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Rénovation du Centre Marcel-Dionne : la Ville de Drummondville tranche et va de l’avant avec un financement municipal de 48,3 M$

Rénovation du Centre Marcel-Dionne : la Ville de Drummondville tranche et va de l’avant avec un financement municipal de 48,3 M$
Rénovation du Centre Marcel-Dionne, la Ville de Drummondville tranche et va de l’avant avec un financement municipal de 48,3 M$ @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.

DRUMMONDVILLE

La Ville de Drummondville a annoncé, par voie de communiqué, que le conseil municipal a déposé un avis de motion en vue d’adopter un règlement d’emprunt de 48,3 millions de dollars pour la modernisation du centre Marcel-Dionne.’Une décision et d’un choix d’aller de l’avant qui n’auraient pas fait l’unanimité au sein du conseil municipal.

L’adoption du règlement est prévue le 16 février. Si cette étape est franchie, la Ville prévoit lancer les appels d’offres au cours de l’hiver afin de débuter les travaux en mai 2026. Le chantier devrait se poursuivre jusqu’en septembre 2028.

Selon l’administration municipale, cet échéancier vise à limiter les répercussions sur les activités régulières de l’aréna, notamment celles des associations sportives mineures et des Voltigeurs de Drummondville.

Un financement municipal sans hausse de taxes annoncée annonce le maire de Drummondville

Le projet est évalué à 48,3 M$ et s’inscrit, selon la Ville, dans son Programme triennal d’immobilisations 2026-2027-2028. La municipalité affirme qu’il n’entraînera pas de hausse du compte de taxes.

« Avec cette étape, nous passons résolument de la planification à l’action. La modernisation du centre Marcel-Dionne est un investissement structurant, réfléchi et responsable, qui respecte nos capacités financières tout en répondant aux attentes de la population. Nous dotons Drummondville d’une infrastructure moderne, durable et essentielle à la vitalité de notre centre-ville et à l’essor du sport et de la jeunesse », a déclaré le maire de Drummondville, Jean-François Houle.

Le communiqué ne fournit toutefois pas de détails sur les modalités de remboursement de l’emprunt ni sur la répartition des sources de financement. Il ne précise pas non plus quelles marges de manœuvre sont prévues en cas de dépassement de coûts, dans un contexte où les projets d’infrastructures sont sensibles à la variation des prix dans le secteur de la construction.

Selon les informations obtenues par Le Vingt55, il s’agirait d’une décision et d’un choix d’aller de l’avant qui n’auraient pas fait l’unanimité au sein du conseil municipal. Pour le moment, il n’est toutefois pas possible de confirmer ces informations auprès de la municipalité, qui a refusé de commenter et décliné toute demande d’entrevue en lien avec cette annonce.

Un projet initialement envisagé avec une aide provinciale

La Ville de Drummondville avait initialement l’intention d’inscrire le projet de modernisation du centre Marcel-Dionne dans un programme d’aide financière du gouvernement du Québec afin d’obtenir une participation provinciale au financement des travaux.

Cette démarche n’a toutefois pas abouti au cours des dernières années. Le projet n’a pas été retenu dans les programmes disponibles et n’a pas obtenu de soutien financier lié aux normes de performance énergétique ou environnementale. La Ville a donc revu son montage financier et prévoit désormais réaliser le projet sans contribution annoncée du gouvernement du Québec.

Selon la Ville, environ 90 % du temps de glace du centre Marcel-Dionne est utilisé par les associations sportives locales et les ligues adultes. L’amphithéâtre accueille également les activités des Voltigeurs ainsi que divers événements sportifs et communautaires.

La municipalité présente le projet comme un investissement destiné à maintenir et à améliorer une infrastructure jugée importante pour la vie sportive et communautaire locale.

Un bâtiment jugé en fin de cycle, un projet de rénovation pour lui redonner quelques années de vie utile, en effet, construit au début des années 1960, le centre Marcel-Dionne a fait l’objet de plusieurs interventions au fil des décennies. La Ville estime toutefois que plusieurs équipements nécessaires au fonctionnement d’un aréna sont aujourd’hui désuets ou en fin de vie utile.

