Proxénétisme et prostitution : une tolérance aveuglément volontaire durant le Grand Prix de Montréal

Proxénétisme et prostitution : une tolérance aveuglément volontaire durant le Grand Prix de Montréal
Proxénétisme et prostitution : une tolérance aveuglément volontaire durant le Grand Prix de Montréal @ Scéne de Noémie dit oui / Vingt55 Tous droits réservés.

DRUMMONDVILLE

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Une histoire qui se répète année après année, malheureusement, depuis plusieurs années, les organisateurs du Grand Prix de Montréal font preuve d’une capacité extraordinaire à détourner le regard, se cachant derrière des murs antibruit ou un mutisme volontaire face aux activités de proxénétisme et de prostitution qui gravitent autour de leur événement. Ce qui se passe en marge des vibreurs de piste, des kiosques de souvenirs et des guichets de billetterie ne semble ni relever de leur responsabilité, ni constituer, à leurs yeux, un problème à leur imputer. Une ligne de conduite maintenue par les organisateurs depuis de nombreuses années.

En parallèle des courses, certains profitent des largesses des hôteliers et de l’hébergement locatif pour offrir, en toute impunité, des services d’escorte et des services sexuels destinés à toutes les classes sociales, qu’elles soient fortunées ou plus modestes. Malheureusement, ces activités ne se limitent pas aux adultes consentants : des mineurs y sont parfois exploités, devenant tristement une attraction touristique illégale.

Le SPVM, pour sa part, maintient une présence minimale. À l’aide d’un simple kiosque d’information, les policiers sensibilisent les touristes aux signes de traite de personnes et aux ravages de l’exploitation sexuelle. Toutefois, en l’absence de plaintes ou de dénonciations concrètes de victimes, les interventions demeurent limitées. En matière de prostitution, sans plainte, sans victime déclarée, il devient difficile d’agir. Les clients ne se plaignent pratiquement jamais, tandis que les proxénètes, eux, assurent, ou non, le contrôle de la qualité derrière des portes closes, dans des suites d’hôtel bien discrètes, loin du tumulte des circuits.

Le Grand Prix de Montréal, la CLES lance sa campagne « L’achat d’actes sexuels, c’est criminel »

Tandis que le Grand Prix de Formule 1 marque l’ouverture de la saison estivale des grands événements à Montréal, la Concertation des luttes contre l’exploitation sexuelle (CLES), en collaboration avec le comité « Un trop Grand Prix », amorce une nouvelle campagne de sensibilisation visant à rappeler que l’achat d’actes sexuels constitue un acte criminel au Canada.

Durant la fin de semaine du Grand Prix, des militantes de la CLES, accompagnées de plusieurs alliées féministes, seront présentes sur la rue Crescent afin de distribuer des pamphlets d’information. Parallèlement, l’organisme Zéro Exploitation tiendra un kiosque d’information au métro Montmorency, le 13 juin prochain. Des actions de sensibilisation sont également prévues sur la Rive-Sud, où des affiches seront remises aux organismes jeunesse grâce à la collaboration de Prévention jeunesse Longueuil. De son côté, le Y des femmes mettra en ligne de nouveaux contenus sur le site web de la campagne : untropgrandprix.com.

« Depuis plus de dix ans, nous rappelons que les grands événements ne doivent pas devenir des terrains de chasse pour les clients et les proxénètes », souligne Jennie-Laure Sully, organisatrice communautaire à la CLES. « L’achat d’actes sexuels, ce n’est pas festif. C’est un crime. »

Si le Grand Prix attire des milliers de visiteurs et génère d’importantes retombées économiques pour la métropole, il engendre également une hausse de la demande pour des services sexuels tarifés, un phénomène bien connu dont profitent les proxénètes. La campagne se poursuivra d’ailleurs tout au long de l’été, à l’occasion de divers autres événements publics.

Une campagne appuyée par le ministère de la Condition féminine

Appuyée par le ministère de la Condition féminine, cette initiative s’inscrit dans une stratégie à long terme visant une transformation sociale durable.

Encore trop méconnue, la Loi sur la protection des collectivités et des personnes victimes d’exploitation (LPCPVE) demeure au cœur de cette campagne de sensibilisation. La loi repose sur trois principes clés :

  • Criminaliser les acheteurs d’actes sexuels afin d’envoyer un message clair : ce comportement est illégal et passible de sanctions.
  • Décriminaliser les personnes prostituées, qui doivent être considérées comme des victimes à soutenir et non à pénaliser.
  • Protéger les communautés en réduisant les conséquences sociales de la prostitution, telles que la criminalité et la détérioration des quartiers.

Rappelons que la LPCPVE interdit l’achat, la publicité et toute forme de profit lié à la prostitution d’autrui, tout en protégeant les personnes qui vendent leurs propres services.

Selon la CLES, cette loi sauve des vies, rétablit des droits et mérite une plus grande visibilité auprès du public.

Quand la fiction dénoncé la réaliste, les événements d’envergure comme le Grand Prix de Formule 1 de Montréal sont trop souvent des points culminants en matière d’exploitation sexuelle.

« Noémie dit oui », un film sans détour sur la prostitution juvénile a été présenté en juin 2023 dans le cadre des Rendez-vous Québec cinéma de Drummondville

Le long métrage « Noémie dit oui » qui a été présenté film en d’ouverture des RDV Québec Cinéma et en tapis bleu à Drummondville, film sur la prostitution juvénile, n’a laissé personne indifférent.

Ce film est d’un réalisme saisissant et rappelant le quotidien d’un univers bien caché derrière les portes closes des hôtels huppés ou derrière les rideaux opaques des drapeaux à damiers d’un grand prix.

Le sujet, traité sans détour, a permis de lever le voile et de faire une incursion dans la vie d’une jeune adolescente amenée à offrir des services sexuels sans relâche au profit d’un proxénète qui l’a habillement mené dans cette sombre réalité, réalité connue et qui pourtant continue de faire travailler illégalement des jeunes filles et jeunes hommes sans grande offensive

Pour plus d’informations, la CLES, le CALACS La Passerelle de Drummondville et le Vingt55 vous invitent à suivre la campagne et ses actions sur : untropgrandprix.com

https://calacs-lapasserelle.org/
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Éric Beaupré
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