DRUMMONDVILLE
Le Vingt55 a assisté à la conférence de presse tenue aujourd’hui 15 avril et a pu échanger avec plusieurs intervenants clés, dont des membres du comité organisateur et le porte-parole de l’événement et comédien Édouard-B. Larocque, dans un contexte où l’engouement pour le cinéma indépendant ne cesse de croître dans la région.
Présentée devant un parterre composé de partenaires, de bénévoles, d’élus et de représentants du milieu culturel, cette conférence a permis de mesurer le chemin parcouru par le festival en seulement quatre éditions. D’emblée, les organisateurs ont rappelé l’ampleur de la réponse à l’appel de films lancé le 19 février dernier 187 courts-métrages ont été soumis en l’espace de quatre semaines, en provenance non seulement du Québec, mais également de l’Europe et de l’Afrique.
Le FFID 2026 s’annonce comme un rendez-vous où se croisent talents établis et créateurs émergents, au cœur du Cinéma Capitol de Drummondville.
Ce volume important de candidatures a exigé un travail de sélection rigoureux. Plus de 33 heures de visionnement ont été nécessaires avant d’arriver à une programmation resserrée, composée d’un peu plus d’une vingtaine de films. « On a reçu énormément de matériel et la qualité était vraiment impressionnante. On aurait facilement pu étirer le festival sur plusieurs jours », confie au Vingt55 Geneviève Biron, membre du comité organisateur. « Mais comme l’événement se déroule sur deux journées, il a fallu faire des choix. Et ce n’était pas simple. »
Cette sélection s’appuie sur une volonté affirmée de refléter la diversité du cinéma indépendant. Animation, documentaire, fiction, œuvres inclusives ou encore productions en langues étrangères sous-titrées en français : le comité a cherché à proposer une programmation variée, capable de rejoindre différents publics. « C’est important pour nous d’offrir un éventail d’expériences, autant pour les cinéphiles avertis que pour ceux qui découvrent ce type de cinéma », précise Mme Biron.
Au cœur du projet, la mission du FFID demeure inchangée offrir une tribune aux créateurs émergents et favoriser la rencontre entre les artistes et le public. Une orientation que défend avec conviction la directrice du festival, Annie Hamel. « Avant d’arriver sur les grandes plateformes ou dans les circuits plus commerciaux, il faut bien commencer quelque part. Le festival sert justement de tremplin », explique-t-elle en entrevue au Vingt55.
Selon elle, cette dimension est essentielle, particulièrement pour la relève. « On veut donner de la visibilité aux jeunes, leur permettre de voir leurs œuvres projetées en salle, dans des conditions professionnelles. Ça peut faire une énorme différence dans un parcours. Si on peut allumer une étincelle, susciter une vocation, c’est déjà une réussite. »
Mme Hamel souligne également la progression constante du festival depuis sa création. « À chaque édition, on sent qu’on monte d’un cran. On gagne en expérience, en notoriété, mais aussi en crédibilité auprès des créateurs. Les gens connaissent de plus en plus le festival et veulent en faire partie. »
Cette reconnaissance croissante se reflète aussi dans la participation des artistes et artisans, dont la grande majorité a déjà confirmé sa présence lors de l’événement. Des périodes de questions-réponses (Q&A) sont d’ailleurs prévues après plusieurs projections, permettant au public d’échanger directement avec les équipes de films.

En entrevue au Vingt55, le porte-parole de cette 4e édition, le comédien Édouard-B. Larocque, en présence de la jeune étoile montante du cinéma Laurence Ménard, voit dans cette proximité l’une des grandes forces du FFID. « Ce qui est intéressant, c’est qu’on peut découvrir des talents qu’on ne verrait pas ailleurs. Il y a énormément d’artistes qui travaillent dans l’ombre, en dehors des grandes productions, et qui méritent d’être vus », souligne-t-il au Vingt55.
L’acteur, qui cumule déjà plusieurs expériences à l’écran, insiste aussi sur l’importance des rencontres. « Un festival comme celui-là, c’est aussi un lieu d’échanges. On peut discuter avec des réalisateurs, rencontrer d’autres comédiens, créer des liens. Ça peut ouvrir des portes. »
Il invite d’ailleurs le public à participer en grand nombre. « Il y a des films pour tous les goûts. On a une belle sélection cette année, et c’est une occasion unique de découvrir autre chose », souligne-t-il.
