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Patinoire du parc Jardin-des-Galeries : face aux nuisances sonores, la conseillère Caroline Allard passe de la parole aux actes et réclame un moratoire

Patinoire du parc Jardin-des-Galeries : face aux nuisances sonores, la conseillère Caroline Allard passe de la parole aux actes et réclame un moratoire
Caroline Allard passe de la parole aux actes et exige une pause et un moratoire @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.

DRUMMONDVILLE

La conseillère municipale  Caroline Allard, passe de la parole aux actes dans le dossier des nuisances sonores au parc Jardin des Galeries. Après plusieurs mois d’interventions publiques et d’engagements répétés, la nouvelle conseillère du district 8, réclame désormais un moratoire complet sur l’utilisation de la patinoire de dek hockey pour la saison estivale 2026, invoquant un enjeu de santé publique documenté dans l’intérêt des citoyennes et citoyens et des familles de son district.

Caroline Allard passe de la parole aux actes et exige une pause et un moratoire  @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.

En effet, la conseillère Caroline Allard a officialisé aujourd’hui sa position en demandant à la Ville de suspendre temporairement l’utilisation de l’infrastructure. Elle estime que les mesures mises en place jusqu’à maintenant — notamment des ajustements d’horaire, l’installation de signalisation et la réalisation d’études sonores — n’ont pas permis de corriger de manière satisfaisante les impacts observés dans le secteur. Elle soutient qu’un arrêt temporaire permettrait de prendre le recul nécessaire afin d’évaluer des solutions durables et adaptées au milieu résidentiel.

Selon la conseillère, les analyses déjà réalisées, incluant les études sonores et les recommandations formulées, démontrent que les correctifs envisagés à court terme demeurent insuffisants. Elle insiste sur le fait que la décision du conseil municipal doit s’appuyer sur des données probantes et non sur des considérations ponctuelles, afin d’éviter de reconduire la situation pour une troisième saison estivale consécutive .

Sa demande repose notamment sur les conclusions de la Direction de la santé publique, qui indiquent que l’utilisation actuelle de la patinoire peut entraîner des effets potentiellement dommageables sur la santé et la qualité de vie des résidents. La nouvelle conseillère du district 8 rapporte que plusieurs citoyens lui ont fait état de conséquences concrètes, évoquant notamment de l’anxiété, un sentiment dépressif et une incapacité à profiter pleinement de leur environnement, particulièrement en période estivale. « Les gens veulent pouvoir jouir de leur terrain et ouvrir leurs fenêtres », souligne-t-elle, tout en précisant que l’enjeu ne remet pas en cause la pratique du sport, mais bien l’adéquation du projet avec son emplacement.

Caroline Allard déplore également que les données issues de la santé publique n’aient pas occupé une place centrale dans la réflexion municipale jusqu’à maintenant. Elle affirme avoir transmis à l’ensemble des membres du conseil un document regroupant les faits, études et analyses disponibles afin de favoriser une prise de décision éclairée. « Rien ne justifie une décision à l’aveugle », soutient-elle, rappelant le rôle des élus de s’appuyer sur des données objectives pour orienter leurs choix .

Au-delà de la question du bruit, Caroline Allard soulève des enjeux plus larges liés à l’aménagement du territoire. Elle remet en question la cohérence de l’implantation de cette infrastructure dans un parc de voisinage, situé en milieu résidentiel immédiat, en regard des usages permis et des principes reconnus en urbanisme. Elle évoque également l’importance d’assurer une application cohérente du règlement municipal sur le bruit, ainsi que le respect des orientations gouvernementales en matière de prévention des nuisances, renforcées depuis les modifications apportées en 2023 à la Loi sur l’aménagement et l’urbanisme .

Patinoire du parc Jardin-des-Galeries, des nuisances sonores dénoncées par plusieurs citoyens, qui réclament des actions et des décisions concrètes @ Crédit photo : Éric Beaupré / Vingt55. Tous droits réservés

Elle rappelle par ailleurs que, malgré certaines interventions réalisées par la Ville, dont l’installation de pancartes, des ajustements à l’horaire et la réalisation d’études, les impacts sur le milieu résidentiel persistent. La Direction de la santé publique qualifie d’ailleurs la situation de préoccupation de santé publique pour les résidents concernés. « Les solutions techniques testées jusqu’ici n’ont pas réglé la situation. C’est pourquoi il serait responsable de prendre un pas de recul », affirme Mme Allard, qui estime qu’un moratoire constitue une approche prudente et responsable .