Les travaux annoncés visent notamment le remplacement du revêtement extérieur et de la toiture, de même que la modernisation des systèmes mécaniques, présentés comme plus écoénergétiques. Le projet prévoit également la reconfiguration et l’agrandissement des vestiaires, la mise à niveau des espaces sanitaires ainsi que le remplacement complet des sièges. Des modifications sont aussi prévues aux escaliers, qui seraient élargis et dotés de mains courantes, et aux entrées principales donnant sur la rue Corriveau, afin d’y aménager un hall d’entrée avec billetterie.

Le projet inclut en outre l’ajout d’un restaurant et de nouvelles loges, la création de sections dites « Prestige » ainsi que la modernisation de la galerie de presse. Un agrandissement de la façade est, du côté de la rue Dorion, est également prévu.

Une capacité d’accueil révisée pour les spectateurs

Le projet prévoit une augmentation du nombre de sièges, qui passerait de 2 834 à 3 122 places.

Dans des communications antérieures, la Ville évoquait plutôt un objectif d’environ 4 000 places. Cette révision n’est pas expliquée dans le communiqué diffusé lundi. La question du stationnement n’y est pas abordée non plus, malgré l’augmentation prévue de la capacité d’accueil.

Une patinoire mise aux normes un gain significatif pour la L’HJMQ et l’organisation de Voltigeurs

La patinoire doit être agrandie afin de respecter les dimensions réglementaires. Les bandes et les baies vitrées seront remplacées par des bandes flexibles afin d’améliorer la sécurité des joueurs.

À la fin des travaux, les bancs des joueurs seront installés du même côté de la patinoire, conformément aux standards en vigueur.

Par voie de communiqué et à la suite d’une demande d’entrevue du Vingt55, le président du conseil d’administration des Voltigeurs de Drummondville, Éric Verrier, a commenté l’annonce en soulignant l’importance du projet pour l’organisation.

« Le centre Marcel-Dionne, c’est bien plus qu’un aréna,  a déclaré le président du conseil d’administration des Voltigeurs Éric Verrier, c’est un lieu chargé d’histoire et d’émotions pour les partisans et les partenaires des Voltigeurs. Sa modernisation représente un pas important pour l’avenir et la pérennité de notre organisation. Nous sommes fiers de soutenir un projet porteur pour toute la communauté et avons déjà hâte d’y accueillir nos partisans » d’ajouter Éric Verrier,

La L’HJMQ exclut toute participation financière

Dans une entrevue accordée précédemment au Vingt55, le commissaire de la LHJMQ, Mario Cecchini, avait indiqué que la ligue ne prévoit pas participer au financement des infrastructures sportives municipales.

« Ce sont des installations qui appartiennent aux municipalités. La LHJMQ n’a donc pas à intervenir dans leur financement », avait-il déclaré.

Il avait ajouté que les équipes sont locataires des arénas et non propriétaires.

« Nous ne sommes pas propriétaires. Il serait donc inconcevable, dans ce contexte, de participer au financement des rénovations d’infrastructures, aussi essentielles soient-elles », avait-il soutenu.

La Ville présente la modernisation du centre Marcel-Dionne comme un levier pour la vitalité du centre-ville et pour l’attrait du site lors des événements sportifs.

Le communiqué ne précise toutefois pas comment seront gérés les enjeux liés à l’achalandage, notamment en matière de stationnement et de circulation, dans un contexte où la capacité d’accueil sera augmentée. Aucune consultation publique distincte n’a été annoncée à ce stade sur ces aspects.

La Ville de Drummondville concède que son projet ne cadrait pas avec les critères du programme du PAFIRSPA

La Ville de Drummondville renonce à déposer une demande de subvention au programme PAFIRSPA pour son projet de modernisation, estimant que celui-ci répond mal aux critères actuels et qu’il a peu de chances d’être retenu. Le maire Jean-François Houle invoque l’expérience de 2023, la volonté gouvernementale de répartir l’enveloppe entre plusieurs régions et la nature du projet, axée notamment sur les gradins et les loges plutôt que sur l’accessibilité à la pratique sportive.

Le gouvernement du Québec aurait pu financer une partie du projet, selon le député Sébastien Schneeberger.

Contacté par le Vingt55 au sujet de la sortie publique du maire de Drummondville, le député de Drummond–Bois-Francs, Sébastien Schneeberger, tient à préciser qu’il y a une distinction à faire entre l’appui politique au projet et son admissibilité aux programmes de financement.