Pour Laurence Ménard, jeune étoile montante qui n’a pas froid aux yeux, il s’agit d’un rendez-vous qui permet à chaque comédien et artisan du milieu de tisser des liens et de forger des contacts. En entrevue avec le Vingt55, elle rappelle également que l’événement offre au public une vitrine privilégiée sur les talents émergents du cinéma. « Ce sont des créateurs, des réalisateurs et des comédiens qui, un jour, pourraient voir leur carrière et leurs films projetés sur grand écran, ici ou dans des festivals d’envergure comme Cannes. Le FFID devient ainsi une occasion de découvrir les meilleurs talents d’aujourd’hui et de demain », ajoute-t-elle.
Du côté des institutions, l’appui est également bien présent. Représentant la Ville de Drummondville lors de la conférence, Mario Sévigny a insisté sur le rôle structurant de la culture dans le développement de la communauté. « À Drummondville, la culture, ce n’est pas simplement un rendez-vous dans l’agenda. C’est ce qui nous rassemble, ce qui nous distingue et ce qui nous fait avancer comme milieu de vie », a-t-il déclaré.
Il a salué le travail des organisateurs, rappelant que le festival contribue à positionner la ville sur la carte du cinéma québécois. « En seulement quatre éditions, vous avez réussi à créer quelque chose de significatif. Vous offrez des moments de rencontre entre les œuvres et le public, entre les créateurs et les citoyens. »
Au-delà de l’aspect artistique, il a également évoqué les retombées pour la collectivité. « Ce type d’événement attire des visiteurs, génère de l’activité économique et participe à la vitalité du centre-ville. Mais surtout, il enrichit notre regard sur le monde. »
La programmation dévoilée confirme cette volonté d’ouverture. Le jeudi 21 mai, une soirée tapis rouge lancera les festivités avec la présentation de huit courts-métrages, dont Le Carnet d’Alex Moyen, Le poids de la vérité d’Henriette Sena Hangnanmey et Le Batteur de William Cantin, présenté en première mondiale.
Le vendredi 22 mai proposera quant à lui trois volets distincts. En après-midi, une activité réalisée en partenariat avec la Société Alzheimer Centre-du-Québec mettra en lumière des œuvres abordant des enjeux humains et sociaux, avec la participation de cinéastes et d’invités issus du milieu artistique. En soirée, un documentaire d’enquête sera présenté en primeur, avant de céder la place à une seconde soirée tapis rouge consacrée à la relève.
Cette dernière mettra en vedette neuf courts-métrages issus de différents établissements d’enseignement, sélectionnés parmi 53 propositions étudiantes. Une démonstration claire de la vitalité du milieu et du potentiel des jeunes créateurs.
Pour Geneviève Biron, cet aspect demeure central « La relève est impressionnante. Il y a des comédiens, des réalisateurs, des techniciens qui ont énormément de talent. Le festival leur donne une plateforme, mais aussi une occasion de rencontrer le public et de se faire connaître. »
Elle insiste également sur l’ambiance propre au FFID « Ce qui ressort souvent, c’est l’accueil. Les gens qui viennent ici sont contents, les cinéastes sont heureux de présenter leurs films à Drummondville. Il y a une proximité qu’on ne retrouve pas partout. »
Isabelle Smith, membre du comité organisateur, indique adorer les films de répertoire et le cinéma indépendant « Je considère qu’il y a énormément de réalisateurs qui ont du talent, et je crois qu’il est important de leur offrir de la visibilité, ce que fait le FFID. De plus, en m’impliquant dans le design et le site web du FFID, c’est ma façon de leur donner la place qu’ils méritent. »
Le Vingt55 rappelle que la billetterie est déjà ouverte, les organisateurs lancent un appel à la population. Les billets, offerts au coût de 10 $ par activité, permettront non seulement d’assister aux projections, mais aussi de soutenir directement les créateurs, une partie des profits étant remise aux cinéastes.
À l’approche de cette 4e édition, le FFID confirme ainsi son positionnement comme un événement culturel incontournable dans la région. Entre découverte, rencontres et mise en valeur de la création indépendante, le festival entend poursuivre sur sa lancée et continuer de faire rayonner le cinéma sous toutes ses formes, ici même, à Drummondville.















