[jpshare]

Rénovation du Centre Marcel-Dionne : nouvelle mobilisation citoyenne et questions sur les coûts réels du projet de rénovation

Rénovation du Centre Marcel-Dionne : nouvelle mobilisation citoyenne et questions sur les coûts réels du projet de rénovation
Centre Marcel-Dionne, nouvelle mobilisation citoyenne et questions sur les coûts réels du projet de rénovation @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.

DRUMMONDVILLE

Alors que plusieurs citoyens disent avoir appris tardivement l’existence du registre permettant de demander la tenue d’un référendum sur le règlement d’emprunt de près de 48 millions de dollars visant la modernisation du Centre Marcel-Dionne, une mobilisation citoyenne continue de prendre forme à Drummondville.

Une nouvelle mobilisation citoyenne sur le projet de rénovation du Centre Marcel-Dionne à Drummondville @ Tous droits réservés.

Plusieurs affirment n’avoir disposé que de quelques jours, moins de cinq, pour se déplacer à l’hôtel de ville et inscrire leur nom au registre. Malgré ce délai jugé serré par certains, plusieurs Drummondvillois se sont tout de même présentés sur place. Selon les derniers bilans évoqués par des citoyens impliqués dans la démarche, plus de 500 signatures ont été enregistrées au comptoir de l’hôtel de ville.

Pour plusieurs, cette courte période d’inscription soulève toutefois des questions. Certains estiment que l’information concernant cette possibilité aurait circulé tardivement auprès du public, alors qu’il s’agit d’un projet d’investissement municipal majeur. Dans ce contexte, plusieurs citoyens remettent en question la brièveté du processus prévu par la loi pour demander un référendum sur un règlement d’emprunt municipal.

Certains rappellent également que le seuil requis pour déclencher une telle procédure demeure élevé. Plus de 6 000 signatures seraient nécessaires dans le secteur concerné, un objectif jugé difficile à atteindre en quelques jours seulement. Plusieurs demandent donc un statu quo et souhaitent que la décision concernant cet important projet d’infrastructure soit suspendue afin de permettre une consultation plus large de la population.

Dans la foulée, une initiative circule désormais sur les réseaux sociaux afin de prolonger symboliquement la mobilisation et de relancer la possibilité de tenir un référendum sur l’avenir et l’orientation du projet de rénovation de près de 48 millions de dollars du Centre Marcel-Dionne

Des citoyens invitent la population à remplacer temporairement leur photo de profil par une image portant le message « On veut un vote », une manière d’exprimer leur volonté de voir les citoyens se prononcer sur cet investissement public.

Selon les initiateurs de la démarche, si quelques centaines  personnes adoptent ce symbole, il pourrait devenir une forme de vote symbolique en ligne et envoyer un message clair aux élus municipaux. L’image circule notamment sous les mots-clics #OnVeutUnVote, #Drummondville et #VoixDesCitoyens.

De nouvelles informations laissent planer le spectre d’un ajout d’environ 5 millions de dollars au projet déjà présenté.

Par ailleurs, selon des informations obtenues par Le Vingt55, de nouvelles normes de construction du projet de rénovation pourraient également venir modifier l’équation financière du projet. Ces ajustements réglementaires pourraient représenter plus de 5 millions de dollars supplémentaires, alors même que le projet n’est pas encore entré pleinement en phase de réalisation.

Dans un contexte où les coûts de construction demeurent instables et où les normes évoluent rapidement, certains observateurs estiment que ces ajustements pourraient éventuellement faire grimper la facture globale entre 5 et 10 millions de dollars supplémentaires. Pour l’instant, ces sommes ne figureraient pas dans le montage financier actuellement présenté par la Ville.

Ces éléments alimentent davantage les interrogations de certains citoyens qui souhaitent obtenir un portrait complet des coûts potentiels avant que le projet ne franchisse les prochaines étapes.

Alors que le débat entourant la rénovation du Centre Marcel-Dionne continue d’alimenter les discussions dans la région, les propos d’un chroniqueur et animateur sportif bien connu trouvent également un écho dans le Centre-du-Québec.

Dans une récente intervention à l’émission L’Antichambre, ce dernier a relancé la réflexion sur la construction éventuelle d’un nouvel amphithéâtre pour les Canadiens de Montréal, un enjeu qui rappelle à certains les discussions actuellement en cours à Drummondville.

En l’absence d’un journaliste ou d’un chroniqueur sportif spécialisé dans la région de Drummondville pour analyser publiquement ce type de questions liées aux infrastructures sportives, plusieurs citoyens ont rapidement établi des parallèles entre les réflexions évoquées à Montréal et le dossier local du Centre Marcel-Dionne.

