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Centre Marcel-Dionne : le maire et la conseillère Catherine Lassonde réitèrent leurs positions face aux interventions citoyennes

Centre Marcel-Dionne : le maire et la conseillère Catherine Lassonde réitèrent leurs positions face aux interventions citoyennes
le maire et la conseillère Catherine Lassonde réitèrent leurs position@ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.

DRUMMONDVILLE

Le projet de modernisation du centre Marcel-Dionne a de nouveau fait l’objet d’échanges soutenus lors de la séance du conseil municipal du lundi 16 mars, alors que plusieurs citoyens ont profité de la période de questions pour interpeller les élus sur les orientations retenues, les coûts du projet et le mode de consultation privilégié par la Ville.

Dans la continuité des discussions amorcées au cours des dernières semaines, les interventions ont permis de préciser certains éléments du dossier, tout en mettant en lumière des points de vue toujours partagés.

Lors de la séance du 16 mars, les élus ont adopté une modification au règlement d’emprunt no RV26-5839, lié aux travaux de modernisation du centre Marcel-Dionne. L’amendement vise à ajuster les modalités de financement du projet. Le règlement prévoit une dépense maximale de 48,3 millions de dollars, dont un emprunt pouvant atteindre 48 millions de dollars, remboursable sur une période de 20 ans.

Un vote demandé et adopté à la majorité
Le conseiller municipal Mario Sévigny a demandé la tenue du vote, les conseillers Marc-André Lemire, Catherine Lassonde, Carole Léger, Sarah Saint-Cyr Lanoie, Jean-Philippe Tessier, Julie Létourneau, Daniel Pelletier et Cathy Bernier ont voté en faveur de la résolution. Les conseillers Marie-Josée Lemaire, Caroline Allard et Mario Sévigny ont voté contre. La conseillère Isabelle Duchesne s’est abstenue de participer aux délibérations et au vote.

Catherine Lassonde précise les paramètres financiers
Au cours des échanges entourant le projet, la conseillère Catherine Lassonde a rappelé les éléments financiers ayant guidé, selon elle, l’analyse du conseil municipal.

Elle a indiqué que, d’après les données présentées, la modernisation du centre Marcel-Dionne s’inscrit dans les capacités financières actuelles de la Ville. Ces éléments ne font toutefois pas l’unanimité, tant chez certains citoyens que dans le milieu des affaires, où des questionnements continuent d’être exprimés dans l’espace public.

Questionné par le Vingt55 sur les différentes options envisagées, le maire a indiqué avoir eu des échanges informels avec certains gens d’affaires. Il a précisé que, bien que des intentions aient été évoquées, celles-ci demeurent à ce stade non confirmées et ne permettent pas d’établir un montage financier concret pour un projet alternatif.

Contrairement à ce qui est parfois avancé dans le débat public, aucune démarche structurée n’aurait été engagée auprès du milieu des affaires ou du gouvernement en vue de financer un projet de nouvelle construction, selon les informations présentées tant par le maire que par les élus en faveur du projet de rénovation du centre Marcel-Dionne.

La conseillère Catherine Lassonde affirme que différents scénarios ont été étudiés et comparés, notamment en ce qui concerne les coûts associés à une éventuelle nouvelle construction. Ces éléments ont été évoqués afin d’illustrer les écarts entre les options et les impacts potentiels pour les contribuables, justifiant, selon la conseillère, la décision d’aller de l’avant avec le projet.

Le centre-ville au cœur de la réflexion

Au-delà des considérations financières, les élus ont insisté sur l’importance de maintenir l’équipement au centre-ville. « Le centre-ville, c’est un ensemble. Ce sont les restaurants, les commerces, les lieux de divertissement. L’aréna en fait partie », a expliqué et réaffirmé Mme Lassonde.

Le maire, tout comme Catherine Lassonde, a également indiqué que le projet bénéficierait de l’appui d’une majorité de commerçants et de restaurateurs du centre-ville. Il a rappelé qu’une récente rencontre portant sur les projets de revitalisation du centre-ville s’est tenue au restaurant La Muse. Selon eux, la propriétaire de l’établissement, Julie Arel, aurait elle aussi exprimé son appui aux démarches de la Ville et aux orientations défendues par le conseil, notamment en ce qui concerne le projet de modernisation du centre Marcel-Dionne et, plus largement, le développement du centre-ville. (Le Vingt55 a tenté de confirmer cette information, mais au moment d’écrire ces lignes, il n’avait pas été en mesure de rejoindre Mme Arel) Affirmant qu’ils ont un son de cloche très différent de ce qui a été véhiculé sur les réseaux sociaux, notamment par les opposants au projet de rénovation, ils réaffirment également bénéficier de l’appui de nombreux commerçants et restaurateurs du centre-ville, lesquels appuient en grande partie le projet, tout en reconnaissant l’importance du centre Marcel-Dionne au centre-ville.

