Port du masque à l’école – La punition pour un masque mal porté fait réagir des parents

Port du masque à l’école – La punition pour un masque mal porté fait réagir des parents
Plusieurs parents ont, dans un geste de solidarité, décidé d’appuyer le message en accrochant eux aussi des peluches arborant un masque d'intervention et un message sur la clôture de la cour de récréation © Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55. Tous droits réservés.

Saint-Cyrille-de-Wendover

Un parent de Saint-Lucien s’est présenté à l’école Cyrille-Brassard avec une peluche portant un masque d’intervention en guise de soutien pour sa fille, qui avait été réprimandée en raison du port du masque de façon inadéquate durant les heures de classe.

Plusieurs parents ont, décidé d’appuyer le message en accrochant eux aussi des peluches arborant un masque d’intervention et un message sur la clôture de la cour de récréation © Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55. Tous droits réservés.

Le père de famille était présent sur les lieux après avoir obtenu un rendez-vous avec la direction de l’école pour discuter de la situation. « Ma fille sera privée d’une récréation afin de se faire expliquer comment et pourquoi elle doit porter son masque adéquatement », a expliqué le père de famille, en entrevue au Vingt55, quelques minutes avant de rencontrer la direction de l’école.

Le problème n’est pas tant le port ou non du masque, fait valoir le père, mais plutôt que le fait que sa fille de 10 ans soit punie le temps d’une récréation pour se faire réexpliquer « les consignes du ministre de la Santé et de l’école », consignes qu’elle connaît et s’efforce, selon le père, de respecter le plus possible.

Le fait que son enfant soit privé d’un moment pour aller prendre l’air l’a particulièrement interpellé, d’autant plus qu’il n’a pas été avisé de cette situation par la direction ou un membre du personnel de l’établissement d’enseignement.

« Ma fille étouffe avec le masque. Je lui ai déjà expliqué qu’elle pouvait, par moments, descendre le masque un peu sous son nez pour l’aider à respirer. Il s’agit d’une solution et alternative que je trouvais raisonnable à imposer à ma fille de 10 ans qui, comme moi, comprend qu’elle doit accepter et se soumettre aux directives sanitaires. »

Une sanction qui dérange

Si l’école avait informé le parent de la situation d’abord, avant d’imposer quelque sanction que ce soit, comme ce fut le cas avec le retrait d’une récréation pour la fille de ce parent, peut-être aurait-il été en mesure de jouer un rôle de premier plan dans le rappel des règles auprès de sa fille. « Or, j’ai appris la punition de la bouche de ma fille, qui vivait non seulement du chagrin d’être ainsi privée de sa récréation, mais d’être punie pour avoir, entre autres, mis en pratique une solution qui m’apparaît acceptable », a expliqué le père de famille. « Je comprends les demandes et les règles, mais il faut admettre qu’il n’est pas rare de voir un conducteur d’autobus scolaire porter le masque sous le nez pour prendre un peu d’air, comme il a été possible de le constater mardi matin, aux abords de l’école, à l’arrivée des autobus scolaires. Certains professeurs ont aussi été aperçus portant le masque de cette façon, explique le père de famille, et c’est compréhensible », a-t-il ajouté. « Est-ce qu’ils sont, eux, assujettis aux mêmes disciplines ? Sont-ils privés de récréation? » a questionné le père de famille, qui souhaite que l’on fasse preuve d’un peu plus de souplesse auprès des enfants, qui vivent à la dure les nombreux bouleversements occasionnés par la pandémie et les interventions du gouvernement pour en éradiquer la propagation depuis mars 2020.

Un mouvement de solidarité qui prend de l’ampleur

Lorsque Julien Leclerc s’est présenté à l’école, mardi matin, pour la réunion, il a décidé d’attacher la peluche munie d’un masque d’intervention dans un sapin devant l’école. Ce geste avait une portée symbolique, soit le soutien de sa fille, dans un premier temps, « qui n’a malheureusement pas voix au chapitre dans ces mesures qu’elle tente tant bien que mal de respecter », nous a confié M. Leclerc. « Mon intention n’était pas de manifester, mais de démontrer mon soutien aux élèves, tout simplement », a expliqué le père de famille de 37 ans, qui croit que les messages pacifiques ont plus de portée qu’une manifestation.

