DRUMMONDVILLE

L’honorable juge Antoine Aylwin a condamné Mylène Hébert à huit mois d’emprisonnement et à une amende de 10 000 $ dans une décision de 13 pages obtenue par le Vingt55. @ Crédit photo : Éric Beaupré / Vingt55. Tous droits réservés.
À la suite de l’audience tenue vendredi dernier devant l’honorable juge Antoine Aylwin, à laquelle assistait le Vingt55, la Cour supérieure a rendu sa décision aujourd’hui, en faveur des demandeurs, représentés par Me Christine Jutras, et de son client Alain Carrier. Dans son jugement de 13 pages, le juge Antoine Aylwin conclut que Mme Hébert a délibérément ignoré plusieurs ordonnances émises le 15 janvier 2026 par la Cour supérieure.
Malgré deux condamnations antérieures pour outrage au tribunal dans le même dossier, elle a continué de refuser de se conformer aux décisions judiciaires. Le Tribunal souligne que le recours initial avait mené à une injonction permanente obligeant notamment Mme Hébert à retirer de ses réseaux sociaux les publications visant Alain Carrier, Performance N.C. Inc. et leurs avocats, à cesser toute nouvelle publication les concernant, à publier intégralement le jugement sur ses plateformes Facebook et TikTok ainsi qu’à débloquer l’accès à son compte Facebook afin que le respect des ordonnances puisse être vérifié.
Un refus assumé selon la décision de L‘honorable juge Antoine Aylwin
Le juge Aylwin conclut que Mme Hébert connaissait parfaitement les obligations qui lui étaient imposées. Le jugement rappelle qu’elle avait reçu copie de la décision, tant par courriel que par signification officielle, et qu’elle avait elle-même reconnu publiquement en avoir pris connaissance. Ces éléments contredisent les affirmations publiées par Mme Hébert au cours des dernières heures sur les réseaux sociaux.
Selon la preuve présentée devant la Cour, elle a néanmoins continué d’afficher publiquement son intention de ne jamais respecter les ordonnances judiciaires.
Le Tribunal note notamment que Mme Hébert a publié plusieurs vidéos et messages affirmant qu’elle ne retirerait pas ses publications, qu’elle ne diffuserait jamais le jugement et qu’elle contestait la légitimité des tribunaux québécois. Elle s’est également absentée aux audiences prévues pour répondre aux accusations d’outrage, malgré les avis qui lui avaient été transmis.
Après avoir analysé la preuve, le juge conclut que trois violations des ordonnances judiciaires ont été démontrées hors de tout doute raisonnable :
le défaut de retirer les publications visées;
le refus de publier le jugement sur ses réseaux sociaux;
le défaut de débloquer Alain Carrier afin qu’il puisse vérifier le respect des ordonnances.
Pour déterminer la sanction, le juge rappelle que l’outrage au tribunal vise à assurer le respect des décisions judiciaires et à protéger l’autorité des tribunaux.
Le juge Aylwin souligne que Mme Hébert avait déjà été condamnée à deux reprises pour des comportements similaires, sans que ces sanctions ne modifient son attitude. Au contraire, elle aurait poursuivi sa campagne sur les réseaux sociaux, où certaines vidéos ont obtenu plus de 250 000 visionnements, tout en réaffirmant publiquement son refus d’obéir aux décisions judiciaires.
Le Tribunal estime que cette conduite constitue « un des cas les plus évidents de défiance de l’autorité du système de justice », justifiant ainsi une sanction sévère.
En plus de l’amende maximale de 10 000 $, la Cour impose à Mme Hébert une peine de huit mois d’emprisonnement, à laquelle s’ajoutent deux peines de deux mois pour les autres violations, celles-ci devant toutefois être purgées concurremment.
Le jugement ordonne également à Mme Hébert de se présenter aux autorités policières dans les cinq jours suivant la réception de la décision afin d’être conduite dans un établissement de détention. À défaut, les policiers ou un huissier sont autorisés à procéder à son arrestation pour l’exécution de la peine.
Comme avait pu l’entendre le Vingt55 lors du procès, auquel il avait assisté, cette condamnation pour outrage au tribunal découle directement du jugement rendu le 15 janvier 2026 par la Cour supérieure du Québec dans le dossier de diffamation opposant Alain Carrier et Performance N.C. Inc. à Mylène Hébert.