Selon plusieurs spécialistes de l’industrie sportive, les stades et arénas entrent généralement dans un cycle de vieillissement après une période variant entre 25 et 35 ans. Dans ce contexte, certaines organisations privilégient la construction de nouvelles installations afin de moderniser l’expérience offerte aux partisans.

Alors que le Centre Marcel-Dionne de Drummondville, inauguré en 1969, approche aujourd’hui les 60 ans d’existence, le projet de rénovation proposé soulève plusieurs questions chez certains citoyens. Plusieurs s’interrogent notamment sur la pertinence d’engager un investissement important dans une infrastructure qui a déjà traversé plusieurs décennies d’utilisation, ainsi que sur les risques financiers associés à un tel projet.

Des possibilités de revenus plus importantes dans un projet de construction neuve que dans un projet de rénovation.

Des amphithéâtres plus récents permettent notamment d’augmenter les revenus grâce à des sièges mieux aménagés, des loges et espaces premium, une offre de restauration élargie, davantage de stationnement ainsi que des technologies plus avancées pour la diffusion et l’expérience en salle. Cela permet généralement de générer des revenus nettement supérieurs à ceux qu’il est possible d’obtenir dans une aréna plus ancien, souvent limité par des contraintes structurelles déjà existantes et par des mises aux normes parfois complexes, voire difficiles à réaliser.

Dans ce contexte, plusieurs estiment que la discussion autour du Centre Marcel-Dionne dépasse désormais la simple question d’une rénovation d’aréna et soulève plus largement la manière dont les grandes décisions d’investissement municipal devraient être prises à Drummondville.

Toutefois, de l’avis d’une majorité de conseillers et de membres du conseil municipal, le dossier serait désormais clos et la décision aurait été prise à la suite des discussions menées au sein du conseil.

Par ailleurs, le conseiller municipal Jean-Philippe Tessier a notamment pris la parole sur la place publique, invitant l’ancien conseiller municipal Alexandre Desbiens à bien mesurer et à reconsidérer ses positions à la lumière des nouveaux éléments soulevés dans le débat.

De son côté, Laurent Proulx a également questionné la position de l’ancien conseiller et candidat à la mairie Alexandre Desbiens  quant à ses nouvelles orientations. Ses interventions sur la place publique ont trouvé un écho dans le débat, alimentant les échanges tant à l’hôtel de ville que dans l’espace public.

Dans les dernières semaines, l’ancien conseiller municipal Alexandre Desbiens s’est lui aussi exprimé sur la question, faisant connaître publiquement sa position défavorable au projet de rénovation. Une prise de position qui a alimenté de nombreux échanges et discussions, tant au sein du conseil municipal actuel que dans le débat public.

De plus son côté, l’homme d’affaires Laurent Proulx a pris part à plusieurs discussions, notamment lors de rencontres citoyennes et d’échanges avec des élus municipaux, afin d’exprimer la crainte de voir partir les Voltigeurs si les installations actuelles ne parvenaient plus à répondre adéquatement aux besoins de l’équipe et de la ligue.

Selon lui, plusieurs facteurs doivent être pris en compte avant d’aller de l’avant avec un projet de construction neuve. À ses yeux, le projet de rénovation des installations actuelles apparaît comme l’option la plus réaliste et la mieux adaptée pour répondre aux besoins des Voltigeurs, tout en tenant compte de la réalité financière de la municipalité.

L’intervention de l’ancien maire Alain Carrier

À Drummondville, la discussion a également été alimentée par une intervention de l’ancien maire et homme d’affaires Alain Carrier, qui s’est exprimé publiquement sur les réseaux sociaux au sujet du projet de rénovation du Centre Marcel-Dionne.

Interpellé, dit-il, par plusieurs anciens candidats à la mairie, Alain Carrier estime que le contexte économique actuel, marqué notamment par la hausse du coût de la vie et l’incertitude économique, ne constitue pas nécessairement le moment idéal pour entreprendre un projet d’une telle ampleur.

Selon lui, une dépense publique de cette importance devrait faire l’objet d’une consultation populaire afin de permettre aux citoyens de se prononcer directement sur l’avenir du projet.

Pour certains intervenants municipaux, la question d’une rénovation du Centre Marcel-Dionne devrait inévitablement passer par une consultation publique et possiblement par un référendum, compte tenu de l’ampleur financière du projet et de ses impacts à long terme.