Le député rappelle que le Programme d’aide financière aux infrastructures récréatives, sportives et de plein air (PAFIRSPA) repose sur des critères bien définis visant principalement à favoriser la pratique sportive de la population. Or, selon lui, le projet de modernisation de l’aréna, dans sa mouture actuelle, répond à certains de ces critères — notamment pour les travaux liés à la toiture et à la glace — mais en respecte moins lorsqu’il est question des gradins, des escaliers et des allées, des éléments qui ne sont pas directement liés à la pratique sportive.

« Le projet pourrait répondre à certains volets du programme, mais pas à l’ensemble des critères. À partir de là, c’est un processus d’analyse qui se fait au ministère selon une grille de pointage. Ce n’est pas une décision politique », fait valoir le député.

Sébastien Schneeberger souligne également qu’en l’absence d’une demande officielle déposée par la Ville, le gouvernement du Québec ne peut pas s’engager financièrement dans le dossier. « On ne peut pas défendre un projet qui n’a pas été soumis. La Ville a elle-même indiqué publiquement que son projet ne cadrait pas suffisamment avec les critères du programme », ajoute-t-il.

Le député affirme par ailleurs maintenir son appui à une rénovation de l’aréna ou, idéalement, à la construction d’un nouvel amphithéâtre. Il rappelle que d’autres municipalités, comme Victoriaville, ont réussi à obtenir du financement gouvernemental en structurant leur projet de manière à répondre à plusieurs programmes, notamment en matière d’infrastructures vertes.

« Si la Ville souhaite obtenir une aide financière, elle doit d’abord déposer un projet, puis s’assurer qu’il cadre avec les critères des programmes existants, qui sont publics et connus », conclut-il.

Le projet présenté par la vile de Drummondville ne répondait pas plu aux critères de financement du gouvernent Fédéral

Dans les années précédentes, la Ville de Drummondville a évalué la possibilité d’inscrire le projet de modernisation du centre Marcel-Dionne dans des programmes d’aide financière du gouvernement du Canada. Cette avenue n’a toutefois pas été retenue, le projet ne répondant pas aux critères d’admissibilité alors en vigueur. Les programmes fédéraux visant les infrastructures sportives privilégient généralement les installations destinées au sport amateur et à un usage communautaire. Or, le centre Marcel-Dionne accueille une équipe de la Ligue de hockey junior Maritimes Québec, ce qui a limité l’admissibilité du projet à ces programmes. Aucun soutien financier fédéral n’a donc été annoncé dans le cadre du montage financier actuel

Marcel Dionne s’est montré sceptique quant au choix de rénover l’aréna actuel plutôt que d’en construire un nouveau.

Selon lui, la rénovation d’une infrastructure vieillissante entraîne souvent des coûts élevés pour des gains limités, alors qu’un aréna neuf aurait été plus rentable à long terme.

Il a rappelé que le projet s’inscrit dans un horizon de 50 à 60 ans, ce qui, à son avis, justifierait la construction d’un aréna moderne mieux adapté aux besoins futurs de Drummondville. Il a aussi exprimé des inquiétudes quant au manque de clarté entourant le projet, notamment en ce qui concerne les coûts et l’absence de partenaires annoncés.

S’appuyant sur son expérience et sur des exemples observés ailleurs, notamment à Niagara et dans d’autres villes québécoises, il estime que les projets d’infrastructures neuves permettent une meilleure maîtrise des risques financiers que les rénovations majeures.

Il a également soulevé des enjeux d’urbanisme et d’accessibilité, jugeant que le site actuel limite les possibilités d’aménagement en raison de l’espace disponible, du stationnement et de la configuration du secteur. À ses yeux, un nouveau projet aurait pu s’inscrire dans une vision plus large de développement du centre-ville, incluant du résidentiel et des espaces communautaires.

Enfin, tout en reconnaissant la dimension politique du projet, Marcel Dionne a affirmé que Drummondville méritait une infrastructure « à la hauteur de ses ambitions », laissant aux citoyens et aux élus le soin d’en juger la pertinence pour l’avenir du hockey et de la ville.

Au moment d’écrire ces lignes, le maire de Drummondville n’avait pas répondu à la demande d’entrevue du Vingt55.

Éric Beaupré
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