Masques au primaire : Des professeurs mettent en doute l’efficacité et des parents garderont leurs enfants à la maison

Masques au primaire : Des professeurs mettent en doute l’efficacité et des parents garderont leurs enfants à la maison
Le port du masque obligatoire pour les élèves du primaire.© Crédit photo Eric Beaupré. Tous droits réservés.

DRUMMONDVILLE

Il y bientôt un an que les mesures sanitaires se succèdent au même rythme effarant, pour ne pas dire vertigineux, des points de presse qui se succèdent jour après jour; des mesures suivies pour plusieurs afin de protéger nos proches, nos parents et bien sûr nos enfants, presque qu’aveuglement, des mesures qui atteignent leur paroxisme et surtout qui semblent atteindre la limite des parents qui n’en peuvent plus de voir leurs enfants faire les frais de mesures difficilement explicables pour ce groupe d’âge alors que leur éducation est aussi importante que leur développement.

Élèves du primaire primaire © Crédit photo Eric Beaupré. Tous droits réservés.

Des mesures contraignantes et aussi problématiques pour le développement des enfants, des parents sont inquiets autant de voir un proche contracter le virus que de le transmettre bien sûr mais une nouvelle mesure, cette fois imposée aux jeunes enfants et élèves du primaire, soit le port du masque en permanence des enfants en milieux scolaires en zone rouge, inquiète bon nombre de parents.

C’est à coup de nouvelles mesures sanitaires, de règlements imposés à la même vitesse que le spectre de nouveaux variants et de statistiques alarmantes mais pourtant réalistes, en pandémie, il y a risque pour la santé aussi.

Le risque et les problèmes de développement que cause le port du masque chez les jeunes enfants n’est pas constaté par le milieu éducatif et de la petite enfance.

Des parents garderont leurs enfants à la maison devant les nouvelles mesures imposées

Des parents à Drummondville, comme à plusieurs endroits en province, espéraient voir des mesures moins contraignantes être annoncées avant la semaine de relâche. La déception fut grande de constater que malgré une baisse des cas en province, le gouvernement Legault n’a pas assoupli outre mesure les règles afin de permettre un peu de répit autant aux enfants qu’aux parents pour cette période, ni pour le retour en classe.

Le port du masque obligatoire pour les élèves du primaire, une décision qui ne passe pas dans de nombreux foyers.

À Drummondville, plusieurs parents ont très mal accueillis cette annonce, à l’effet que les enfants du niveau primaire retourneront en classe avec le port du masque obligatoire.

En effet, plusieurs parents choisiront de garder leurs enfants à la maison dans ces conditions.

‘’ Je comprends que les élèves du niveau secondaire sont assez matures pour comprendre la situation et respecter dans le meilleur scénario possible le port du masque. Cependant, d’imposer le masque à un jeune de 7 ans qui débute l’école et devra le garder toute la journée n’est aucunement nécessaire vu le nombre très minime de patients gravement malades ou décédés de ce groupe d’âge, fait valoir Yannick Benoit, père de famille et entrepreneur, qui s’explique mal cette décision et qui choisirait de faire l’école à la maison plutôt que d’imposer le port du masque à son enfant du niveau primaire.

‘’Étant entrepreneur de deux entreprises forcées d’être fermées depuis un an, je suis toujours disponible pour aider ma fille à poursuivre ses études à la maison tout en suivant le programme qui sera remis par les professeurs, voilà la solution vers laquelle se tourne le père de famille.

Même message du côté de M. Letendre qui, rejoint par le Vingt55, souhaitait exprimer aussi son mécontentement face à cette mesure. « Je suis en désaccord avec cette nouvelle mesure, je suis totalement contre le port du masque en tout temps. Nos enfants ont besoin d’air frais pour leur développement. Déjà que l’air de nos écoles laisse à désirer, ajoute M. Letendre, qui souhaite que le gouvernement et les responsables de la santé, laissent les enfants tranquilles, et qui, comme M. Benoit, souhaite que le gouvernement trouve des moyens alternatifs, qui démontrent des effets significatifs et majeurs avant d’imposer de nouvelles mesures aux enfants.

Des professeurs au bout du rouleau des mesures difficilement applicables pour eux

Des enseignants déjà au bout du rouleau n’ont pas tardé à contacter le Vingt55 afin de prendre position face à cette annonce.

‘’ Déjà épuisés et à bout de ressources dans nos classes, comment allons-nous gérer le port du masque chez des enfants du primaire qui, pour bon nombre d’entre eux, pressentent déjà des problèmes d’adaptation ou des problèmes de concentration liés à la situation et pandémie’’ , fait valoir une enseignante qui a contacté le Vingt55, découragée de voir cette annonce et mesure être imposée autant aux enfants qu’aux professeurs et personnel enseignant.

‘’ Certains jeunes élèves du primaire vivent déjà des crises d’anxiété en classe, ajoute-t-elle, ils ont besoin de notre sourire et aussi de pouvoir avoir la certitude que nous lirons dans leur visage leur état d’âme, angoisse, et lire et comprendre leur anxiété et surtout être en mesure d’y répondre, sans parler des problèmes de développement que cela occasionnera, fait valoir l’enseignante du primaire. ‘’ Nous avons parfois de la difficulté à leur faire porter un tablier plus de 10 minutes pour une activité de bricolage ou un casque ou dossard pour un cour d’éducation physique, ajoute l’enseignante, qui voit comme très peu réaliste le port du masque de façon continue pour les élèves du primaire.

Espace vidéo partenaire Vingt55 / Uniprix Drummondville 

Un effort de gestion supplémentaire qui n’est pas sans conséquence non plus, fait valoir un autre professeur.

‘’ Nous devons déjà vivre avec des mesures changeantes et contraignantes, nous devrons en plus jouer à la police et imposer le port du masque à des jeunes enfants, à qui nous devons aussi passer notre pédagogie, questionne-t-elle. ‘’ C’est impensable, croit l’enseignante d’expérience, qui ajoute être rendue au point où elle jettera la serviette, épuisée de devoir gérer des situations plutôt que de devoir enseigner et se concentrer sur le programme scolaire tel que présenté actuellement et qui compromet déjà, selon elle, la réussite et le cheminement éducatif et psychosocial et développement des élèves dont elle a la charge.

Il faut éviter de toucher le masque, précise une autre professeure, les enfants ne comprendront pas l’importance de ne pas y toucher et de ne pas jouer avec le masque; ce qui diminuera grandement l’efficacité du masque et d’une telle mesure, fait-elle valoir.

Des mesures alternatives proposées pourraient être mises de l’avant, suggèrent parents et enseignants

L’installation de purificateurs d’air était une solution beaucoup plus efficace, font valoir parents et enseignants, questionnés sur les mesures qui pourraient être apportées. ‘’ Peu importe le bruit ou les contraintes des purificateurs d’air, elles seront selon eux, toujours moins pires que le port du masque sur des périodes de 4h consécutives et 8h par jour’’, ont fait valoir ces enseignants et parents qui espèrent voir le gouvernement revenir sur cette décision.

Si les parents décident de faire l’école à la maison afin de se substituer à l’enseignement en présentiel, nous devrons ultimement et ultérieurement revoir individuellement les apprentissages et acquis de chacun d’entre eux, une solution trop temporaire qui risque, selon elle, de compliquer la situation, explique une des enseignantes, qui comprend la réaction et décision des parents et qui souhaite également que le gouvernement revienne sur ses positions dans l’intérêt des enfants.

Corridor scolaire © Crédit photo Eric Beaupré. Tous droits réservés.

Éric Beaupré
Éric Beaupré
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