Grève des employés de magasins et de bureaux de la SAQ-Deux des trois succursales de Drummondville touchées

Grève des employés de magasins et de bureaux de la SAQ-Deux des trois succursales de Drummondville touchées
Cette première journée de débrayage survient après deux séances de négociation qui se sont déroulées les 12 et 13 juillet. |© Photo Éric Beaupré.

Le syndicat des employés de magasins et de bureaux de la SAQ (SEMB) a annoncé aujourd’hui le déclenchement d’une grève d’une journée. Deux des trois succursales de Drummondville sont touchées par cette grève quotidienne.

En juin dernier, après 16 mois de négociation, les 5500 membres du SEMB-SAQ avaient voté à 91 % pour un mandat de six jours de grève.

Cette première journée de débrayage survient après deux séances de négociation qui se sont déroulées les 12 et 13 juillet.

On dirait que l’employeur ne nous prend pas au sérieux

« On dirait que l’employeur ne nous prend pas au sérieux, et ce, malgré le vote massif des membres en faveur de la grève. Il est encore en demande pour modifier les horaires et couper des heures. Aujourd’hui, notre message est on ne peut plus clair : nous n’accepterons aucun recul sur nos conditions de travail. Si la SAQ veut régler, qu’elle retire ses demandes sur nos planchers de postes et d’horaires », affirme Katia Lelièvre, présidente du SEMB-SAQ.

Les points en litige demeurent les mêmes depuis le début de la négociation. Pour les membres du syndicat, améliorer la conciliation travail-famille-études et diminuer la précarité d’emploi restent les grandes priorités alors que l’employeur, de son côté, souhaite qu’il y ait un maximum de salarié-es disponibles en tout temps, tout en diminuant le nombre d’heures.

« Ce n’est jamais de gaîté de cœur que les travailleuses et les travailleurs choisissent de faire la grève, ajoute Nathalie Arguin, présidente de la Fédération des employé-es de services publics (FEESP-CSN). Les demandes de la SAQ viendraient fragiliser davantage bon nombre d’emplois déjà précaires, et ça, ça ne passe tout simplement pas. Avec 70 % de ses salarié-es à temps partiel et une moyenne de douze ans pour obtenir un poste régulier, la SAQ n’a pas de quoi se vanter. »

Jacques Létourneau, président de la CSN, a tenu à saluer la détermination des membres. « Vous avez raison de mener cette lutte. Cette année, les résultats financiers de la SAQ ont augmenté de 2,6 % par rapport à l’année dernière. Il y a assurément une partie de ce succès qui vous revient, vous qui travaillez au quotidien auprès de la clientèle. Vous assurer une plus grande stabilité d’emploi devrait faire partie des priorités de l’organisation. »

Le comité de négociation du SEMB-SAQ espère que cette première journée de grève fera bouger les choses. Plusieurs séances de négociation sont prévues au cours des prochaines semaines, dont une aujourd’hui même.

Le consommateur est encore menotté

Ce débrayage relance une fois de plus le débat sur l’avenir de la société d’État.

Selon Patrick Déry, analyste en politiques publiques à l’IEDM, le consommateur se retrouve encore inutilement pénalisé par ce conflit de travail. « Il n’y a pas de logique à ce que le vin ou les spiritueux doivent transiter par une société d’État avant d’être vendus au consommateur », dit-il. « Même du point de vue du gouvernement, cela n’a aucun sens. Le gouvernement ne possède aucune station-service, et ça ne l’empêche pas de récolter des millions en taxes sur l’essence! »

« Une solution toute simple serait de laisser des petits commerçants importer et vendre du vin sans passer par le monopole de la SAQ. La même permission pourrait être accordée aux épiceries, dépanneurs et autres commerces qui désirent s’en prévaloir », poursuit M. Déry.

Un tel modèle engendrerait de la concurrence et permettrait d’offrir un plus grand choix au consommateur. « Dans un contexte de grève, on se rend compte très rapidement que cette absence de choix pour le consommateur est une aberration », note l’analyste.

En plus de limiter l’offre pour les consommateurs, le monopole de l’État sur l’importation et la vente de vin a aussi l’effet pervers de les rendre vulnérables, sans raison valable, aux aléas des négociations collectives. « Un employé qui entre à la SAQ gagne près de 20 $ l’heure. Bien des employés du secteur du détail rêveraient d’un tel salaire! »

Un sondage Léger commandé par l’IEDM en avril 2017 montre clairement que les Québécois sont prêts pour une libéralisation du marché de l’alcool. En effet, 71 % d’entre eux croient que des commerçants indépendants devraient pouvoir importer et vendre de l’alcool directement au consommateur, sans passer par la SAQ.

La SAQ est désolée des inconvénients causés par cette situation et annonce qu’une soixantaine de succursales réouvriront leurs portes grâce à son personnel-cadre pour desservir ses clients de la meilleure façon possible, dans les circonstances.

La liste des succursales ouvertes et les heures d’ouverture seront rapidement disponibles sur le site SAQ.com.

La SAQ tient à rappeler qu’une séance de négociations est prévue aujourd’hui et que des rencontres entre les deux parties sont prévues dans les prochains jours. Elle espère toujours en arriver à une entente négociée avec le syndicat.

La SAQ souhaite obtenir la flexibilité nécessaire pour bien servir ses clients, quand ils le souhaitent. Elle veut simplifier ses façons de faire et propose des solutions qui peuvent à la fois satisfaire son besoin de flexibilité tout en répondant aux priorités et aux demandes du syndicat, notamment en matière d’accès aux postes réguliers, de qualité des horaires et d’un plus grand nombre d’heures garanties pour les employés à temps partiel.

Eric Beaupré
Eric Beaupré
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