Depuis mardi, influencés par cette démarche, plusieurs parents ont, dans un geste de solidarité, décidé d’appuyer le message en accrochant eux aussi des peluches arborant un masque d’intervention et un message sur la clôture de la cour de récréation.

Ainsi, depuis mardi, pas moins d’une soixantaine de peluches ont été accrochées sur la clôture extérieure de l’école, ce qui les rend facilement visibles. Le mouvement ayant quelque peu pris de l’ampleur a amené des patrouilleurs de la Sûreté du Québec à se présenter sur les lieux pour s’assurer qu’il n’y ait pas de débordement.  » Les patrouilleurs sont repartis quelques minutes plus tard sans avoir remis de constat ni signalé quelque problème que ce soit, puisqu’il ne s’agissait pas d’une manifestation’‘ a confirmé la porte-parole de la Sûreté du Québec contacté par le Vingt55.

Des parents de l’école de Notre-Dame-du-Bon-Conseil, appuient aussi le père de famille.

Des parents dont les enfants vont à l’école de Notre-Dame-du-Bon-Conseil, appuient le geste initié par Julien Leclerc. Ils se sont aussi réunis à leur tour devant l’école de Notre-Dame du Bon Conseil pour y accrocher des peluches et figurines arborant un masque en soutien au mouvement qui prend de l’ampleur dans quelques écoles.

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Un enseignant a accepté de donner son point de vue au Vingt55.

Un enseignant qui souhaite conserver l’anonymat a accepté de donner son point de vue au Vingt55. Selon lui, les adultes ont un rôle de premier plan à jouer en étant des modèles pour les jeunes avec lesquels ils travaillent quant au respect des règles. « Je vois constamment des enseignants qui enlèvent leur masque lorsqu’ils se trouvent à plus de deux mètres des élèves, ce qui leur permet de respirer. C’est un fait de dire que nous parlons beaucoup, mais pour ma part, je me fais un devoir de porter mon masque en tout temps en présence des élèves, même si je parle beaucoup. Il ne faut pas oublier que bon nombre de locaux sont petits, faisant en sorte que les élèves sont souvent entassés les uns sur les autres. Ils n’ont pas la chance d’être à distance des autres. Il est donc doublement important, à mon avis, de donner l’exemple, ce qui amènera les élèves à bien porter le masque et à respecter les consignes en général. »

L’enseignant n’est pas contre une certaine forme de punition pour un masque d’intervention mal porté, puisque le masque fait ses preuves dans le ralentissement de la propagation du virus, mais il ne faut pas non plus que cela soit la première intervention faite. « N’étant pas en contact avec l’enfant en question, je ne peux dire si elle a été punie parce qu’elle retire constamment son masque en classe comme certains de mes élèves le font, ou s’il s’agit d’une fois ou deux. Il faut néanmoins s’assurer que chacun fasse sa part. J’ai réglé le problème avec un jeune, l’autre jour, en lui demandant, seul à seul, quel était le problème avec son masque. Lorsqu’il m’a dit que celui pour enfants était trop petit, nous avons commencé à lui fournir des masques pour adultes et cela a réglé le problème. Les jeunes ne nous disent pas toujours tout, il faut souvent creuser un peu pour comprendre les besoins cachés derrière un comportement. »

Le centre de services scolaire des Chênes commente la situation

Contactée par le Vingt55, la direction du centre de services scolaire des Chênes a souhaité émettre le commentaire suivant sur les derniers événements survenus à l’école Cyrille-Brassard.

« Nous avons pris acte de la situation. Pour la santé et le bien-être de nos élèves, du personnel, mais également des parents, nous entendons respecter et mettre en application les mesures déployées par la Santé publique jusqu’à ce que ce soit nécessaire. »

Éric Beaupré
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