temps plein un poste d’animateur de développement personnel et d’engagement communautaire (ADPEC) et deux postes de conseillères pédagogiques.

Le syndicat estime cette décision difficile à concilier avec la croissance de la clientèle scolaire, évaluée entre 2,2 % et 3,5 % cette année.

« On ne peut pas demander aux écoles d’accueillir toujours plus d’élèves, dans des classes toujours plus nombreuses et avec des réalités de plus en plus complexes, tout en prétendant que les besoins en services professionnels demeurent inchangés. Le statu quo devient en soi une diminution de services lorsqu’on l’applique à une clientèle qui augmente », affirme Karine Boudreau, présidente du SPPECCQ-CSQ.

Une pression démographique déjà reconnue par le CSSDC

La sortie du syndicat survient alors que le CSS des Chênes a lui-même dressé, lundi, un portrait révélant une importante pression démographique sur son réseau.

Comme le rapportait le Vingt55 le 1er septembre, environ 500 élèves doivent être déplacés cette année entre différents établissements en raison des contraintes de capacité. Les projections du CSSDC indiquent également qu’il pourrait manquer 146 classes au primaire dans le secteur de Drummondville d’ici cinq ans. Au secondaire, le déficit pourrait atteindre 136 classes d’ici dix ans.

Même en tenant compte de différents projets d’agrandissement et des bâtiments modulaires, le Centre de services scolaire estime qu’au moins trois nouvelles écoles primaires seront nécessaires à court terme sur son territoire.

Cette croissance constitue précisément l’un des éléments sur lesquels s’appuie maintenant le SPPECCQ pour remettre en question les choix effectués en matière de personnel professionnel.

Une soixantaine d’enseignants non légalement qualifiés

Le syndicat soulève également la situation des enseignants non légalement qualifiés. Le CSS des Chênes prévoit qu’environ 60 d’entre eux seront en poste durant l’année scolaire.

Pour le SPPECCQ, cette donnée rend particulièrement difficile à comprendre l’abolition de deux postes de conseillères pédagogiques, puisque celles-ci jouent notamment un rôle dans l’accompagnement, le soutien et la formation du personnel enseignant.

« D’un côté, on nous dit qu’il faut accompagner des dizaines de personnes qui arrivent dans la profession ou qui n’ont pas encore leur qualification légale. De l’autre, on coupe deux postes de CP à temps plein. Il faut nous expliquer comment on peut prétendre que ces deux réalités ne sont pas liées », soutient le syndicat.

Lors de sa présentation de la rentrée scolaire, le CSSDC indiquait compter près de 3 000 employés et affirmait que tous les postes en enseignement et en éducation spécialisée étaient alors pourvus. Une dizaine de postes demeuraient toutefois vacants dans les services de garde, principalement pour la période du dîner.

Des classes pouvant atteindre 34 à 36 élèves, selon le syndicat

Le SPPECCQ affirme par ailleurs que certains groupes ont été supprimés et que des élèves ont dû être redistribués, faisant grimper certains groupes à 34, voire 36 élèves.

Selon l’organisation syndicale, l’augmentation du nombre d’élèves dans une même classe peut accroître les défis liés au climat scolaire, aux comportements, à l’adaptation, à la santé psychologique et aux situations de violence.

« Nos professionnelles et professionnels constatent quotidiennement que les besoins augmentent, mais ils ont de moins en moins de temps pour faire de la prévention. Ils sont souvent contraints d’intervenir lorsque les situations sont déjà devenues problématiques », affirme Karine Boudreau.

Le syndicat soutient que cette situation se traduit également par une augmentation de la charge de travail et risque d’allonger les délais d’accès à certains services spécialisés pour les élèves et leur famille.

Le thème de la rentrée repris par le syndicat

Le SPPECCQ reprend également à son compte le thème choisi cette année par le CSS des Chênes, « Ce qui nous unit nous ÉLÈVE », pour demander à l’organisation scolaire de revoir ses décisions.

Lors de la rentrée, la direction du CSSDC avait justement placé la réussite éducative au centre de ses priorités. Son Plan d’engagement vers la réussite doit notamment s’articuler autour du savoir, du savoir-faire, du savoir-être et du savoir-devenir, dans des milieux scolaires que l’organisation souhaite sains, sécuritaires et inclusifs.

Pour le syndicat, cette volonté doit cependant s’accompagner des ressources professionnelles nécessaires.

« Si l’élève est réellement au centre, il faut se demander qui est autour de lui pour le soutenir. Qui fait de la prévention? Qui accompagne les enseignants? Qui intervient lorsque ça ne va pas? Qui assure l’accès aux services spécialisés? », questionne le SPPECCQ.

L’organisation syndicale demande donc au Centre de services scolaire des Chênes de réévaluer son plan d’effectifs professionnels pour 2026-2027.

Cette nouvelle intervention ajoute ainsi la question des ressources humaines au problème de capacité physique déjà reconnu par le CSSDC. Alors que le Centre de services scolaire anticipe des besoins majeurs en nouvelles classes et en nouvelles écoles au cours des prochaines années, le SPPECCQ soutient que la croissance du réseau doit également se traduire par une augmentation des ressources disponibles pour accompagner les élèves et le personnel.

Pour le syndicat, le calcul est simple, davantage d’élèves signifie davantage de besoins et de pression sur les établissements. Dans ces circonstances, il considère que l’abolition de trois postes professionnels ne constitue pas un simple maintien des services, mais une réduction de la capacité d’intervention auprès d’une clientèle scolaire en croissance.

Éric Beaupré
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