Le maire a évoqué une vision globale du développement, incluant la salle de spectacle, les projets immobiliers et le projet Fortissimo, estimant que l’achalandage généré par ces infrastructures contribue à la vitalité du secteur.

Interpellé sur les retombées économiques concrètes, il a reconnu que les perceptions varient, mais affirme s’appuyer sur des échanges avec des acteurs du milieu. « Les gens que je rencontre dans le secteur de la restauration et du développement souhaitent que ça demeure au centre-ville. Un milieu de vie, ça prend du divertissement, des bureaux, de l’activité », a-t-il soutenu.

Le maire a également évoqué le facteur environnemental parmi les éléments pris en compte, sans en faire le seul critère. « Maintenir un équipement existant au centre-ville limite les déplacements et évite d’étendre les infrastructures ailleurs », a-t-il mentionné.

Une intervention citoyenne sur la transparence et la consultation
La première intervention lors de la période de questions du conseil municipal est venue de France Letendre, citoyenne du quartier no 2, qui a remis en question la transparence du processus ainsi que la manière dont la population est consultée dans un dossier d’une telle ampleur.

« Je ne vois pas beaucoup de transparence, surtout dans le projet du centre Marcel-Dionne », a-t-elle déclaré en interpellant le maire Jean-François Houle. Elle a également cherché à comprendre la position du maire, affirmant ne pas avoir souvenir d’une prise de position claire durant la campagne électorale. « Moi, j’essaie de comprendre votre position dans ce dossier-là… Est-ce que c’est réellement votre position ou si vous avez simplement entériné la décision du conseil précédent? »

En réponse, le maire a indiqué avoir pris position en faveur de la modernisation du centre Marcel-Dionne durant la campagne électorale, rappelant que les différents candidats avaient alors présenté des visions distinctes.

Il a précisé que lui-même et M. David Bélanger avaient évoqué cette option, tandis que les trois autres candidats s’étaient prononcés en faveur d’une approche différente, notamment la construction d’un nouvel amphithéâtre.

Le bâtiment, construit au début des années 1960, nécessite selon lui des interventions importantes. « Il y a des réparations qui doivent être faites absolument », a-t-il mentionné, en évoquant notamment l’état des vestiaires et des installations.

Interrogé sur les mécanismes de consultation citoyenne, notamment l’absence de référendum dans ce dossier, le maire a été appelé à préciser de quelle façon la Ville entendait prendre le pouls de la population. En réponse, il a soutenu que différents mécanismes permettent déjà de capter les préoccupations des citoyens.

« Il y a plusieurs façons de consulter les citoyens. La période de questions, les échanges publics et les interventions entendues au conseil font partie des moyens que nous avons pour comprendre les préoccupations du milieu », a-t-il expliqué.

Le maire a ajouté que ces interventions ont d’ailleurs eu un impact concret sur certaines décisions, citant en exemple la révision de la période d’amortissement du projet. « On a entendu ce qui s’est dit, et on a ajusté des éléments en conséquence », a-t-il affirmé, tout en rappelant que le conseil municipal demeure imputable des décisions finales.

Malgré ces explications, la question des mécanismes de consultation continue de susciter des réactions, certains estimant que les moyens actuels demeurent insuffisants au regard de l’ampleur du projet et des enjeux financiers en cause. « À un moment donné, il faut aussi assumer nos responsabilités comme élus et aller de l’avant », a conclu le maire.

La citoyenne a ensuite remis en question la pertinence d’investir dans la modernisation d’une infrastructure existante, évoquant plutôt la possibilité d’un nouvel amphithéâtre.

« Il me semble qu’une nouvelle bâtisse avec des multiglaces serait plus appropriée que de rénover une vieille bâtisse… pour moi, ça ne fait pas de sens », a-t-elle soutenu. Elle a également évoqué la possibilité de contributions privées et de subventions gouvernementales dans un tel scénario.

