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Centre Marcel-Dionne : 48 M$, sondage et sources au cœur d’une plainte, une transparence à ‘géométrie variable’

Centre Marcel-Dionne : 48 M$, sondage et sources au cœur d’une plainte, une transparence à ‘géométrie variable’
Centre Marcel-Dionne : 48 M$, sondage et sources au cœur d’une plainte, une transparence à géométrie variable ou deux poids, deux mesures @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.

DRUMMONDVILLE

Dans le dossier du Centre Marcel-Dionne, évalué à 48 millions de dollars, la question de la transparence s’impose. Alors qu’un article du Vingt55 est blâmé par la Ville de Drummondville et son directeur des communications, Dominic Villeneuve, pour l’absence d’identification de certaines sources, la Ville affirme ne pas être en mesure de nommer les commerçants qu’elle invoque pourtant pour justifier le projet.

Un article du Vingt55 est blâmé par la Ville de Drummondville et son directeur des communications, Dominic Villeneuve @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.

Au croisement d’un projet structurant pour le centre-ville et d’une décision du Conseil de presse du Québec, le dossier du Centre Marcel-Dionne met en lumière un enjeu central celui de l’application des règles de transparence dans l’espace public, médias et élus municipaux

La décision rendue dans la foulée d’une plainte déposée par Dominic Villeneuve, directeur du Service des communications, appuyée par M. Maxime Hébert-Tardif et M. Francis Adam, respectivement directeur général adjoint et directeur général de la Ville de Drummondville, à la suite d’un texte publié qui, selon l’avis de la Ville et du directeur des communications Dominic Villeneuve, est en lien avec le texte https://vingt55.ca/centre-marcel-dionne-un-projet-de-renovation-ambitieux-des-reserves-exprimees-par-le-milieu-des-affaires-et-marcel-dionne/, rappelle les exigences de rigueur journalistique, notamment en matière d’identification des sources.

Dans cette conclusion, le dossier met en lumière un enjeu central : celui de l’importance accordée à l’avis du directeur des communications, Dominic Villeneuve, ainsi que de la cohérence dans l’application des principes de transparence. Le tout s’inscrit dans un contexte où certains dénoncent une approche à géométrie variable, voire à deux poids, deux mesures.

Le projet municipal repose sur un investissement majeur de 48 millions de dollars, endossé par certains élus et appuyé sur des affirmations de la Ville, sans que des sources précises puissent être clairement identifiées pour en étayer la portée et les données avancées, tant par le maire que par la conseillère municipale du centre-ville.

À répétition, des citoyens ont interpellé le maire et la conseillère Catherine Lassonde afin d’obtenir des précisions sur les appuis invoqués pour justifier le projet, notamment l’affirmation selon laquelle « la majorité des commerçants » du centre-ville y serait favorable.

Toujours selon la Ville, les résultats de ce sondage montrent que 47 % des répondants estiment que le Centre Marcel-Dionne contribue à l’attractivité économique du secteur, de manière importante ou modérée, tandis que 33 % jugent que son impact est faible ou nul.

La Ville ajoute que ces données traduisent des perceptions variées au sein des commerçants du centre-ville et souligne que la décision du conseil municipal ne repose pas uniquement sur ces éléments, mais sur une analyse plus large intégrant plusieurs facteurs, dont les retombées économiques.

Malgré ces demandes répétées, aucune liste de ces commerçants n’a été rendue publique par la ville

Dans la foulée de la décision du Conseil de presse, le Vingt55 a formulé une demande formelle afin d’obtenir les noms des commerçants consultés, ainsi que les données ayant permis d’appuyer ces affirmations.

En réponse, transmise par le bureau du maire Jean-François Houle, et questionnée par le Vingt55, la Ville indique ne pas disposer d’une liste nominative des commerçants ayant exprimé un appui ou une opposition au projet.

La ville précise et affirme que les informations évoquées publiquement reposent notamment sur un sondage réalisé en 2025 auprès de commerces du centre-ville. Au total, 103 commerçants y ont répondu, sur une base volontaire et anonyme, ce qui ne permet pas d’identifier individuellement les participants, conformément aux pratiques en matière de collecte de données.

Cette réponse de la ville confirme toutefois qu’aucune identification individuelle des commerçants invoqués publiquement n’est possible.

Parallèlement, selon les informations obtenues par le Vingt55, plusieurs commerces évoqués dans les discussions entourant le projet ne seraient pas directement concernés par l’achalandage lié aux activités du Centre Marcel-Dionne, certains étant fermés en soirée ou n’opérant pas durant les heures de matchs, et n’auraient donc aucun lien avec les affirmations voulant que la majorité des commerçants du centre-ville soient satisfaits du projet de rénovation de 48 millions. Une question majeure et fondamentale dans la capacité sociale souhaitée par la Ville.

D’autres données obtenues par le Vingt55 viennent également nuancer la portée des données utilisées. En effet, toujours selon les informations recueillies par le Vingt55, certaines listes ayant servi à alimenter les analyses, notamment dans le cadre de l’étude associée à Grant Thornton, auraient été élaborées par Drummond économique, sans que l’ensemble des commerçants concernés ne soit directement sondé par la firme en question.

Dans ce contexte, un constat s’impose, malgré des demandes répétées du Vingt55, tout comme les interventions formulées en conseil municipal, ni la conseillère ni la Ville n’ont été en mesure de fournir une liste nominative des commerçants invoqués pour appuyer le projet.

Cette situation contraste avec les reproches formulés à l’endroit du média dans la plainte déposée au Conseil de presse, où l’absence d’identification de certaines sources a été retenue comme un manquement.

Le débat dépasse ainsi le cadre strict du journalisme pour toucher à un principe central de la vie publique, l’équité dans l’application des règles de transparence.

Si l’identification des sources est jugée essentielle pour assurer la crédibilité de l’information dans un article, la question demeure : doit-elle s’appliquer avec la même rigueur lorsque des institutions publiques avancent des données pour soutenir des décisions majeures et un investissement de 48 millions de dollars aux frais des contribuables ?

Ce décalage alimente une perception de transparence à géométrie variable, où les exigences ne semblent pas s’appliquer de la même manière à tous les acteurs.

Le Vingt55, par souci de transparence et de rigueur, rend publique la décision du Conseil de presse, mais au-delà de cette décision, une question persiste dans un enjeu aussi structurant pour le centre-ville de Drummondville, les règles de transparence peuvent-elles réellement s’appliquer à deux vitesses?

Dans un dossier d’une telle envergure, où des investissements publics de 48 millions de dollars sont en jeu, la question de la transparence demeure centrale.

Centre Marcel-Dionne, sondage et sources au cœur d’une plainte, une transparence à ‘géométrie variable’ @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.

Éric Beaupré
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