DRUMMONDVILLE
En plus des risques pour les automobilistes, motocyclistes et scootéristes, le bilan à Drummondville, Victoriaville et dans l’ensemble du Centre-du-Québec a de quoi faire sursauter, il fait grincer autant des dents que des amortisseurs, mettant à rude épreuve la patience des usagers de la route.
La campagne 2026 de CAA-Québec sur Les pires routes, tenue du 18 mars au 13 avril, dresse une fois de plus un portrait préoccupant de l’état du réseau routier québécois. Pour une 11e année, les citoyens étaient invités à signaler les routes qu’ils jugent les plus endommagées de leur région, dans un exercice qui reflète directement le ras-le-bol des automobilistes face aux nids-de-poule, à la chaussée dégradée et aux problèmes de sécurité routière.
Si aucune route du Centre-du-Québec ne figure parmi les 10 pires au Québec, plusieurs artères locales se retrouvent néanmoins dans le palmarès régional, rappelant que pour bien des conducteurs, la réalité quotidienne se mesure surtout en amortisseurs usés, pneus endommagés et suspensions mises à rude épreuve.
Du côté du Centre-du-Québec, aucune route ne figure dans le top 10 provincial, mais plusieurs artères bien connues des automobilistes de Drummondville et de Victoriaville se retrouvent dans le palmarès régional.
À Drummondville, le boulevard Mercure obtient la troisième position régionale parmi les routes les plus dénoncées par les citoyens. Cette artère névralgique, très fréquentée au quotidien, demeure régulièrement pointée du doigt pour l’état de sa chaussée, ses affaissements et l’usure générale du revêtement.
À Victoriaville, deux routes se retrouvent également au troisième rang régional, soit la route 116 (MTMD) ainsi que la rue des Bouleaux. Ces deux axes importants s’ajoutent à la liste des préoccupations routières signalées dans la région, illustrant que les enjeux de dégradation touchent autant les routes municipales que les tronçons sous responsabilité du ministère des Transports.
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Le podium régional du Centre-du-Québec est complété par le rang des Saules à Sainte-Eulalie, en première position, et le chemin Héon à Bécancour, au deuxième rang. La rue Saint-Félix à Notre-Dame-du-Bon-Conseil partage également le troisième rang avec Drummondville et Victoriaville.
CAA-Québec rappelle toutefois que ce palmarès repose sur le vote volontaire des citoyens et non sur une analyse technique de l’état des routes. Il s’agit avant tout d’un signal envoyé aux décideurs municipaux et provinciaux pour accélérer les travaux et prioriser les interventions là où la population ressent le plus fortement les impacts.
Pour les automobilistes de Drummondville et de Victoriaville, cette présence dans le classement régional confirme une réalité bien connue : l’état des routes demeure un irritant quotidien, autant pour la sécurité que pour les coûts liés aux bris mécaniques, aux crevaisons et à l’usure prématurée des véhicules.
Au-delà du classement de CAA-Québec, cette situation reflète une réalité bien connue à Drummondville et dans l’ensemble de la MRC. De nombreux citoyens dénoncent depuis des années l’état lamentable de certaines artères, qu’elles soient sous responsabilité municipale, relevant de la MRC ou encore du ministère des Transports et de la Mobilité durable. Plusieurs axes routiers, autant en milieu urbain qu’en périphérie, font régulièrement l’objet de plaintes en raison des nids-de-poule, de l’affaissement de la chaussée et du manque d’entretien prolongé.
Comme le rappelait encore hier le Vingt55 avec le dossier de la route 139 à Wickham, la frustration des automobilistes demeure bien réelle. L’état de cette artère continue d’user la patience, les amortisseurs et les suspensions de nombreux conducteurs, au point où la mairesse Luce Daneaul a dû intervenir publiquement pour dénoncer certains propos injurieux dirigés envers les employés municipaux. Elle a alors tenu à rappeler clairement les responsabilités respectives, précisant que cette route relève du ministère des Transports et de la Mobilité durable et non de la municipalité, un rappel devenu nécessaire devant la colère grandissante de plusieurs citoyens.
