DRUMMONDVILLE
Réunie sous la bannière de la Coalition contre le logement cher (COLOC), cette mobilisation rassemble des organismes issus des milieux du logement, communautaire, syndical, féministe et étudiant. À quelques mois des prochaines élections générales, la coalition interpelle l’ensemble des partis politiques afin qu’ils prennent des engagements concrets pour freiner la crise du logement.
Selon les organisateurs, la situation continue de se détériorer depuis les élections de 2022. Ils soutiennent que le loyer moyen a augmenté d’environ 30 % au cours de cette période, accentuant la précarité de milliers de locataires. La coalition dénonce également la multiplication des hausses de loyer jugées abusives, des évictions et des reprises de logement, tout en affirmant que le développement de logements sociaux demeure insuffisant pour répondre à la demande.
Trois revendications prioritaires
La COLOC demande au gouvernement du Québec d’adopter trois mesures qu’elle juge essentielles afin de répondre durablement à la crise :
- instaurer un véritable contrôle des loyers;
- accélérer le développement de logements sociaux;
- reconnaître explicitement le droit au logement dans la Charte des droits et libertés de la personne du Québec.
À Montréal et à Québec, les manifestations se sont notamment dirigées vers des projets de logements sociaux ainsi que vers les bureaux du Tribunal administratif du logement, des lieux choisis pour illustrer, selon les organisateurs, les enjeux liés à l’abordabilité et à la protection des locataires.
« Chaque déménagement appauvrit davantage les locataires »
Le porte-parole du Regroupement des comités logement et associations de locataires du Québec (RCLALQ), Francis Dolan, estime que la crise actuelle ne pourra être résolue sans une réforme importante du marché locatif.
« Le 1er juillet, des dizaines de milliers de baux se signent à des prix exorbitants. Des milliers d’autres se retrouvent à la rue, faute de logements qu’ils sont capables de payer. Tant que le Québec n’imposera pas un contrôle obligatoire et universel des loyers, chaque déménagement, chaque hausse abusive de loyer restera une occasion d’appauvrir un peu plus les locataires », affirme-t-il.
Miser sur le logement social
Pour le Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU), le développement massif de logements sociaux demeure la principale solution à long terme.
Sa porte-parole, Véronique Laflamme, soutient que seuls les logements publics, les coopératives et les organismes sans but lucratif d’habitation permettent d’assurer une véritable accessibilité financière.
« Financer le logement social, ce n’est pas une dépense : c’est la mesure qui coûtera toujours moins cher que le mal-logement et l’itinérance », affirme-t-elle.
Le droit au logement réclamé
La Ligue des droits et libertés profite également de cette mobilisation pour réclamer que le droit au logement soit officiellement inscrit dans la Charte québécoise.
Sa coordonnatrice, Laurence Guénette, rappelle que le gouvernement a l’obligation de permettre à chaque personne d’accéder à un logement décent, accessible et abordable, tout en étant protégée contre les expulsions.
Des impacts sur plusieurs groupes
Les organismes membres de la coalition soulignent que la crise du logement touche particulièrement certains groupes de la population.
Pour L’R des centres de femmes du Québec, les femmes à faible revenu, les familles monoparentales et les victimes de violence conjugale figurent parmi les personnes les plus vulnérables en raison du manque de logements abordables.
Du côté de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), on estime que le coût du logement gruge désormais une part grandissante du revenu des travailleurs.
La Union étudiante du Québec (UEQ) affirme pour sa part que la hausse des loyers accentue l’insécurité alimentaire et l’itinérance étudiante, alors qu’une proportion importante d’étudiants bénéficiant de l’aide financière aux études éprouve déjà des difficultés à répondre à ses besoins essentiels.
Un appel lancé aux partis politiques
À l’approche de la campagne électorale, la Coalition contre le logement cher presse l’ensemble des formations politiques de faire de l’abordabilité du logement une priorité et de présenter des engagements clairs afin de répondre à une crise qui, selon elle, continue de s’aggraver partout au Québec.
Les organisateurs soutiennent que les mesures réclamées ne peuvent attendre le résultat des prochaines élections et estiment que des interventions structurantes sont nécessaires dès maintenant pour freiner la hausse des loyers et améliorer l’accès au logement abordable.