Lors de discussions et d’entrevues accordées sur plusieurs tribunes médiatiques, notamment à Radio-Canada, tout comme à la radio locale O et VIVA ainsi qu’au Vingt55, le conseiller municipal Mario Sévigny a indiqué que, devant un investissement de près de 48 millions de dollars, il serait pertinent de permettre à la population de se prononcer sur l’orientation du projet. Selon lui, l’ampleur des sommes en jeu justifie que le débat dépasse le seul cadre du conseil municipal et fasse l’objet d’une réflexion collective.

La conseillère municipale Marie-Josée Lemaire a également évoqué l’importance de prendre en considération l’opinion des citoyens dans un dossier financier de cette ampleur. À ses yeux, la décision entourant un projet d’infrastructure aussi important doit s’inscrire dans une démarche transparente et tenir compte de la perception de la population. Celle-ci avance également que différentes avenues pourraient être étudiées afin de réduire l’impact financier pour la municipalité, notamment par une participation accrue du secteur privé ou par d’autres modèles de financement qui permettraient d’alléger la facture assumée par les contribuables.

Une décision sur la question référendaire toujours entre les mains du maire de Drummondville et des élus

Pour l’instant, la question d’un éventuel référendum demeure entière. La décision finale de permettre ou non une telle consultation revient au maire et aux élus municipaux, qui devront déterminer la suite à donner à la mobilisation citoyenne et à la demande de certains citoyens qui souhaitent être appelés à se prononcer sur l’avenir du Centre Marcel-Dionne.

À l’issue de la période prévue pour la tenue du registre visant à demander un référendum sur le projet de rénovation du Centre Marcel-Dionne, le directeur général de la Ville de Drummondville, Mathieu Audet, a présenté les résultats préliminaires de la démarche.

Selon Mathieu Audet, 538 personnes ont signé le registre, alors qu’un minimum de 6 334 signatures était nécessaire pour déclencher la tenue d’un référendum.

M, Audet a également tenu à rappeler que la signature au registre ne signifie pas être pour ou contre un projet, mais constitue simplement une procédure prévue par la loi permettant de demander la tenue d’un scrutin.

« Au total, 538 personnes ont signé le registre, alors que 6 334 signatures étaient nécessaires pour déclencher un référendum. Drummondville compte environ 63 000 électeurs, ce qui représente environ 0,8 % de la population habilitée à voter », a indiqué le directeur général. « Signer un registre ne signifie pas être pour ou contre un projet : il s’agit d’une étape prévue par la loi pour demander la tenue d’un référendum. Ces règles existent depuis 1987 et s’appliquent à tous les règlements d’emprunt dans les municipalités du Québec », a de nouveau rappelé Mathieu Audet.

De son côté, la Ville de Drummondville a indiqué cette semaine que la décision entourant la tenue ou non d’un référendum repose entre les mains des citoyens, alors que le processus actuel exige 6 334 signatures pour déclencher une telle procédure.

En entrevue au Vingt55, Mathieu Audet, directeur de cabinet du maire, a mentionné que la Ville s’appuie sur les règles du processus administratif actuellement en vigueur. « La Ville s’appuie sur les lois en vigueur, qui encadrent de la même façon l’ensemble des municipalités du Québec depuis leur dernière mise à jour en 1987, a expliqué Mathieu Audet en entrevue au Vingt55. Dans le cas d’un règlement d’emprunt, ces règles prévoient notamment la tenue d’un registre permettant aux citoyennes et citoyens de demander la tenue d’un référendum si le nombre requis de signatures est atteint, a t-il ajouté, nous appliquons donc ce cadre légal tel qu’il est prévu. »

« Cela dit, comme dans tout dossier qui suscite de l’intérêt dans la population, il est toujours pertinent de se demander comment nous pouvons continuer à bien informer les citoyennes et citoyens et rendre ces processus, à l’avenir, encore plus clairs », a conclu le directeur de cabinet.

Pour plusieurs observateurs, cette question dépasse d’ailleurs le seul dossier de l’aréna. Certains y voient également une occasion de réfléchir au recours à des consultations populaires pour d’autres projets structurants, notamment dans le secteur du centre-ville, comme la salle de spectacle ou certains projets de développement urbain.

Entre les demandes de transparence, les préoccupations financières et l’appel de certains citoyens à être consultés, le débat entourant l’avenir du Centre Marcel-Dionne demeure bien présent à Drummondville.

Centre Marcel-Dionne, nouvelle mobilisation citoyenne et questions sur les coûts réels du projet de rénovation @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.

Éric Beaupré
PHOTOREPORTER
PROFILE

Suivez-nous sur les réseaux sociaux:

Les derniers articles

Faits divers

Suivez-nous sur les réseaux sociaux:

facebookyoutube-icon