Drummondville
Données compilées par M. Jean-Pierre Picard à la suite de demandes d’accès à l’information adressées à la Ville de Drummondville @Tous droits réservés
Selon l’analyse présentée publiquement par M. Picard, environ 863 000 $ en placements publicitaires auraient été comptabilisés entre janvier 2019 et le 21 mai 2026.
À partir des documents qu’il dit avoir obtenus de la Ville, le citoyen a présenté la répartition suivante : environ
16 000 $, soit 2 %, à Arsenal Média
42 000 $, soit 5 %, au Vingt55
164 000 $, près de 20 % Facebook /META
Plus de 488 000 $, soit 56 %, à L’Express.
Interpellé sur les écarts entre les sommes investies dans les médias locaux et celles dirigées vers les plateformes numériques étrangères, le maire Jean-François Houle a soutenu que les placements publicitaires municipaux ne doivent pas nécessairement être considérés comme une forme d’aide aux médias.
Selon le maire la Ville cherche d’abord à déterminer quels véhicules permettent de rejoindre efficacement la population visée par une campagne.
« On veut rejoindre les gens où ils sont », a notamment fait valoir le maire, précisant que le Service des communications tient compte des clics, de la portée et des taux de pénétration des différents médias lors de ses choix publicitaires. Il a également souligné que L’Express dispose d’une édition papier, ce qui constitue un véhicule supplémentaire pour certaines communications municipales.
M. Jean-Pierre Picard a toutefois confronté cette explication à un indicateur municipal portant sur les habitudes d’information des citoyens.
Selon les chiffres qu’il a cités, 43 % des répondants indiquaient se tourner vers le site Web de L’Express pour savoir ce qui se passe dans leur ville, comparativement à 42 % pour le Vingt55. Pour M. Picard, cet écart d’un seul point de pourcentage soulève des questions lorsque mis en parallèle avec la différence beaucoup plus importante qu’il dit observer dans les sommes investies auprès des deux médias.
M. Picard, qui a indiqué avoir travaillé pendant une dizaine d’années comme directeur de publicité, n’a pas partagé cette interprétation et a maintenu ses interrogations sur la répartition des investissements municipaux.

Le directeur du Service des communications de la Ville, Dominic Villeneuve, est intervenu pour défendre la position du maire @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.
Le directeur du Service des communications de la Ville, Dominic Villeneuve, est ensuite intervenu pour défendre la position du maire et de la Ville sur la situation
M. Villeneuve a dans sa version précisé qu’une partie des sommes associées à L’Express comprenait la production de l’ancien magazine municipal. Selon les échanges tenus au conseil, environ 200 000 $ seraient associés à cette production.
Le directeur des communications a défendu que L’Express dispose de plusieurs véhicules publicitaire journal papier, magazine, site Web et application mobile. Selon lui, les conseillers en communication évaluent les différents supports disponibles pour déterminer le véhicule publicitaire permettant de rejoindre l’auditoire recherché.
Il a décrit cette approche comme un « mix marketing », les investissements étant répartis entre médias Web, imprimés, radio et plateformes numériques.
Le directeur des communications a également avancé un chiffre permettant, selon lui, de mieux mesurer la répartition récente des investissements. Pour l’année 2025, chaque dollar investi par la Ville dans une plateforme américaine aurait été accompagné de 6,50 $ investis dans les médias locaux, qu’il s’agisse de médias Web, imprimés ou radiophoniques.
Un élément important s’est ajouté à la discussion lorsque la conseillère municipale Cathy Bernier a demandé si les dépenses liées aux avis publics étaient comprises dans les montants analysés par M. Picard.
La réponse donnée lors de l’échange a été que ces dépenses seraient comptabilisées séparément. Ces dépenses supplémentaires viendraient donc s’ajouter aux montants déjà associés au média dans les chiffres discutés publiquement. La valeur totale de ces avis publics n’a toutefois pas été précisée pendant l’échange. Il n’est donc pas possible, sur la seule base des données présentées au conseil, d’établir le montant global versé à L’Express une fois ces dépenses ajoutées.
Le citoyen a également élargi son intervention aux dépenses globales du Service des communications.
Selon son analyse des documents obtenus, les dépenses liées aux activités de communication seraient demeurées relativement stables au cours des dernières années, autour de 450 000 $ annuellement, tandis que les dépenses en ressources humaines auraient connu une progression plus importante.
Le citoyen a notamment évoqué une augmentation de 14 % par rapport à 2024 et pouvant atteindre 26 % en 2026, tout en affirmant que les documents reçus faisaient état de six employés au Service des communications entre 2023 et 2025, avant l’ajout récent d’une personne.
Le maire Jean-François Houle n’a pas fourni d’explication détaillée sur-le-champ et a indiqué que la Ville vérifierait les données afin de revenir avec une réponse lors d’un suivi.
Rencontré par le Vingt55 après la séance, Jean-Pierre Picard a expliqué que sa démarche visait d’abord à vérifier la place réellement accordée aux médias locaux dans les dépenses publicitaires de la Ville.
« Ça fait longtemps qu’on se dit qu’il faut travailler localement. Travailler localement, ça veut aussi dire les médias locaux », a-t-il expliqué. Pour lui, le maintien de plusieurs sources d’information sur le territoire demeure essentiel : « Comme citoyen, je ne veux pas avoir juste une source d’information. Je veux avoir plusieurs sources d’information. »
Les sommes consacrées aux plateformes américaines font également partie de ses préoccupations, mais M. Picard insiste surtout sur la répartition des investissements entre les médias locaux. Il souhaite maintenant obtenir les données complémentaires, notamment celles concernant les avis publics comptabilisés séparément, afin d’établir un portrait plus complet des dépenses municipales.
Selon lui, ces données contrastent avec l’écart beaucoup plus important observé dans les sommes investies auprès des médias, soulevant ainsi des questions sur la répartition des placements publicitaires effectués par la Ville et son Service des communications.

Données compilées par M. Jean-Pierre Picard à la suite de demandes d’accès à l’information adressées à la Ville de Drummondville @Tous droits réservés