La problématique ne se limite pas uniquement aux grandes routes. Certains espaces publics, notamment les stationnements de centres commerciaux et de commerces très fréquentés, suscitent également de nombreuses frustrations.
Plusieurs automobilistes rapportent que l’état de ces surfaces endommage directement les véhicules, provoquant des bris coûteux aux amortisseurs, aux suspensions, aux bras de suspension, aux pneus, aux jantes et même à certains éléments de direction.
Pour plusieurs Drummondvillois, ces mauvaises conditions routières représentent bien plus qu’un simple inconfort quotidien : elles entraînent des dépenses importantes souvent difficiles à absorber. Les garagistes de la région constatent régulièrement des réparations liées directement à l’état des routes, particulièrement au printemps, lorsque le gel et le dégel aggravent considérablement la situation.
Les motocyclistes, cyclistes et utilisateurs de scooters sont particulièrement vulnérables
En effet, comme le constate le Vingt55 et au-delà des coûts mécaniques, la sécurité demeure une préoccupation majeure. Les motocyclistes, cyclistes et utilisateurs de scooters sont particulièrement vulnérables face aux chaussées endommagées, où une simple dénivellation ou un nid-de-poule peut provoquer une perte de contrôle. Certains accidents rapportés au fil des ans, notamment dans la couverture du Vingt55, rappellent que l’état des routes peut également devenir un véritable enjeu de sécurité publique.

M. Jesse Caron, relationniste média chez CAA-Québec en entrevue au Vingt55 @ Tous droits réservés
Nids-de-poule, pneus crevés, jantes ou véhicules endommagés, quoi faire et quels sont vos recours pour être dédommagé?
Le Vingt55 a sollicité l’expertise de CAA-Québec afin de mieux comprendre le phénomène et les recours possibles pour les automobilistes. En entrevue, Jesse Caron, relationniste média chez CAA-Québec, explique les causes du problème, les dommages les plus fréquents et les démarches possibles lorsqu’un véhicule est endommagé après avoir percuté un nid-de-poule.
À certains endroits, ces trous dans la chaussée peuvent atteindre une profondeur importante. Dans certains secteurs routiers, ils peuvent même s’apparenter à de véritables cratères, donnant parfois l’impression de circuler dans une zone de guerre.
« Les cycles de gel et de dégel sont la principale cause de la formation des nids-de-poule », explique Jesse Caron en entrevue au Vingt55. L’eau s’infiltre dans les fissures de l’asphalte, gèle durant la nuit et prend de l’expansion. Lorsque la glace fond, la chaussée devient fragilisée et sous le poids des véhicules, la surface finit par céder.
Lorsqu’un incident survient, Jesse Caron insiste sur l’importance de documenter la situation rapidement.
« Il faut prendre des photos du nid-de-poule, noter l’endroit exact, la date et l’heure, et conserver les factures de réparation », explique-t-il. Ces éléments peuvent devenir essentiels pour appuyer une éventuelle demande d’indemnisation. CAA-Québec recommande également de faire inspecter le véhicule par un garagiste afin d’obtenir une évaluation précise des dommages.
Le recours dépend aussi du type de route où l’incident s’est produit.
Si le nid-de-poule se trouve sur une rue municipale, la réclamation doit être adressée à la municipalité responsable de l’entretien du réseau routier. Dans le cas d’une route provinciale, la demande doit être transmise au ministère des Transports et de la Mobilité durable du Québec.
La plupart des villes et municipalités mettent d’ailleurs à la disposition des citoyens des formulaires de réclamation en ligne permettant de signaler un incident et de transmettre une demande de dédommagement.
Au final, a l’échelle provinciale, c’est toutefois l’Outaouais qui domine largement le palmarès 2026, avec six routes dans le top 10 des pires routes du Québec. Le chemin Pink, à Gatineau, arrive au premier rang, suivi du chemin Klock et du boulevard Saint-Raymond, également situés à Gatineau. Plus de 6700 votes ont été compilés cette année pour établir ce classement citoyen, confirmant que la dégradation du réseau routier demeure une préoccupation majeure partout au Québec.







