DRUMMONDVILLE
Sur les photos Pr Louis Valiquette, Doyen de la Faculté de médecine et des sciences de la santé de l’Université de Sherbrooke, Jacinthe Cloutier, PDGA du CIUSSS MCQ, Dr Simon Coiteux directeur médical du GMF-U de Drummondville et coordonnateur médical de l’enseignement pour le RLS de Drummond au CIUSSS MCQ, Dr Patrick Cossette, président de la CDFM et doyen de la Faculté de médecine de l’UdeM @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.
L’externat correspond aux troisième et quatrième années du parcours prédoctoral, soit la période précédant l’entrée en résidence. Les étudiantes et étudiants y intègrent les milieux cliniques et développent leurs compétences au contact des patientes et patients, sous la supervision d’équipes médicales locales.
« C’est vraiment d’exposer nos étudiants à des milieux variés », explique en entrevue au Vingt55 le Pr Louis Valiquette, doyen de la FMSS en entrevue au Vingt55« On le fait déjà ailleurs. Pour nous, on rajoute une couleur différente dans un milieu qui est hyperdynamique et en croissance. »
Au-delà de la diversification des milieux de stage, le projet s’inscrit dans une logique de responsabilité sociale. « Former des étudiants pour favoriser leur rétention dans tout notre réseau est une grande volonté », affirme le doyen. L’expérience vécue dans d’autres régions démontre, dit-il, que les médecins formés localement sont plus enclins à s’y établir. « Quand on forme les gens dans un milieu, les chances qu’ils y restent sont beaucoup plus élevées. »
Il insiste, l’objectif n’est pas de concentrer la relève dans les grands centres. « On ne forme pas des médecins pour qu’ils travaillent tous en Estrie ou ailleurs. Les statistiques démontrent que les gens vont souvent exercer là où ils ont étudié, bâti un réseau, fondé une famille.
Un moteur pour le développement régional
Pour le Centre-du-Québec, l’enjeu dépasse la simple organisation académique. La croissance démographique, la pression sur les services et l’état de certaines infrastructures de santé figurent parmi les réalités évoquées.
« Les besoins de la population doivent être l’élément déclencheur », soutient le Pr Valiquette en entrevue au Ving555 « Si ça peut aider la région à se développer, à avoir un dossier plus solide sur le plan des infrastructures, tant mieux. »
Il nuance toutefois : le projet n’a pas été conçu pour faire pression sur les gouvernements. « Ce n’est pas la raison du mouvement. Mais si ça contribue à renforcer l’argumentaire régional, c’est positif. »
Autre retombée potentielle, l’attraction de médecins intéressés par un modèle hybride, combinant pratique communautaire et enseignement. « Ça peut attirer des médecins qui souhaitent enseigner sans être dans un grand centre académique. Un peu le meilleur des deux mondes », résume-t-il.
Une planification en trois temps
Du côté du CIUSSS MCQ, la présidente-directrice générale adjointe, Jacinthe Cloutier, en entrevue au Vingt55, parle d’un investissement stratégique. « C’est un très grand investissement, mais c’est aussi un investissement de longue date. Nous formons des externes depuis plusieurs années. »
À court terme, des salles de classe sont déjà disponibles à l’Hôpital Sainte-Croix. À moyen terme, des espaces sont prévus dans le projet modulaire lié à l’urgence. À plus long terme, le futur hôpital de Drummondville devra intégrer ces besoins d’enseignement. « Ça se planifie sur une longue marche », affirme Mme Cloutier. « On planifie pour les dix prochaines années. »
Selon elle, l’enseignement constitue également un levier d’amélioration continue. « Le fait d’enseigner nous tire vers le haut dans la qualité des soins. Les étudiants posent des questions, ça nous pousse à demeurer à la fine pointe. »
Vingt externes supplémentaires visés
En 2027, la cible initiale prévoit l’accueil de 20 externes supplémentaires au Centre-du-Québec. « Ce sont 20 personnes qui termineront éventuellement leur parcours de formation », précise Mme Cloutier.
Le CIUSSS dispose déjà d’un plan des effectifs médicaux, sous gouverne médicale, qui prévoit une augmentation progressive du nombre de médecins. Les dernières années ont toutefois été plus difficiles en matière de recrutement, ce qui rend le projet d’autant plus stratégique. « On redouble d’ardeur et on planifie à long cours », affirme la PDGA adjointe.
Quant aux infrastructures actuelles, elle mise sur l’engagement des équipes. « Je compte sur le dynamisme et le savoir-faire des équipes, qui sont motivées et engagées. »
Un impact graduel pour la population
À court terme, les citoyennes et citoyens ne devraient pas percevoir de changements majeurs dans l’offre de services. Les externes sont déjà présents dans les milieux hospitaliers et en GMF-U, notamment au GMF-U de Drummondville dirigé par le Dr Simon Coiteux.
Les gains attendus sont plutôt à moyen et long terme : consolidation du recrutement, maintien de médecins spécialistes et omnipraticiens, et renforcement du sentiment d’appartenance à la région chez la relève. « C’est vraiment dans les gains éventuels qu’on vise », résume le Pr Valiquette.
En misant sur une formation ancrée dans la réalité régionale, les partenaires souhaitent faire du Centre-du-Québec non seulement un milieu d’apprentissage, mais un véritable lieu d’établissement pour les médecins de demain.

Sur les photos Pr Louis Valiquette, Doyen de la Faculté de médecine et des sciences de la santé de l’Université de Sherbrooke, Jacinthe Cloutier, PDGA du CIUSSS MCQ, Dr Simon Coiteux directeur médical du GMF-U de Drummondville et coordonnateur médical de l’enseignement pour le RLS de Drummond au CIUSSS MCQ, Dr Patrick Cossette, président de la CDFM et doyen de la Faculté de médecine de l’UdeM @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.
















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