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Ressources intermédiaires : la liste d’attente explose, le Centre-du-Québec parmi les plus touchés

Ressources intermédiaires : la liste d’attente explose, le Centre-du-Québec parmi les plus touchés

DRUMMONDVILLE

La pression s’accentue sur le réseau des ressources intermédiaires (RI). Dans la région de la Mauricie–Centre-du-Québec, comme ailleurs dans la province, la liste d’attente pour une place continue de s’allonger, révélant une situation critique pour des centaines de personnes vulnérables privées d’un milieu de vie adapté à leurs besoins.

Une hausse inquiétante des listes d’attente

Selon les données les plus récentes obtenues par l’Association des ressources intermédiaires d’hébergement du Québec (ARIHQ), 5 495 personnes sont actuellement en attente d’une place en RI, soit une augmentation de 11 % en seulement neuf mois

Rien qu’au Centre-du-Québec et en Mauricie, des centaines de personnes sont concernées, illustrant la pression particulière qui s’exerce dans une région où le vieillissement de la population et les besoins en santé mentale, en déficience intellectuelle et en perte d’autonomie s’accentuent rapidement.

La région Mauricie–Centre-du-Québec figure parmi les plus touchées. Le nombre de personnes en attente est passé de 1 445 en octobre 2024 à 1 664 en septembre 2025, soit 219 de plus. Cette progression met en lumière la pression grandissante sur le réseau et les familles de la région.

À Drummondville, les ressources et les RI sont nombreuses, et les besoins se présentent aussi bien de façon ponctuelle qu’occasionnelle. Les demandes des résidents sont multiples, la Sûreté du Québec (SQ) reçoit régulièrement des appels pour signaler une fugue, une situation de crise ou une personne désorganisée nécessitant une aide immédiate. Dans ces cas, l’appui des policiers est essentiel, que ce soit pour les recherches, pour intervenir auprès des personnes en détresse ou pour soutenir les services d’urgence et d’intervention.

Des appels d’offres annulés et un système paralysé

Depuis 2020, plus de 70 % des appels d’offres lancés par le réseau public pour ouvrir de nouvelles places ont été annulés, ce qui représente l’équivalent de 4 089 places perdues. L’ARIHQ souligne que ces échecs freinent considérablement le développement et aggravent la crise.

À cela s’ajoutent des contraintes majeures : financement jugé inadéquat, exigences administratives lourdes et délais irréalistes. Ce qui devait être un outil pour développer l’offre devient aujourd’hui un frein.

Un manque criant de données consolidées

Autre problème soulevé par l’ARIHQ : l’absence de portrait global de la demande. Pour la deuxième année consécutive, l’organisation a dû s’appuyer sur des demandes d’accès à l’information auprès des 23 établissements de santé pour obtenir les chiffres réels. Cette opacité nuit à la planification et empêche le gouvernement d’anticiper une demande appelée à croître de 70 % d’ici 2040

Des négociations cruciales en cours

Les pourparlers en cours entre l’ARIHQ et le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS), amorcés en mars dernier, représentent selon l’association une opportunité déterminante de repenser le modèle.

« Derrière chaque place en attente, il y a une personne vulnérable qui a besoin d’un milieu de vie digne et sécuritaire. Nous avons le devoir collectif de lever les obstacles administratifs et d’accélérer le développement des Ressources Intermédiaires », a déclaré Manon Charpentier, directrice générale de l’ARIHQ

L’organisation plaide pour deux mesures phares : un financement adéquat et une simplification des processus administratifs, afin de permettre l’ouverture rapide de nouvelles places.

La Rédaction
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