Le maire a répondu que, selon les informations obtenues par la Ville, aucun programme ne permet de conclure qu’un nouvel amphithéâtre bénéficierait d’un meilleur financement public que le projet actuel. Elle a également cherché à comprendre la position du maire, en soulevant la question d’une continuité avec les décisions prises sous l’administration précédente.

« Moi, j’essaie de comprendre votre position dans ce dossier-là… Est-ce que c’est réellement votre position ou si vous avez simplement entériné la décision du conseil précédent et de Mme Lacoste? »

Par cette intervention, la citoyenne a directement questionné le maire à savoir s’il poursuivait une orientation déjà établie ou s’il portait lui-même le projet dans sa forme actuelle. En réponse, le maire Jean-François Houle a affirmé avoir lui-même pris position en faveur de la modernisation du centre Marcel-Dionne, rappelant que cette orientation avait été présentée durant la campagne électorale.

« J’ai effectivement parlé du projet du centre Marcel-Dionne durant ma campagne électorale. À ma connaissance, tous les candidats à la mairie avaient établi leur position sur cette question », a-t-il indiqué. Il a précisé que lui-même et M. David Bélanger appuyaient la modernisation, tandis que les autres candidats privilégiaient plutôt la construction d’un nouvel amphithéâtre.

Le maire a ainsi soutenu que sa position s’inscrivait dans une réflexion personnelle et assumée, tout en reconnaissant que le dossier a été étudié et débattu par plusieurs conseils municipaux au fil des années.

Le maire a rappelé que le dossier du centre Marcel-Dionne est à l’étude depuis 2012 et que plusieurs analyses ont été réalisées au fil des différents conseils municipaux.

Deux tentatives de financement auprès du gouvernement, en 2019 et en 2023, n’ont pas permis d’obtenir les aides financières espérées.

Selon les explications fournies, le contexte de forte concurrence entre les projets a été évoqué pour expliquer les refus des demandes déposées par la Ville. Il a toutefois été rappelé que le gouvernement du Québec n’a pas explicitement rejeté le projet en raison de sa nature, mais plutôt dans un contexte où les enveloppes disponibles ne permettaient pas de soutenir l’ensemble des initiatives soumises.

Dans la foulée de ces démarches, la Ville n’a pas relancé de nouvelle demande de financement cette année. Il a été indiqué que le contexte actuel ne permettrait pas d’espérer un appui significatif ou un financement additionnel dans l’immédiat, ce qui a contribué à orienter la décision du conseil municipal.

De son côté, le député de Drummond–Bois-Francs, Sébastien Schneeberger, avait déjà pris position sur la question, affirmant que l’absence de dépôt de projet limitait nécessairement les possibilités d’obtenir du financement.

« Le meilleur moyen de ne pas avoir de financement, c’est de ne pas déposer de demande », avait-il soutenu.

À la suite de ces démarches, le conseil municipal précédent a choisi de poursuivre le projet sans attendre un soutien gouvernemental. Le projet initial a été revu afin d’en réduire les coûts et de mieux s’adapter à la capacité financière de la Ville.

L’intervention de France Letendre et les réponses apportées ont donné lieu à un échange de plusieurs minutes, illustrant l’intérêt soutenu pour le dossier.

Au-delà de cet échange, la période de questions a permis de constater que le projet continue de susciter des interrogations chez certains citoyens, notamment en ce qui concerne la vision à long terme et le mode de consultation.

Le projet de modernisation du centre Marcel-Dionne poursuit son cheminement administratif.

Les étapes à venir permettront de préciser davantage les paramètres du projet, notamment en fonction des résultats des appels d’offres. Sur fond de contestation persistante, alors que plusieurs citoyens et certains élus continuent d’exprimer une vive opposition au projet de modernisation du centre Marcel-Dionne, le maire Jean-François Houle et la conseillère Catherine Lassonde ont de nouveau défendu les orientations retenues, en marge de la séance du conseil municipal du 16 mars.

Interpellé par les médias sur la décision de ramener la période d’amortissement de 40 à 20 ans, le maire a reconnu que l’approche initiale avait rapidement été réévaluée.

« On s’est rendu compte assez vite que 40 ans, c’était peut-être aller un peu fort. En règle générale, on est sur 20 ans. Il y a eu des exceptions, notamment pour l’usine de traitement des eaux, mais ce n’est pas la norme », a-t-il expliqué.

