Menaces sur internet, un geste banal? 

Menaces sur internet, un geste banal? 
Dave Desfossés. «C’était une suite de mots irréfléchis», a déclaré Lagacé.© Éric Beaupré

Un Drummondvillois de 30 ans apprend à ses dépends que les mots lancés sur la toile peuvent être lourds de conséquences.

 

Captures d’écran FACEBOOK.


« Quelqun aurait une arme à feux pour qu’on en finisse avec lui..! Je le connais … Jsais meme ou qui loge..! Pour que on en finisse avec astie de cave la..! »

Cette phrase a été écrite suite à la parution d’un texte sur la page web d’un média drummondvillois, en lien avec des accusations déposées contre Dave Desfossés. Jonathan Lagacé, sans histoire se retrouve accusé, à son tour, après avoir tenu des propos offensants envers le présumé délinquant sexuel.

La phrase irréfléchie, de l’aveu de son auteur Jonathan Lagacé, lui semblait plus un commentaire sans gravité. Toutefois, ce commentaire a valu à l’homme de 30 ans de voir les policiers débarquer à son milieu de travail, pour le mettre en état d’arrestation d’avoir proféré des menaces.

Contacté par le Vingt55 suite à sa mise en accusation, Lagacé s’explique

« Ce fut un choc pour moi, mes collègues et mes employeurs qui assistaient à la scène mardi matin. J’étais sans mots et sans voix et je réalisais d’un coup que ce n’était pas une blague, ni un jeu et,  qu’une phrase lancée sur la toile sans en évaluer la portée, me valait des accusations aussi graves et importantes. »

« Interdiction de posséder d’armes, que je n’ai jamais eu de ma vie, assure l’accusé; bonne conduite; restriction envers le présumé accusé etc.  me voilà devant la justice pour des mots lancé sur la toile, geste que je croyais banal. »

 

Des remords et faire face à la justice

« En fait, je ne connais que peu de chose des accusations et de la situation de M. Desfossés et, reconnais que mes propos ont dépassé ma réelle volonté de m’en prendre à lui. Il est accusé de distribution de pornographie juvénile, comme le disait le titre, les mots vagues dans la publication et le titre accrocheur.  En plus, avec les commentaires des gens qui se succédaient, il n’en fallu pas plus pour, qu’à mon tour, j’y ajoute mon commentaire impulsivement, emporté par l’agressivité des opinions déjà sur la page. »

« Je ne voulais clairement pas le tuer, c’était une suite de mots irréfléchis  «pour qu’on en finisse», et dans ma tête, cela ne sonnait pas comme «je veux le tuer». Je suis devenu jury du web, comme tant d’autre, l’instant d’une seconde, sans penser ni croire que je le menaçais de mort. Lui, dans les faits n’est coupable de rien en plus pour le moment. Tout à coup, c’est à mon tour, je me retrouve accusé. Je comprends maintenant M. Desfossés. », a confié Jonathan Lagacé au cours de l’entrevue téléphonique avec le Vingt55. En plus de prendre conscience de la situation, j’espère que ma situation en fera réfléchir plus, d’un afin de leur éviter une telle situation. Voilà pourquoi j’accepte de m’expliquer aujourd’hui. »

Les policiers ont lu les droits et ont remis la liste des accusations dont le jeune homme fait maintenant face, «…des conditions pour garder ma liberté ainsi qu’une assignation à comparaître au palais de justice de Drummondville le 4 janvier 2018 », a-t-il ajouté la voix brisée par de réels remords en réalisant qu’il devra faire face à l’opinion et aux commentaires des gens, mais surtout à de graves accusations.

Éric Beaupré
Éric Beaupré
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