DRUMMONDVILLE
Cette présence grandissante s’accompagne toutefois d’enjeux de sécurité bien réels, alors que les accidents impliquant notamment des trottinettes électriques sont de plus en plus nombreux. Encore hier, à Drummondville, comme l’a rapporté le Vingt55, un accident impliquant une trottinette électrique a fait un blessé, rappelant l’importance d’un encadrement adapté à ces nouveaux modes de déplacement et du respect des règles de sécurité par leurs utilisateurs.
Lancée en juillet 2023, cette expérimentation devait permettre au gouvernement d’évaluer l’intégration de ces nouveaux moyens de déplacement dans la circulation. Trois ans plus tard, leur présence est devenue beaucoup plus visible, particulièrement en milieu urbain, où ils sont utilisés autant pour les loisirs que pour les déplacements quotidiens.
À Drummondville, comme dans plusieurs villes du Québec, cette nouvelle mobilité amène toutefois son lot de défis. Automobilistes, cyclistes, piétons et utilisateurs d’appareils électriques doivent désormais partager un même environnement routier, alors que les caractéristiques et les règles applicables peuvent varier considérablement d’un type d’appareil à l’autre.
Des règles prolongées et bonifiées jusqu’en 2028
Le gouvernement estime que les ATPM répondent désormais à un véritable besoin de mobilité et contribuent à diversifier les moyens de transport disponibles. La prolongation du projet pilote pour deux années supplémentaires doit permettre de recueillir davantage de données et d’observations sur leur intégration sécuritaire au réseau routier.
Parmi les principaux changements annoncés, le champ d’application du projet pilote sera élargi. Les règles ne viseront plus uniquement les chemins publics, mais également certains autres endroits ouverts à la circulation publique, notamment les terrains de centres commerciaux.
La limite de puissance nominale de 500 watts sera également retirée. La vitesse maximale permise demeurera toutefois fixée à 25 km/h, et une règle précisera désormais explicitement qu’un utilisateur ne peut circuler à une vitesse supérieure à cette limite.
Les exigences concernant les équipements de protection des mains et des poignets seront aussi assouplies afin de permettre davantage de types d’équipements offrant une protection jugée adéquate. Une amende de 100 $ pourra être imposée en cas de non-respect de cette obligation lorsqu’elle s’applique.
Qui peut circuler et où?
Un ATPM est essentiellement un appareil destiné au transport d’une personne, muni d’au moins une roue et propulsé exclusivement par un ou plusieurs moteurs électriques, sans habitacle fermé. Les trottinettes électriques et les appareils gyroscopiques, comme les gyroroues, font notamment partie de cette catégorie.
Pour utiliser un ATPM sur la voie publique, il faut être âgé d’au moins 14 ans et porter un casque protecteur correctement ajusté et attaché.
Ces appareils peuvent circuler sur les routes où la limite de vitesse est de 50 km/h ou moins ainsi que sur les voies cyclables qui s’y trouvent, à moins qu’une municipalité n’en interdise l’accès au moyen d’une signalisation appropriée.
Les utilisateurs doivent généralement respecter des règles semblables à celles imposées aux cyclistes. Ils doivent notamment circuler dans le même sens que la circulation, aussi près que possible du côté droit de la chaussée ou sur l’accotement, et respecter la signalisation applicable.
La circulation sur les trottoirs demeure interdite, sauf exception.
Trottinette, vélo électrique ou aide à la mobilité : pas les mêmes règles
L’un des enjeux pour les usagers de la route demeure toutefois de distinguer les différentes catégories de véhicules électriques qui circulent désormais dans l’espace public.
Une trottinette électrique ou une gyroroue répondant aux critères du projet pilote est considérée comme un ATPM. En revanche, une bicyclette assistée, une aide à la mobilité motorisée comme certains quadriporteurs, une motocyclette, un cyclomoteur, un véhicule-jouet motorisé ou encore un véhicule hors route ne font pas partie de cette catégorie.
Ces différents appareils sont donc soumis à des règles qui leur sont propres, même s’ils peuvent parfois se retrouver côte à côte dans les rues, sur les accotements ou à proximité des voies cyclables.
Cette multiplication des formes de mobilité représente ainsi un nouvel enjeu de compréhension et de cohabitation pour les usagers du réseau routier.
Des interdictions à connaître
Les utilisateurs d’un ATPM ne peuvent notamment pas transporter de passager, tirer une remorque ou une autre personne, porter des écouteurs ou circuler sur un chemin public où la limite de vitesse permise dépasse 50 km/h.
L’utilisation d’un téléphone cellulaire ou d’un autre appareil portatif est également interdite pendant les déplacements, sauf certaines exceptions prévues lorsque l’appareil est fixé de façon sécuritaire et utilisé pour fournir des informations nécessaires au déplacement.
Les contrevenants s’exposent à des amendes variant généralement de 100 $ à 200 $, selon la nature de l’infraction.
Une cohabitation appelée à prendre de l’importance
Avec la popularité croissante des trottinettes électriques et l’apparition de nouveaux appareils motorisés individuels, la question de leur place sur les routes risque de demeurer d’actualité à Drummondville comme ailleurs au Québec.
Pour les automobilistes, le gouvernement recommande d’adopter sensiblement les mêmes comportements qu’en présence d’un cycliste. Lors d’un dépassement dans une même voie, les conducteurs doivent notamment réduire leur vitesse et conserver une distance minimale d’un mètre.
À l’approche d’une intersection, une attention particulière doit également être portée aux utilisateurs d’ATPM qui circulent sur une voie cyclable ou à proximité de la chaussée.
En prolongeant son projet pilote jusqu’en 2028, Québec se donne ainsi deux années supplémentaires pour déterminer comment ces nouveaux moyens de déplacement pourront s’intégrer durablement au réseau routier. Une réflexion qui prend tout son sens dans des villes comme Drummondville, où voitures, vélos, trottinettes électriques et autres appareils de mobilité sont appelés à se côtoyer de plus en plus souvent.
Une campagne doit d’ailleurs être déployée au Québec au cours de l’été afin de rappeler aux utilisateurs la limite maximale de 25 km/h et l’importance d’adopter des comportements sécuritaires.