Au départ, les services financiers estimaient qu’un amortissement sur 40 ans pouvait être envisagé pour le projet. Toutefois, les réactions observées lors des dernières semaines ont amené la Ville à ajuster le tir.

« Il y a des citoyens qui se sont levés, des conseillers aussi. On a entendu ces préoccupations. On a demandé aux finances de revoir le montage sur 20 ans pour s’assurer que ça respectait toujours le cadre financier, et c’est le cas », a précisé M. Houle.

Selon lui, cette modification permettra également de réduire de façon importante les coûts d’intérêts à long terme. Initialement prévue au moment de l’octroi du contrat, la révision a été devancée afin de répondre plus rapidement aux inquiétudes exprimées.

« On s’est dit qu’il était préférable de le faire tout de suite, pour démontrer que les gens sont entendus sur cet aspect », a-t-il ajouté.

Des choix basés sur des estimations professionnelles

Questionnée sur les écarts de coûts entre la rénovation et la construction d’un nouvel amphithéâtre, la conseillère Catherine Lassonde a rappelé que selon elle et le conseil s’est appuyé sur des données professionnelles.

« On a mandaté un architecte, et son évaluation pour la modernisation est d’environ 48,6 millions de dollars. C’est sur cette base que le conseil a pris sa décision », a-t-elle indiqué.

À l’inverse, la construction d’un nouvel aréna entraînerait des coûts nettement plus élevés. « Il faudrait acquérir un terrain, le desservir, ajouter les infrastructures. Quand on additionne tout, on parle d’un projet autour de 110 millions de dollars, sinon plus », a soutenu le maire.

Il a également rappelé que ce type de projet ne pourrait être réalisé à court terme. « On parle d’un horizon de plusieurs années, et avec une augmentation moyenne des coûts de 5 % par année, la facture serait encore plus élevée au moment de la réalisation », a-t-il précisé.

Concernant l’absence de référendum, il a invoqué les contraintes de calendrier.

« On veut débuter les travaux cet été. Reporter d’un an entraînerait une hausse des coûts d’environ 5 %, en plus d’obliger des interventions temporaires qui devraient être reprises par la suite », a-t-il expliqué. Il a aussi été question de l’entrée en vigueur de nouvelles normes de construction. « Si on tarde, il pourrait y avoir des coûts supplémentaires de plusieurs millions. En avançant rapidement, on évite ces hausses », a-t-il ajouté.

Interrogé sur la possibilité de financer la construction d’un nouvel aréna avec l’appui du milieu des affaires, le maire s’est montré sceptique, évoquant peu de volonté concrète de la part de ce dernier à soutenir financièrement un tel projet.

« On entend des intentions, mais les dernières grandes campagnes de financement à Drummondville ont permis d’amasser autour de 12 millions de dollars. On est loin des montants nécessaires pour un projet de cette envergure », a-t-il souligné.

Le maire a indiqué qu’il juge peu opportun  »d’aller quêter » le milieu des affaires dans le contexte économique actuel pour financer un nouvel aréna. Il a rappelé que, lors de campagnes de financement majeures, notamment celle liée à l’UQTR, les contributions recueillies avaient déjà fortement mobilisé les ressources disponibles dans la communauté.

Selon lui, une telle démarche pourrait avoir pour effet de placer les entreprises dans une position délicate, tout en privant certains organismes communautaires d’un soutien financier essentiel. Il a également évoqué le risque de détourner des contributions qui pourraient être nécessaires pour d’autres projets jugés prioritaires.

« Aller chercher ou  »quêter » 50 millions de dollars aujourd’hui pourrait avoir des impacts ailleurs. On ne veut pas priver des organismes communautaires de revenus importants ni compromettre la capacité de financer d’autres projets à venir », a-t-il ajouté. « Chaque année de report entraîne une hausse d’environ 5 %, ce qui alourdit le projet et son montage financier », a-t-il ajouté.

« Oui, nous aurions pu le faire, mais nous avons décidé autrement », a-t-il affirmé en entrevue au Vingt55, évoquant la volonté de gagner du temps, de ne pas retarder le projet et d’éviter d’alourdir le plan financier. Le projet de modernisation du centre Marcel-Dionne poursuit ainsi son cheminement administratif, alors que les prochaines étapes permettront de préciser davantage ses paramètres, notamment à la suite des appels d’offres.

Éric Beaupré
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