DRUMMONDVILLE
Faudra-t-il bientôt faire installer des ‘’tuyaux d’é’jappement’’ aux chiens pour éviter de déplaire à certains citoyens @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.
Si la Municipalité affirme agir pour répondre aux plaintes du voisinage et préserver la quiétude du secteur, plusieurs propriétaires de chiens rencontrés par le Vingt55 soutiennent que cette décision va à l’encontre de la mission même des parcs canins, conçus à l’origine pour offrir un lieu sécuritaire et encadré aux animaux et à leurs maîtres, tout en favorisant une meilleure cohabitation dans les autres espaces publics.
Adoptée lors de la séance du conseil municipal du 1er juin, la résolution vise à répondre à de nombreuses plaintes formulées par des résidents du secteur concernant le bruit généré par les aboiements des chiens. La municipalité affirme avoir tenté différentes mesures d’atténuation au cours des derniers mois, notamment l’installation de pare-vue et une surveillance accrue des lieux. Malgré ces interventions, les plaintes auraient persisté.
Désormais, le parc sera accessible du lundi au jeudi, de 8 h 30 à 20 h, et le vendredi de 8 h 30 à 17 h. Il demeurera fermé les samedis et dimanches.
Pour plusieurs propriétaires de chiens qui ont contacté le Vingt55, cette décision va à l’encontre même de la vocation du parc canin.
Faudra-t-il bientôt faire installer des ‘’tuyaux d’é’jappement’’ aux chiens pour éviter de déplaire à certains citoyens
Contacté par le Vingt55, Patrick Denoncourt, résident de Saint-Germain-de-Grantham et propriétaire d’un berger australien, déplore la décision adoptée par le conseil municipal.
« On a créé ce parc précisément pour permettre aux propriétaires de chiens de se retrouver dans un endroit sécuritaire, loin des parcs pour enfants et des espaces publics où les animaux peuvent parfois représenter un risque ou une nuisance. Aujourd’hui, on limite son utilisation au point où plusieurs vont retourner promener leurs chiens dans les quartiers résidentiels », soutient Patrick Denoncourt en entrevue avec le Vingt55,
Selon lui, le parc est devenu beaucoup plus qu’un simple enclos pour animaux. Il s’agit d’un lieu de socialisation autant pour les chiens que pour leurs maîtres.
« On crée une habitude. Les chiens ont leurs repères, les propriétaires aussi. C’est devenu un lieu de rencontre. On a encouragé les gens à utiliser cet espace pendant des années et maintenant on leur retire une grande partie de l’accès », déplore-t-il.
Selon les informations obtenues par le Vingt55, la vocation première des parcs canins est d’offrir aux propriétaires de chiens un espace sécuritaire et spécialement aménagé où les animaux peuvent courir sans laisse, dépenser leur énergie et socialiser. Ces infrastructures ont également été créées afin de limiter la présence de chiens en liberté dans les autres espaces publics, notamment les parcs fréquentés par les enfants, les terrains sportifs et les secteurs résidentiels, favorisant ainsi une meilleure cohabitation entre les différents usagers.
M. Denoncourt rappelle également que plusieurs utilisateurs se sont investis bénévolement dans l’entretien et l’amélioration des installations.
« L’entretien, c’est souvent nous qui le faisons. On nettoie, on surveille les lieux, on s’assure que tout reste propre. Plusieurs utilisateurs ont investi du temps et de l’énergie pour améliorer le parc. Nous avons même proposé différentes solutions afin de réduire davantage les nuisances. »
Selon lui, la fermeture des fins de semaine touche particulièrement les propriétaires qui travaillent durant la semaine et qui profitaient principalement du samedi et du dimanche pour fréquenter les installations.
« Pour plusieurs personnes, c’était le seul moment disponible pour venir faire courir leur chien. C’est difficile de comprendre qu’on retire précisément les périodes les plus utilisées », ajoute-t-il.
Une relocalisation envisagée
La Municipalité a également mandaté son administration afin d’étudier la possibilité de relocaliser le parc canin vers un autre site jugé plus compatible avec cet usage.
La mairesse Nathacha Tessier reconnaît que la décision ne satisfait pas l’ensemble des citoyens concernés.
« C’est avec regret que nous prenons cette décision, car nous comprenons qu’elle ne fera pleinement l’affaire de personne. Le parc canin est un service apprécié et nous sommes heureux de l’offrir. Cependant, il y a des gens dont la vie est bâtie à proximité et pour qui cela devient une question de santé. Nous avons pris le temps d’entendre les deux parties. Et la relocalisation nous apparaît l’avenue la plus probable », a-t-elle indiqué.
Un débat qui se poursuit
La décision continue de faire réagir sur les réseaux sociaux et auprès des utilisateurs du parc. Plusieurs citoyens estiment que les nouvelles restrictions risquent simplement de déplacer le problème vers d’autres secteurs de la municipalité, alors que les chiens devront être exercés ailleurs.
D’autres soutiennent toutefois le conseil municipal, estimant que la qualité de vie des résidents voisins doit demeurer une priorité.
Alors que la Municipalité amorce sa réflexion sur une éventuelle relocalisation, plusieurs propriétaires de chiens entendent poursuivre leurs démarches afin de faire valoir leur point de vue auprès des élus.

Le Vingt55 avait assisté à l’inauguration du parc à chiens en mai 2019, @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.