Cette prise de position s’inscrit dans la continuité d’un dossier déjà débattu publiquement lors de la séance du conseil municipal du 16 mars dernier, dont le Vingt55 a été témoin.

À cette occasion, plusieurs citoyens, dont Claude Martin, avaient pris la parole afin de dénoncer les impacts du bruit et l’absence de solutions jugées satisfaisantes. « Cette patinoire cause quand même pas mal de problèmes dans notre quartier (…) c’est vraiment problématique », avait-il affirmé, qualifiant l’infrastructure de « très mal conçue » et la comparant à une « caisse de résonance » pour les résidences à proximité .

Les citoyens avaient également demandé la mise en place de mesures rapides avant le début de la saison de dek hockey, évoquant la possibilité d’une suspension temporaire si les correctifs tardaient à être appliqués. En réponse, le maire avait indiqué qu’un nouveau rapport d’experts était attendu et que plusieurs scénarios demeuraient à l’étude, incluant différentes options pour la saison estivale .

Lors de cette même séance, la conseillère Caroline Allard avait pris la parole en fin de période de questions pour rappeler qu’elle échange avec les citoyens du secteur depuis près de trois ans et que la situation ne pouvait se prolonger. Elle avait alors affirmé que vivre un troisième été dans ces conditions n’était pas envisageable, en raison des impacts du bruit sur la qualité de vie ainsi que sur la santé physique et psychologique des résidents. Elle avait également demandé que la Ville rencontre rapidement les citoyens concernés et que des mesures concrètes soient envisagées avant la période estivale, soulignant que le dossier dépasse la simple cohabitation entre activités sportives et voisinage pour relever d’une préoccupation de santé publique documentée .

Sur place, plusieurs enjeux ont été soulevés par des citoyens rencontrés par le Vingt55, notamment des préoccupations importantes en matière de sécurité. Ces éléments viennent, selon eux, compromettre la vocation première du parc, qui se veut un lieu de rencontre familial pour les jeunes, les parents et les grands-parents.

Plusieurs résidents estiment que l’aménagement actuel ne répond plus aux besoins ni aux attentes. Le module de jeux et la sécurité des lieux, en particulier, est pointé du doigt.

L’accès au module est également jugé peu sécuritaire, notamment pour les femmes. Cette situation amène certains parents à éviter désormais le parc, estimant que le sentiment de sécurité n’y est plus suffisant pour leurs enfants. « Ces déplacements dans le parc, liés à l’utilisation de la patinoire, sont en cause », estime la mère de famille, rencontrée en présence de ses deux enfants en très bas âge.

« Le module de jeux du parc, élément essentiel d’un tel lieu, n’est plus aussi visible de la rue », souligne une mère de famille rencontrée par le Vingt55, qui souhaite porter cet argument afin de mettre en lumière des enjeux bien réels et préoccupants.

Selon elle, l’installation est reléguée dans un coin reculé, à proximité d’une coude formée par une haie, ce qui pourrait favoriser la présence d’intrus ou de personnes malveillantes sans qu’aucun témoin ne puisse facilement intervenir.

De son côté le maire Jean-François Houle avait indiqué que la Ville est toujours en attente d’un rapport d’expertise qui permettra d’évaluer les solutions possibles afin de réduire le bruit de la patinoire du parc Jardin des Galeries. Il n’a pas exclu que des mesures temporaires, comme une fermeture partielle ou complète, puissent être envisagées si telles sont les recommandations. « Plusieurs hypothèses sont sur la table », a-t-il mentionné, sans toutefois s’y engager.

La tenue d’une rencontre avec les citoyens dépendra des conclusions du rapport. Le maire souligne par ailleurs que la conseillère Caroline Allard a été informée de l’ensemble du dossier, alors que celle-ci a également insisté pour qu’une rencontre avec les citoyens ait lieu une fois le rapport en main.

En demandant aujourd’hui un moratoire, Caroline Allard formalise ainsi une position qu’elle défend depuis plusieurs mois et donne suite aux préoccupations exprimées par les citoyens lors des séances publiques. Elle soutient que cette démarche vise à permettre au conseil municipal de statuer de manière rigoureuse sur l’avenir de l’infrastructure, en tenant compte à la fois des données disponibles, du cadre réglementaire et des impacts réels sur le milieu de vie.

Le conseil municipal doit se pencher de nouveau sur ce dossier dans les prochaines semaines, alors que la saison estivale approche.

M. Claude Martin, un citoyen, a de nouveau dénoncé les nuisances sonores le 16 mars, au conseil municipal, une intervention qui a reçu l’appui et l’écoute de la conseillère du district 8, Caroline Allard @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.

Éric Beaupré
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