DRUMMONDVILLE
En effet, selon Flory Doucas, codirectrice et porte-parole de la CQCT, la logique invoquée par la SQDC, soit la popularité des vape-pens illégaux, ne tient pas compte d’enjeux de santé publique plus larges. Elle rappelle que ces enjeux concernent à la fois les risques du vapotage chez les adultes et les jeunes, ainsi que l’impact anticipé sur l’usage du vapotage chez les mineurs.
« Peu importe s’il s’agit de liquide avec nicotine ou avec THC, le consommateur se trouve à inhaler des aérosols dont les substances n’ont pas été éprouvées sécuritaires pour les poumons, que ce soient des produits de contrebande ou ceux vendus par des boutiques de vapotage ou prochainement par la SQDC », souligne-t-elle.
La porte-parole estime également que, même si les versions illégales peuvent contenir davantage de contaminants, la vente de ces produits par une société d’État risque d’accentuer la normalisation du vapotage. Cette décision pourrait, selon elle, banaliser les risques associés à ces appareils, au moment même où le gouvernement peine à réduire le vapotage nicotinique chez les jeunes.
Depuis la légalisation du cannabis au Canada en 2018, le Québec a adopté une approche plus restrictive que plusieurs autres provinces. Cet encadrement plus strict a contribué à maintenir un taux de consommation de cannabis inférieur à la moyenne nationale, notamment en ce qui concerne les jeunes.
Flory Doucas reconnaît qu’un étiquetage plus détaillé et des critères plus serrés, par exemple pour les saveurs ou la teneur en THC, pourraient favoriser un usage mieux informé. Elle met cependant en garde contre les effets sociaux plus larges d’une légalisation accrue, notamment l’acceptabilité grandissante de ces produits chez les jeunes.
« Aussi longtemps qu’on ne constatera pas un recul substantiel du vapotage nicotinique chez les jeunes, l’offre de produits de vapotage au THC par la SQDC nous semble malavisée », conclut-elle.
De son côté, Dany Lefebvre, entrepreneur actif depuis douze ans dans le secteur du cannabis et du chanvre, et père de deux adolescentes de 13 et 17 ans, apporte une nuance importante au débat entourant l’arrivée des vape-pens au THC à la SQDC.
Selon lui, le véritable risque ne provient pas de l’encadrement légal, mais plutôt de « six ans de laisser-faire » ayant permis au marché noir d’occuper tout l’espace.
Invité par le Vingt55 à commenter le dossier, l’homme d’affaires bien connu à Drummondville et à Saint-Lucien a tenu à rappeler que « Je vois clairement ce qui circule dans les écoles. Les wax pens illégaux sont un fléau : produits coupés, arômes artificiels, emballages attrayants, aucune analyse, aucune sécurité, et vendus sans aucune restriction. C’est ça, le vrai problème. Laisser tout ça entre les mains du marché noir pendant six ans n’a protégé personne. Ça a simplement donné toute la place aux produits les plus dangereux. »
Il soutient que la légalisation et l’encadrement serré des vape-pens représentent plutôt un outil de santé publique.
« L’encadrement légal, c’est ce qui aurait dû arriver bien plus tôt : un maximum de 30 % de THC, aucun arôme artificiel, des analyses obligatoires, des emballages neutres et une vente exclusivement réservée aux adultes. Ça, c’est de la santé publique. Ça, c’est protéger nos jeunes. Il était temps qu’on encadre tout ça sérieusement. »
Selon M. Lefebvre, l’introduction de produits contrôlés, testés et neutres constitue « la seule façon de réduire les dommages que le marché illégal crée depuis des années ». Il souligne également l’enjeu économique et social lié à la légalisation.
« Avec un marché légal, une partie des taxes d’accises retourne au Québec au lieu d’alimenter des réseaux illégaux. Cet argent sert à financer nos programmes sociaux, dont la santé publique, qui, elle, fait réellement de la prévention. »








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