Centre-du-Québec
À l’approche de la rentrée dans les cégeps du Québec, plusieurs organisations syndicales demandent au gouvernement et aux partis politiques de porter une attention particulière au financement, aux effectifs et aux services offerts dans le réseau collégial. Selon les prévisions ministérielles citées par les syndicats, le nombre d’étudiants à temps plein devrait encore progresser de près de 4 % cet automne.
La Fédération de l’enseignement collégial (FEC-CSQ), la Fédération du personnel de soutien de l’enseignement supérieur (FPSES-CSQ) et la Fédération du personnel professionnel des collèges (FPPC-CSQ) joignent ainsi leur voix à celle de la CSQ.
Selon les plus récentes prévisions ministérielles rapportées par les organisations syndicales, l’effectif étudiant à temps plein à l’enseignement régulier devrait augmenter de près de 4 % cet automne. Elles rappellent que la hausse avait atteint 5 % l’an dernier et 5,3 % l’année précédente.
Des syndicats préoccupés par les ressources disponibles
Pour les organisations syndicales, cette croissance exerce une pression supplémentaire sur les ressources humaines, les services aux étudiants et les espaces disponibles dans certains établissements.
Elles soutiennent également que les suppressions de postes, le gel d’embauche et les restrictions budgétaires des dernières années ont eu des répercussions sur les équipes de travail.
« Il est temps d’offrir enfin de la prévisibilité aux acteurs du réseau collégial. C’est vrai pour le financement, qui fait régulièrement le yoyo, sans considération pour les effets qui en découlent sur le terrain. C’est aussi vrai pour les équipes qui ont terminé l’année sur les rotules parce que les collègues n’étaient pas remplacés », ont fait valoir les dirigeants syndicaux lors d’une conférence de presse tenue lundi.
Des enjeux qui dépassent les salles de classe
Les représentants syndicaux soulèvent également la question des infrastructures et des horaires. Selon la FEC-CSQ, le recours à davantage de cours en soirée dans certains établissements témoignerait notamment du manque d’espace ou de ressources.
« Quand on étire les cours en soirée pour répondre au manque d’espace ou de ressources, on étire aussi l’élastique des étudiantes et des étudiants, dont les journées s’étendent parfois de très tôt le matin jusqu’à très tard le soir. Et si les services auxquels ils ont droit ne suivent pas, on hypothèque directement la réussite et la persévérance », affirme Youri Blanchet, président de la FEC-CSQ.
Les transformations liées à l’utilisation grandissante de l’intelligence artificielle dans l’enseignement font également partie des défis identifiés par les représentants du personnel, qui réclament davantage de concertation afin d’adapter le réseau à cette nouvelle réalité.
Les services aux étudiants au cœur des préoccupations
Du côté du personnel de soutien et professionnel, les organisations syndicales craignent que l’augmentation du nombre d’étudiants ne soit pas accompagnée d’une croissance équivalente des services.
Les besoins en matière de services psychosociaux, professionnels et adaptés sont notamment évoqués.
« Le réseau a encore la capacité d’accueillir plus de jeunes, mais il faut cesser de miser sur les sacrifices du personnel pour le faire tenir debout », soutient Éric Cyr, président de la FPPC-CSQ.
La FPSES-CSQ affirme pour sa part que des abolitions de postes ont encore lieu dans plusieurs collèges représentés par la fédération. Elle cite notamment le Collège Dawson, où 12 postes réguliers à temps complet auraient été supprimés dans différents services.
Un enjeu que les syndicats veulent placer dans la campagne électorale
À quelques semaines de la campagne électorale, les quatre organisations souhaitent maintenant que l’avenir du réseau collégial fasse partie des enjeux discutés par les formations politiques.
Elles demandent notamment un financement qu’elles souhaitent plus prévisible, des investissements dans les infrastructures ainsi que des ressources correspondant davantage à la croissance de la population étudiante.
« À la CSQ, nous pensons également que le Québec est mûr pour une grande réflexion en éducation et que le secteur collégial doit en faire partie. Il est encore possible de permettre au réseau collégial de jouer pleinement son rôle concernant l’accessibilité à l’enseignement supérieur dans toutes les régions du Québec, mais il faut agir maintenant », concluent les représentants syndicaux.