Dans cette décision, le juge Bernard Synnott avait accueilli la demande d’injonction permanente des demandeurs, concluant que les accusations diffusées par Mme Hébert sur les réseaux sociaux étaient « non crédibles », « infondées » et relevaient de ce qu’il qualifiait d’« élucubrations ». Le Tribunal avait également statué qu’« il n’existe pas la moindre preuve crédible » permettant d’associer Alain Carrier ou Performance N.C. Inc. aux graves accusations formulées à leur endroit, qualifiant ces allégations de « fabulations » et d’« affabulations calomnieuses ».
En revanche, la Cour acquitte Mme Hébert sur certains autres chefs liés à de nouvelles publications, estimant que les accusations portées étaient formulées de manière trop générale et ne permettaient pas d’identifier précisément les publications reprochées, ce qui contrevenait aux règles d’équité procédurale.
La Cour avait alors ordonné à Mme Hébert de retirer l’ensemble des publications diffamatoires, de cesser toute nouvelle diffusion de contenu visant Alain Carrier, Performance N.C. Inc. et leurs avocats, de publier intégralement le jugement sur ses réseaux sociaux ainsi que de débloquer l’accès à ses comptes afin de permettre la vérification du respect des ordonnances. C’est le non-respect répété de ces obligations judiciaires qui a conduit à la condamnation pour outrage au tribunal prononcée le 13 juillet.
En entrevue téléphonique au Vingt55 à la suite du jugement, Alain Carrier a indiqué vouloir d’abord prendre le temps d’en analyser le contenu avant de commenter plus en détail la décision de la Cour.
« Je viens tout juste de voir le jugement. Je vais en prendre connaissance et voir exactement ce qu’il contient. J’ai compris qu’elle est condamnée à une peine d’emprisonnement, à une amende de 10 000 $, ainsi qu’au paiement des frais de justice, mais je n’ai pas encore eu le temps de le lire en entier », a-t-il expliqué.
Alain Carrier affirme toutefois que son objectif n’a jamais été de voir Mylène Hébert emprisonnée.
« Tout ce que je voulais depuis le début, c’est qu’elle cesse de dire des faussetés à mon sujet, à propos de Performance N.C. et de nos avocats. Si elle avait respecté les ordonnances de la Cour, elle ne serait pas en prison aujourd’hui. Ce n’est pas ce que je souhaitais », a-t-il déclaré.
Il rappelle également que le litige a fait l’objet d’un procès au cours duquel Mme Hébert a eu l’occasion de présenter sa version des faits et de contre-interroger les témoins.
« Elle a eu deux journées complètes d’audience pour poser toutes les questions qu’elle voulait. Au final, la Cour a rendu sa décision. Le système judiciaire est aussi là pour protéger les citoyens lorsqu’ils sont victimes de fausses allégations », a conclu Alain Carrier en entrevue téléphonique avec le Vingt55.
De son côté, Mylène Hébert a annoncé sur ses réseaux sociaux qu’elle entendait entreprendre une grève de la faim à la suite du jugement ordonnant son incarcération, une décision qu’elle a rendue publique peu après le prononcé de la décision. « Venez m’arrêter à partir d’aujourd’hui. Je commence une grève de la faim et de la soif. Je préfère mourir plutôt que d’être envoyée en prison pour me faire taire… »
L‘honorable juge Antoine Aylwin précise enfin que cette peine d’emprisonnement pourrait prendre fin avant son échéance si Mme Hébert se conforme entièrement aux ordonnances rendues le 15 janvier 2026. À défaut, d’autres périodes d’emprisonnement pourraient être imposées jusqu’au respect intégral des décisions de la Cour.

L’honorable juge Antoine Aylwin a condamné Mylène Hébert à huit mois d’emprisonnement et à une amende de 10 000 $ dans une décision de 13 pages obtenue par le Vingt55. @ Crédit photo : Éric Beaupré / Vingt55. Tous droits réservés.
Dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux, Mylène Hébert affirme que des arrestations seraient imminentes.
Selon les informations obtenues par le Vingt55, la réponse transmise par une enquêteuse nommée Isabelle Guguère confirme uniquement que Mme Hébert a déposé des signalements et transmis des déclarations. Ces informations sont et seront analysées comme dans tout les cas similaire, par obligation, par le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), qui déterminera si les éléments soumis justifient l’ouverture de procédures ou toute autre intervention.
À ce stade, les informations recueillies par le Vingt55 indiquent que ces démarches ne constituent pas une preuve des allégations formulées par Mme Hébert et ne permettent aucunement de conclure que des arrestations sont imminentes ou que des accusations criminelles seront portées. La réponse obtenue s’apparente à un accusé de réception confirmant que les informations transmises seront évaluées selon le processus habituel. Elle ne constitue ni une validation des allégations, ni une confirmation des faits rapportés, ni l’annonce d’une intervention imminente de la part des autorités.







