Drummondville
Vidéo promotionnelle tirée de la page Facebook du Village québécois d’antan. La vidéo a depuis été retirée par la direction du Village québécois d’antan.
À la suite de la publication de l’article de Vingt55 concernant la campagne promotionnelle du Village hanté 2026, le Village québécois d’antan a réagi par voie de communiqué afin de « commenter certaines associations », selon la direction du Village québécois d’antan, faites entre la publicité diffusée cette année et les dossiers judiciaires impliquant deux anciens comédiens de l’organisation.
La direction soutient d’abord que la campagne doit être considérée dans son contexte créatif et qu’elle s’inscrit entièrement dans l’univers de la 18e édition du Village hanté, dont la thématique repose sur la fin du monde et la survie dans un environnement post-apocalyptique.
« À l’image des codes bien connus du cinéma et de la fiction post-apocalyptique, les personnages de cet univers tentent de survivre dans un monde bouleversé : certains cherchent de la nourriture et des ressources, d’autres se regroupent, certains sont contaminés et deviennent des créatures ou des zombies. La publicité récemment diffusée s’inscrit directement dans cette trame narrative », explique le Village, qui ne voit aucune allusion ni image évoquant un geste ou une interprétation possible à caractère sexuel, estime la direction.
« Il n’existe aucun caractère sexuel ou religieux dans cette campagne, ni dans les thématiques présentées au Village hanté. La publicité ne représente, ne suggère et ne banalise aucune forme de violence sexuelle », affirme la direction Village québécois d’antan.
La direction du Village québécois d’antan considère donc que le rapprochement entre cette création publicitaire et les accusations criminelles d’agressions sexuelles concernant des événements survenus en 2024 ne correspond ni à l’intention créative derrière la campagne ni au contenu de l’expérience proposée cette année.
« Le Village considère donc qu’établir une association entre cette création publicitaire et les accusations criminelles concernant des événements distincts survenus en 2024 crée un rapprochement qui ne correspond ni à l’intention créative de la campagne ni au contenu de l’expérience 2026 », précise la direction.
Concernant les événements allégués d’agressions sexuelles qui auraient fait au moins deux victimes et impliquant deux comédiens, le Village rappelle qu’ils ont été pris en charge par la direction lorsqu’elle en a été informée.
« Les événements rapportés concernant 2024 ont été pris en charge par la direction dès qu’elle en a été informée. Une plainte avait alors été déposée auprès de la Sûreté du Québec et l’organisation a collaboré avec les autorités », indique la direction VQA. Puisque les dossiers suivent maintenant leur cours devant les tribunaux, le Village affirme qu’il continuera de respecter le processus judiciaire ainsi que les personnes concernées.
Le Village réitère également qu’il « ne tolère aucune forme de violence, de harcèlement ou d’agression, envers ses employés comme envers ses visiteurs ».
La direction affirme investir depuis plusieurs années dans la prévention, la formation, l’encadrement, la sécurité et la surveillance de son site, tout en poursuivant l’amélioration de ses pratiques.
Le Village défend le travail de son équipe
Dans sa réponse, la direction tient également à défendre le travail des personnes impliquées dans la production du Village hanté.
« Nous sommes extrêmement fiers du travail réalisé par les employés, comédiens, créateurs et partenaires qui donnent vie au Village hanté. Leur travail mérite d’être apprécié pour ce qu’il est : une expérience fictive d’horreur et de divertissement construite autour d’un univers post-apocalyptique », souligne l’organisation.
Le Village québécois d’antan conclut qu’il continuera de répondre aux questions concernant ses pratiques et ses responsabilités, tout en indiquant qu’il entend rectifier les informations ou associations qu’il considère inexactes concernant son organisation, ses employés et ses productions.
Bien que la direction du Village québécois d’antan soutienne qu’il n’existe aucune corrélation avec les dossiers d’agressions sexuelles ni aucune intention en ce sens dans la vidéo, celle-ci a néanmoins été retirée de ses réseaux sociaux après avoir suscité de nombreuses réactions, notamment celle du CALACS La Passerelle.
Le CALACS La Passerelle appuie la réflexion et les questionnements soulevés concernant la récente publicité vidéo du Village hanté
Le CALACS La Passerelle reconnaît d’abord les mesures prises par le Village québécois d’antan à la suite des signalements concernant les événements d’agressions sexuelles allégués par deux visiteuses.
Julie Ouellet, directrice générale du CALACS La Passerelle, souligne notamment les congédiements, le renforcement de la règle du « zéro contact » et la volonté exprimée par le Village de travailler avec le CALACS afin d’améliorer la prévention et l’intervention.
La Passerelle prend également acte des explications du Village concernant l’univers post-apocalyptique dans lequel s’inscrit la campagne et précise ne pas prétendre que la publicité représente directement une agression sexuelle.
« Notre intention n’est pas de prétendre que cette publicité représente ou banalise directement une agression sexuelle, ni de remettre en question la présomption d’innocence des personnes concernées. Nous reconnaissons également les démarches entreprises par le Village lorsque les événements lui ont été rapportés », précise le CALACS.
La directrice générale maintient toutefois son questionnement sur le choix de la représentation utilisée et sur le contexte dans lequel la publicité a été diffusée.
« Notre réflexion porte plutôt sur le contexte entourant la diffusion de cette campagne et sur l’effet qu’elle peut produire auprès du public, particulièrement chez les personnes ayant vécu de la violence sexuelle. Une image peut avoir une intention artistique précise tout en suscitant, dans un contexte donné, un malaise ou un questionnement légitime », fait valoir Julie Ouellet en entrevue au Vingt55.
Pour l’organisme, la notion de culture du viol ne se limite pas aux représentations explicitement sexuelles. Le CALACS soutient qu’elle peut également être abordée sous l’angle des images, des discours et des mises en scène présentant notamment des femmes comme des « proies » ou utilisant leur peur et leur domination comme forme de divertissement.
La directrice du Calacs La Passerelle, Julie Ouellet estime pour sa part que la présence devant les tribunaux de dossiers concernant deux anciens comédiens constitue un élément de contexte qui mérite d’être pris en considération, sans pour autant se prononcer sur les procédures judiciaires en cours.
« Sans nous prononcer sur ces procédures judiciaires, nous croyons que ce contexte commande une sensibilité particulière dans le choix des images utilisées », indique Julie Ouellet en réaction à la vidéo promotionnelle du Village hanté, à son interprétation possible et aux nombreuses réactions suscitées dans les circonstances actuelles, de l’avis de la directrice de l’organisme qui vient en aide aux femmes ayant vécu des agressions et ou de violences sexuelles.
Le CALACS reconnaît par ailleurs qu’une scène fictive peut s’inscrire dans les codes de l’horreur, mais considère qu’il demeure possible de questionner l’effet produit par cette représentation auprès du public.
« Reconnaître l’impact possible d’une publicité ne signifie pas condamner une organisation ni déclarer quiconque coupable. Cela signifie accepter de réfléchir collectivement à nos choix, à nos messages et à leurs répercussions », précise Mme Ouellet
La directrice du Calacs La Passerelle conclut qu’il est possible, selon elle, de respecter le processus judiciaire tout en maintenant un dialogue sur les violences sexuelles et leur représentation dans l’espace public et outils de promotion d’évènements familiales.






