Mobilisation : Le communautaire à boutte marchera pour réclamer un fonds d’urgence de 360 M$

Mobilisation : Le communautaire à boutte marchera pour réclamer un fonds d’urgence de 360 M$
Le communautaire à boutte marchera pour réclamer un fonds d’urgence de 360 M$ @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.

Mauricie / Centre-du-Québec

A l’approche du scrutin provincial, des organismes communautaires de partout au Québec se réuniront le 15 septembre à Trois-Rivières afin de réclamer un fonds d’urgence de 360 millions de dollars, une meilleure indexation de leur financement et un plan de rattrapage salarial.

Le communautaire à boutte marchera pour réclamer un fonds d’urgence de 360 M$ @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.

Comme le rapporte le Vingt55 à de nombreuses occasions depuis plusieurs semaines, voire plusieurs mois, la situation devient de plus en plus préoccupante pour plusieurs organismes communautaires.

À Drummondville comme ailleurs au Québec, certains doivent répondre à une demande grandissante tout en composant avec un financement insuffisant, des déficits importants, un manque de ressources et, dans certains cas, une réduction de leurs services.

Dans ce contexte, le mouvement Le communautaire à boutte tiendra une marche nationale, le mardi 15 septembre, à Trois-Rivières. Des organismes provenant de différentes régions du Québec souhaitent ainsi placer les difficultés du milieu communautaire au cœur de la campagne électorale provinciale.

Le mouvement affirme ne plus vouloir se contenter de promesses générales et réclame désormais des engagements politiques précis, accompagnés d’échéanciers et de moyens financiers concrets.

Un fonds d’urgence de 360 millions de dollars réclamé

Le communautaire à boutte soutient que les derniers mois ont été marqués par plusieurs mobilisations, dont une grève regroupant près de 2 000 organismes communautaires autonomes.

Les représentants du mouvement disent également avoir récemment rencontré la première ministre Christine Fréchette. Selon eux, cette rencontre n’aurait toutefois pas permis d’obtenir les investissements réclamés pour répondre à l’urgence vécue sur le terrain.

Le mouvement demande notamment la création d’un fonds d’urgence de 360 millions de dollars, une indexation annuelle du financement selon l’évolution des coûts de fonctionnement du milieu communautaire ainsi qu’un plan de rattrapage financier visant notamment à rapprocher les salaires de la moyenne québécoise.

« On nous dit qu’on comprend l’urgence. Mais comprendre l’urgence sans investir, sans échéancier et sans moyens, c’est laisser la crise se poursuivre », déplore Mathieu Gélinas, coporte-parole du mouvement.

Selon lui, les organismes continuent de s’épuiser, de réduire certains services et de devoir en faire toujours davantage avec des ressources limitées.

À quelques jours du scrutin, Le communautaire à boutte interpelle l’ensemble des formations politiques et leur demande de s’engager à tenir cinq rencontres avec les représentants du mouvement.

Ces rencontres devraient porter sur cinq revendications principales :

  • la création d’un fonds d’urgence de 360 millions de dollars;
  • l’indexation annuelle du financement selon les coûts réels de fonctionnement;
  • l’adoption d’un plan de rattrapage financier et salarial;
  • l’établissement d’échéanciers clairs;
  • la présentation des investissements et des mécanismes nécessaires à la mise en œuvre des engagements.

« Nous ne demandons pas de belles paroles. Nous demandons des engagements et une volonté politique réelle de les mettre en œuvre », affirme Caroline Chartier, également coporte-parole du mouvement.

Elle prévient que la mobilisation se poursuivra cet automne afin de s’assurer que les engagements pris pendant la campagne électorale se traduisent par des actions concrètes.

Des besoins grandissants à Drummondville

La mobilisation survient alors que plusieurs organismes doivent composer avec une augmentation marquée des demandes d’aide, notamment à Drummondville. Des ressources comme le Comptoir alimentaire Drummond, La Tablée populaire, L’Ensoleilvent et La Piaule, comme plusieurs autres organismes de la région, doivent répondre à des besoins grandissants.

Ceux-ci touchent notamment l’aide alimentaire, le logement, la santé mentale, l’itinérance et l’accompagnement des personnes vulnérables.

À Drummondville, cette pression est particulièrement visible. Comme le constate le Vingt55, plusieurs ressources communautaires doivent répondre à des besoins croissants alors que certaines traversent elles-mêmes une période financière difficile. La situation de La Tablée populaire, confrontée à un important déficit et à une réduction de certains services, illustre notamment la fragilité du filet social local.

Le communautaire à boutte rappelle que les organismes communautaires rejoignent près de trois millions de personnes au Québec et représentent un filet social essentiel pour de nombreuses communautés.

Une marche jusqu’au parc portuaire

L’accueil des délégations commencera à 11 h à la Bâtisse industrielle, située au 1750, avenue Gilles-Villeneuve, à Trois-Rivières.

La marche prendra son départ à 13 h en direction du parc portuaire. Un rassemblement final et des prises de parole sont prévus à compter de 14 h.

La population est invitée à marcher aux côtés des organismes afin de transmettre un message aux partis politiques : le financement du milieu communautaire doit devenir un véritable enjeu électoral.

Le communautaire à boutte marchera pour réclamer un fonds d’urgence de 360 M$ @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.

Éric Beaupré
RéDACTEUR_EN_CHEF
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