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Nouveau report des haussières d’Hydro-Québec : les plaisanciers et les riverains pris en otage à Drummondville, estiment les riverains et commerçants.

Nouveau report des haussières d’Hydro-Québec : les plaisanciers et les riverains pris en otage à Drummondville, estiment les riverains et commerçants.
Nouveau report des haussières d'Hydro-Québec @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.

DRUMMONDVILLE

Les riverains, plaisanciers et amateurs d’activités nautiques qui espéraient enfin voir la rivière Saint-François retrouver son niveau estival devront vraisemblablement patienter encore. Selon des informations obtenues par le Vingt55, l’échéancier annoncé récemment par Hydro-Québec pour l’installation des haussoirs au barrage de la Chute-Hemmings sont de nouveau être repoussé.

Nouveau report des haussières d’Hydro-Québec @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.

Rappelons que le 10 juin dernier, la porte-parole d’Hydro-Québec, Aïda Ouédraogo, avait indiqué au Vingt55 que les travaux devaient être complétés d’ici le 21 juin, permettant ainsi un retour du niveau estival habituel de la rivière vers le 23 juin.

« Plusieurs facteurs ont ralenti la progression des travaux, mais nous prévoyons maintenant les terminer d’ici le 21 juin 2026. Cette opération vise à rehausser le niveau de la rivière pour la période estivale afin de répondre aux besoins de la communauté », avait-elle alors déclaré. À ce moment, Hydro-Québec affirmait également que de nombreux échanges avaient eu lieu avec la Ville de Drummondville et différents intervenants, dont Andrew Barr, directeur du Service de sécurité incendie et de sécurité civile, afin d’assurer un suivi serré du dossier.

Or, selon des informations obtenues par le Vingt55 au cours des derniers jours et des dernières heures, cet échéancier ne sera finalement pas respecté.

Selon les informations obtenues par le Vingt55, mais qui n’ont pas été confirmées officiellement par Hydro-Québec, ce serait cette fois le débit élevé de la rivière Saint-François qui expliquerait ce nouveau délai. Le niveau de la rivière dépasserait actuellement les 600 mètres cubes par seconde, une situation qui compliquerait les travaux nécessaires à l’installation des haussières et au rehaussement du niveau d’eau.

Cette nouvelle contrainte viendrait ainsi s’ajouter aux retards déjà observés depuis le début de la saison, repoussant encore l’échéancier attendu par les plaisanciers, riverains et utilisateurs de la rivière.

Au-delà des désagréments pour les riverains et les amateurs de sports nautiques, la situation commence également à avoir des répercussions économiques bien réelles à Drummondville. Depuis le début de la saison, le Vingt55 a pu constater à plusieurs reprises qu’il circule souvent davantage d’embarcations sur le boulevard Saint-Joseph, transportées sur des remorques, que sur la rivière Saint-François elle-même.

Les deux principales entreprises du secteur nautique de la région, Lavallée Marine et Drummond Marine notamment, voient leurs terrains se transformer en espaces d’entreposage temporaires pour des dizaines de bateaux qui ne peuvent toujours pas être mis à l’eau. Une situation qui affecte non seulement les propriétaires d’embarcations, mais également l’ensemble de l’écosystème économique lié aux activités nautiques.

Plusieurs plaisanciers rencontrés par le Vingt55 ont confirmé avoir choisi de déplacer leurs activités vers d’autres plans d’eau de la région ou vers des municipalités voisines pour la saison estivale. Une décision qui entraîne inévitablement des retombées économiques perdues pour les commerçants, restaurateurs, stations-service et entreprises touristiques de Drummondville qui bénéficient habituellement de l’achalandage généré par les activités sur la rivière.

Cette situation risque également d’affecter une partie de la saison touristique estivale et commercent comme Sporteque Drummondville.

