DRUMMONDVILLE
Le Centre collégial d’expertise en gérontologie (CCEG|CCTT) du Cégep de Drummondville obtient une subvention de 380 581 $ sur trois ans afin de mieux documenter et comprendre la réalité des personnes vieillissant en situation d’itinérance hors des grands centres urbains.
Itinérance chez les personnes vulnérables et vieillissantes à Drummondville @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.
Un enjeu qui résonne particulièrement à Drummondville, où la problématique de l’itinérance est devenue de plus en plus visible, la situation ne se cache plus derrière les boisés ou les bâtiments abandonnés. Elle est désormais bien présente au centre-ville de Drummondville, où hommes et femmes de tous âges doivent composer avec la précarité, le manque de logements abordables et l’insuffisance de certaines ressources.
L’itinérance ne se limite pas aux grands centres urbains. En région, les personnes vieillissant dans la précarité demeurent souvent invisibles, prises entre la stigmatisation liée à l’âge, le manque de logements accessibles et l’absence de services adaptés à leurs besoins.
Comme l’a constaté le Vingt55 au cours des dernières années, et plus particulièrement au cours des derniers jours, l’itinérance ne fait aucune distinction d’âge à Drummondville.
Cette réalité, bien présente sur le territoire, touche désormais des personnes de tous âges, y compris parmi les plus vulnérables, et témoigne de l’ampleur ainsi que de l’urgence des défis sociaux auxquels Drummondville est confrontée.
Des hommes et des femmes, parmi les plus vulnérables, se retrouvent à la rue faute de logement, de moyens financiers suffisants pour se loger, se nourrir adéquatement ou subvenir à leurs besoins de base. Drummondville n’échappe pas à cette réalité, visible notamment au centre-ville, où la précarité s’observe de plus en plus concrètement.
« Nous ne sommes pas dans la rue par choix. Bien sûr, les difficultés financières, les problèmes personnels, de dépendance ou de santé peuvent contribuer à notre situation, mais l’aide temporaire offerte est insuffisante pour nous permettre de nous en sortir durablement », explique une femme en situation d’itinérance et pâuvreté rencontrée par le Vingt55 au centre-ville de Drummondville en fin de semaine dernière.
« Bien que l’itinérance durant le vieillissement soit une réalité bien réelle, elle demeure largement sous-documentée dès qu’on s’éloigne des grands centres », explique Marie-Ève Bédard, directrice du Centre d’expertise en gérontologie du Cégep de Drummondville. « Avec ce projet, nous voulons changer la donne en mettant en lumière les parcours de ces personnes et en identifiant les meilleurs moyens de les soutenir. »
Un projet de recherche-action ancré dans le terrain
Le projet, intitulé Vieillir en situation d’itinérance hors des grands centres urbains : sortir de l’invisibilité pour mieux comprendre et outiller l’ensemble des personnes concernées, sera réalisé en étroite collaboration avec plusieurs organismes, dont La Piaule de Drummondville.
Il ne s’agira pas seulement d’une étude théorique, mais d’une véritable recherche-action conçue pour avoir un impact concret sur le terrain.
L’équipe ira à la rencontre des personnes concernées ainsi que des intervenants qui les côtoient au quotidien afin de mieux comprendre leurs réalités et leurs besoins. L’objectif est de transformer ces connaissances en outils pratiques pour soutenir les intervenants, outiller les personnes vieillissantes en situation d’itinérance et, ultimement, améliorer leur qualité de vie.
Une collaboration régionale et nationale
La force de ce projet repose sur son ancrage à la fois régional et national. Le CCEG a rallié un vaste réseau de partenaires et de chercheurs, incluant des organismes communautaires actifs dans quatre villes moyennes du Québec, des acteurs du réseau de la santé, dont le CIUSSS de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec, la Sûreté du Québec ainsi que divers réseaux spécialisés en itinérance.
Cette collaboration permettra d’adapter les solutions proposées aux besoins concrets des milieux.
« Ce projet est né d’une rencontre humaine entre la recherche et la réalité du terrain. En menant ce projet étroitement avec les organismes œuvrant en itinérance chaque jour ainsi qu’avec les personnes directement concernées par ces réalités, notre but est de transformer nos recherches en actions concrètes. Nous voulons offrir des pistes de solutions tangibles, pensées spécifiquement pour les défis uniques que vivent les différents acteurs dans nos villes de taille moyenne au Québec », mentionne Mélisa Audet, chercheuse principale au Centre d’expertise en gérontologie du Cégep de Drummondville.
À terme, ce travail permettra d’orienter les décisions publiques et de mieux soutenir les personnes vieillissantes en situation d’itinérance, afin que personne ne soit laissé pour compte, peu importe la taille de la municipalité où il habite.

Itinérance chez les personnes vulnérables et vieillissantes à Drummondville @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.

















