Procès pour agression sexuelle : l’accusé témoigne et offre une version contradictoire, «elle était consentante, sauf à un moment»

Procès pour agression sexuelle : l’accusé témoigne et offre une version contradictoire, «elle était consentante, sauf à un moment»
Procès pour agression sexuelle, l'accusé Jean Cédrick Ah Ting témoigne et offre une version contradictoire @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.

DRUMMONDVILLE

Procès pour agression sexuelle, l’accusé témoigne, offrant une version contradictoire. Il affirme que la relation entre lui et la plaignantes, deux collègues, survenue en dehors du cadre du travail, était consentie et souhaitée, réfutant les accusations d’agression sexuelle pesant contre lui.
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L’accusé témoigne et offre une version contradictoire @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55. Tous droits réservés.

C’était le jour deux du procès ; les faits et agressions allégués contre l’accusé, Jean Cédrick Ah Ting, remontent à mars 2022. La plaignante a témoigné, à l’ouverture du procès, avoir été agressée sexuellement dans son appartement par Jean Cédrick Ah Ting, qu’elle avait alors invité chez elle. « C’était un ami, une personne avec qui j’avais un lien de confiance », a expliqué la jeune femme. Durant son témoignage de la veille, elle a décrit avec précision comment l’accusé, sous prétexte de partager des informations importantes liées à son travail, aurait profité de leur rencontre pour l’agresser.

Le procès s’est poursuivi avec le témoignage de la plaignante, dont l’identité est préservée par une interdiction de publication. Après avoir été interrogée et contre-interrogée, la plaignante a cédé sa place à un témoin, puis à l’accusé, qui ont tour à tour offert le récit de leur déposition et leur version des faits.

Le premier témoin a expliqué le contexte dans lequel il a été impliqué malgré lui. Il a apporté des précisions sur les relations entre les deux employés et leurs rencontres. Les deux employés ont présenté des versions différentes des événements. Il a témoigné des deux versions, celle de l’accusé et celle de la victime, notamment en raison d’enjeux financiers liés à chacun. Après s’être assuré que l’employée et plaignante disposait des ressources et de l’aide nécessaires, il a rapporté avoir accepté la démission de la plaignante, tandis que l’accusé a continué de clamer son innocence. Les événements ne s’étant pas déroulés dans le cadre du travail, il n’a pas eu à prendre position sur l’issue d’un éventuel procès, mais plutôt à considérer les informations apportées par les deux parties, a ajouté l’employeur, appelé à témoigner. « Laissons le processus judiciaire suivre son cours », a-t-il conclu.

Une version complexe et décousue des événements, mais une réponse précise pour les gestes et agressions reprochés.

L’accusé, interrogé par son avocat, Me Elizabeth Croteau, a offert une version contradictoire. Il a évoqué avoir accepté l’invitation de la plaignante, qui aurait montré de l’intérêt et l’aurait ensuite invité chez elle.

Selon lui, les échanges ont été consentis et souhaités. Des gestes contradictoires ont été initiés des deux côtés, parfois maladroitement. Il n’a pas insisté après un baiser et un compliment, suivi d’un contact rapide au niveau de la poitrine. L’accusé admet un baiser sur le front et sur les seins, tandis que la plaignante aurait timidement refusé de l’embrasser sur la bouche et n’aurait pas consenti à une relation sexuelle complète, avec pénétration.

Selon la version de l’accusé, les événements se sont déroulés de manière plus intense à un certain moment, et il nie toute absence de consentement. Il affirme que la plaignante n’a jamais exprimé de refus et réfute toutes ses allégations. Il admet que la jeune femme aurait refusé un acte sexuel à un moment donné, mais aurait ensuite pris l’initiative d’une fellation.

Dans son témoignage, l’accusé a relaté qu’il y a eu une nouvelle interruption. Selon lui, il aurait vérifié auprès de la femme si elle consentait toujours à la relation avec l’utilisation de préservatifs. D’après lui, elle lui aurait demandé de chercher des préservatifs, mais il n’a pas réussi à en trouver. Ils ont alors opté pour une fellation, qui a aussi été interrompue, avant de reprendre à sa demande avant de quitter, ne voulant pas rester en plan, ce à quoi la plaignante aurait acquiescé de façon libre, volontaire et sans contrainte. La rencontre se serait finalement achevée peu de temps avant le départ de l’homme, selon la version de l’accusé.

L’accusé évoque que la plaignante aurait suggéré d’effacer des textos. De son côté, la plaignante avance qu’elle aurait été contrainte à cette action à la suite des agressions qu’elle aurait subies. L’accusé a terminé son témoignage en mentionnant que la soirée se serait conclue de façon amicale. Il a ajouté qu’il avait demandé à la plaignante de ne pas parler de cet événement et de leur relation, afin de ne pas risquer de perdre son emploi.

Les mesures du tribunal, spécialisé en matière de délits sexuels et mis en place depuis plusieurs mois, révèlent d’importantes lacunes.

Le tribunal, spécialisé en matière de délits sexuels et mis en place depuis plusieurs mois, présente des lacunes notables, tant dans les mesures appliquées que dans le traitement judiciaire et la disposition des lieux. Les victimes et les accusés se retrouvent souvent dans les mêmes espaces.

Les avocats et les constables spéciaux sont alors responsables de la gestion des allées et venues et des déplacements, afin d’assurer un environnement approprié pour les victimes. Un paravent, quoique fragile et artisanal, est utilisé à cet effet, alors qu’il devrait assurer une séparation et une intimité adéquates pour les victimes qui témoignent.

L’avocate, Me Elizabeth Croteau, et la procureure de la Couronne, Me Vicky Smith, ont convenu avec l’Honorable juge Claire Desgens de poursuivre les contre-interrogatoires et les plaidoiries le 5 avril prochain.

Les avocats, procureurs et enquêteurs au dossier reviendront en cour le 5 avri © Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55. Tous droits réservés.

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Infos juridiques

Présomption d’innocence

Le Vingt55 rappelle que toute personne accusée au criminel a droit et bénéficie de la présomption d’innocence jusqu’à la décision d’un juge au terme d’un processus judiciaire complet.

Le système pénal canadien repose sur un principe fondamental: toute personne accusée d’avoir commis une infraction est présumée innocente jusqu’à ce que la preuve de sa culpabilité soit établie hors de tout doute raisonnable devant un tribunal.

Comme une personne accusée d’un crime s’expose à de lourdes conséquences, la présomption d’innocence revêt une importance capitale. Ce droit est reconnu à l’article 11d) de la Charte canadienne des droits et libertés. La présomption d’innocence est un droit individuel qui exige que:

L’accusé n’a pas à prouver qu’il est innocent, sa culpabilité doit être établie par le poursuivant, par une preuve hors de tout doute raisonnable.

La charge de le prouver incombe à l’État, au Québec, il s’agit du Directeur des poursuites criminelles et pénales qui agit par l’entremise de ses procureurs aux poursuites criminelles et pénales.

Les poursuites criminelles doivent se dérouler conformément aux procédures légales et à l’équité.

Éric Beaupré
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