La rivière Saint-François constitue un attrait important pour de nombreux visiteurs et amateurs de plein air qui fréquentent habituellement les marinas, les descentes de bateaux, les terrasses et les commerces de proximité. Plus les délais s’allongent, plus les retombées économiques associées à la saison nautique diminuent, au moment même où plusieurs entreprises réalisent une part importante de leurs revenus annuels.

Il en va de même pour les utilisateurs du ponton municipal reliant les deux rives de la rivière Saint-François. Utilisé quotidiennement par les cyclistes, les marcheurs et les randonneurs, cet aménagement constitue un attrait touristique apprécié tant par les citoyens que par les visiteurs. La fermeture de cette liaison prive actuellement la population de cette commodité et réduit l’accès à l’un des éléments distinctifs du réseau récréotouristique de Drummondville.

Les conséquences touchent également les détaillants d’équipements nautiques.  Les ventes de gilets de sauvetage, d’accessoires de navigation et d’équipements destinés aux plaisanciers semblent avoir ralenti.

Les entreprises spécialisées dans la vente et l’entretien d’embarcations doivent aussi composer avec des défis supplémentaires. Le centre d’essai utilisé pour tester certains bateaux demeure pratiquement inutilisable en raison du faible niveau d’eau, limitant les démonstrations et les essais nécessaires avant la livraison ou la remise en service des embarcations.

À cela s’ajoutent les répercussions sur les organismes et clubs qui dépendent directement de la rivière Saint-François.

Les activités de bateaux-dragons, les cours et camps de voile ainsi que plusieurs activités nautiques prévues à la plage municipale ont dû être reportés ou adaptés, privant temporairement la population d’un accès normal à la rivière en pleine période estivale.

Alors que les discussions se poursuivent entre Hydro-Québec et les différents intervenants concernés, plusieurs acteurs du milieu espèrent qu’une solution pourra être mise en place rapidement afin d’éviter que cette situation ne compromette davantage une saison déjà largement amputée pour les plaisanciers, les organismes, l’industrie nautique et l’économie touristique locale.

Toujours selon les informations recueillies par le Vingt55, les discussions en cours entre Hydro-Québec et ses employés dans le contexte des moyens de pression exercés actuellement contribueraient à ralentir certaines opérations jugées non essentielles.

L’installation des haussoirs ne ferait pas partie des services essentiels maintenus en priorité, ce qui aurait pour effet de reléguer ces travaux derrière d’autres interventions considérées plus urgentes par la société d’État.

Les employés poursuivraient ainsi les tâches régulières et prioritaires, tandis que certains travaux saisonniers, dont l’installation des haussoirs, devraient attendre leur tour selon les ressources disponibles.

Une situation qui préoccupe la Ville qui demande elle aussi des réponses et actions

Selon les informations obtenues par le Vingt55, la Ville de Drummondville suit la situation de très près. Le maire Jean-François Houle ainsi que la direction du Service de sécurité incendie et de sécurité civile seraient particulièrement préoccupés par les impacts grandissants de ces retards sur les activités estivales et l’économie locale.

Des démarches seraient actuellement en cours par la Ville de Drummondville afin d’obtenir un portrait plus précis de la situation et de connaître les nouveaux délais envisagés.

La Ville souhaiterait également faire le point sur les conséquences qu’entraîne le faible niveau d’eau pour les citoyens, les organismes et les entreprises qui dépendent directement de l’accès à la rivière pendant la saison estivale.

Des impacts bien visibles sur le terrain

Comme le rapportait déjà le Vingt55 dans ses précédents articles, les conséquences du retard se font sentir à plusieurs niveaux.

Les activités du Club de voile, du camp de voile de la plage municipale, des bateaux-dragons et de plusieurs autres organismes demeurent perturbées ou reportées.

Les plaisanciers continuent également d’attendre avant de pouvoir mettre leurs embarcations à l’eau. Lors d’une visite effectuée le week-end dernier le Vingt55 a constaté qu’il y avait davantage d’embarcations stationnées chez les détaillants et dans les cours et qui circulent boulevard Saint-Joseph qu’à la surface de la rivière elle-même.

Plusieurs propriétaires rencontrés sur place ont affirmé envisager ou avoir déjà choisi de déplacer leurs activités nautiques vers d’autres plans d’eau de la région pour la saison.

Cette situation entraîne aussi des répercussions économiques pour plusieurs commerçants. Les entreprises spécialisées dans la vente et l’entretien d’embarcations sont directement touchées, tout comme les commerces qui vendent équipements nautiques, gilets de sauvetage, accessoires de navigation et produits connexes.

Le centre d’essais nautiques de certaines entreprises du secteur est également inutilisable en raison du faible niveau de l’eau, compliquant les démonstrations et les essais d’embarcations destinées à la clientèle.

Un des enjeux importants qui demeure au cœur des préoccupations de plusieurs riverains concerne l’impact sur la faune et les milieux aquatiques.

Depuis plusieurs semaines, la végétation a gagné du terrain sur certaines portions habituellement recouvertes d’eau. Des plantes se sont développées dans le lit exposé de la rivière, tandis que plusieurs oiseaux ont même établi leurs nids sur les berges désormais asséchées.

« On ne sait pas quelles seront les conséquences lorsque le niveau de l’eau remontera. La vie aquatique est certainement affectée par cette situation inhabituelle », déplore Marcial Dumont, rencontré par le Vingt55 aux abords de la rivière, dans le secteur du camp Kounak.

Selon lui, le paysage observé actuellement n’a rien de normal. « Ce n’est pas naturel. On voit bien que la rivière n’est pas à son niveau habituel et que tout l’environnement s’est adapté à cette baisse prolongée des eaux », souligne-t-il.

Le député Sébastien Schneeberger réclame des actions

Informé de la situation par le Vingt55, le député de Drummond–Bois-Francs, Sébastien Schneeberger, n’a pas caché sa frustration.

« Je suis très choqué de la situation. Si les informations se confirment et que les travaux sont de nouveau retardés, il faudra prendre rapidement les mesures nécessaires pour corriger définitivement cette situation », a précisé le député en entrevue au Vingt55.

« Ce n’est pas la première année que ça arrive. Cette année, c’est pire que pire. Hydro-Québec et le syndicat n’agissent pas en bons citoyens corporatifs pour la population. On prend les citoyens en otage », a-t-il déclaré.

Le député souligne que les impacts dépassent largement les seuls riverains.

« Je parle de tous les gens qui profitent de la plage municipale, du club de voile, des accès à l’eau et des activités sur la rivière. Notre été est déjà tellement court au Québec. Les citoyens devraient pouvoir profiter des quelques semaines de beau temps dont nous disposons », ajoute-t-il.

Le député Schneeberger affirme en entrevue au Vingt55 vouloir intervenir auprès du gouvernement afin d’obtenir des réponses.

« Ça fait trop longtemps que ça dure. Ce n’est pas la première fois. Il faut que ça change. Je vais contacter le ministre à ce sujet. Je comprends que les négociations se déroulent directement entre Hydro-Québec et ses employés, mais je vais demander des explications et des solutions rapides », conclut le député Sébastien Schneeberger .

Certains citoyens rencontrés par le Vingt55 affirment comprendre les revendications des employés et le droit des travailleurs de faire valoir leurs conditions de travail. Ils s’interrogent toutefois sur la possibilité pour Hydro-Québec de prévoir des mesures de réserve ou des solutions temporaires afin d’éviter que les usagers ne subissent les conséquences de ces délais.

Selon eux, les négociations entre l’employeur et le syndicat constituent un dossier distinct qui doit être réglé dans le respect des travailleurs, mais les citoyens, les plaisanciers et les riverains doivent également être pris en considération. « Les discussions entre Hydro-Québec et ses employés, c’est une chose, mais les citoyens ne devraient pas en payer le prix », ont notamment fait valoir plusieurs plaisanciers et riverains rencontrés par le Vingt55.

Nouveau report des haussières d’Hydro-Québec @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.

Éric Beaupré
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