DRUMMONDVILLE
Ces résultats, commandés en 2021 par la Ville de Drummondville mais restés confidentiels jusqu’à récemment, soulèvent de vives inquiétudes parmi les citoyens et les groupes environnementaux locaux estime le regroupement dans une lettre transmise aux médias.
Historique d’un rapport controversé
En 2021, l’ancien conseiller municipal Alain D’Auteuil avait financé, à même son budget discrétionnaire, une analyse des rejets du LET vers l’usine de traitement des eaux usées de Drummondville. Le rapport de Savaria Experts Conseils avait été déposé la même année, mais le Conseil municipal en avait restreint la diffusion en le déclarant « confidentiel ».
Ce secret a nourri la méfiance du Collectif CA-PRESSE et de plusieurs citoyens. En janvier 2023, le regretté Roger Pomerleau, membre actif du collectif, avait présenté une requête d’accès à l’information afin d’obtenir le rapport. Devant le refus de la Ville, il avait porté la cause devant la Commission d’accès à l’information.
Après son décès, en 2023, sa conjointe Ginette Laporte et le Centre Québécois du droit de l’environnement (CQDE) ont poursuivi la démarche. Le 15 avril 2025, la Commission a donné raison au demandeur, forçant la Ville à rendre publiques la majorité des conclusions du rapport. Toutefois, sept pages essentielles, dont les recommandations aux autorités municipales, ont été censurées.
Révélation médiatique et inquiétude citoyenne
Le 29 juillet 2025, le journaliste Thomas Deshaies de Radio-Canada a dévoilé que des experts indépendants consultés jugeaient les concentrations de PFAS dans les eaux du LET « très, très élevées » et « préoccupantes ».
Ces substances, surnommées « polluants éternels » en raison de leur persistance, ne font l’objet d’aucun traitement à l’usine de Drummondville, ce qui signifie qu’elles sont rejetées directement dans la rivière Saint-François et présentes dans les boues utilisées comme fertilisants agricoles.
Les citoyens dénoncent, mentionnent Pierre Isabelle dans le même document transmis aus médias, l’opacité entourant les recommandations du rapport Savaria et craignent que la Ville n’ait jamais pris de mesures pour limiter la contamination.
Des recommandations cachées… puis dévoilées estime le regroupement.
Le 30 juillet 2025, un nouveau reportage de Radio-Canada a fait état d’une fuite : le rapport complet a été obtenu par les médias.
Ses recommandations, désormais connues, incluaient notamment un suivi rigoureux des PFAS dans les rejets du LET et des mesures correctives pour réduire leur transfert vers l’environnement.
Deux dossiers et sujets également repris par le Vingt55, avec les confirmations et versions obtenues auprès de la direction de Waste Management et de la Ville de Drummondville
La Ville de Drummondville a confirmé n’avoir donné suite à aucune de ces quatre recommandations, soutenant que ce dossier relevait du gouvernement provincial. Elle n’aurait pas non plus exercé de pression auprès de Québec pour accélérer une intervention.
La diffusion du reportage sur Drummondville a été suivie d’un autre, consacré à Victoriaville, qui a adopté une approche proactive. La municipalité a mandaté l’École de technologie supérieure (ÉTS) pour un projet pilote visant à développer des procédés d’élimination des PFAS directement dans son usine de traitement.
Ce contraste souligne la différence entre deux stratégies municipales : la passivité de Drummondville et la pro-activité de Victoriaville estime le regroupement. Plusieurs citoyens interpellent désormais leurs élus afin que Drummondville emboîte le pas à sa voisine.
Une mobilisation qui interpelle les jeunes
Le dossier des PFAS mobilise particulièrement la relève citoyenne et les jeunes militants regroupés au sein du collectif CA-PRESSE, qui a repris les démarches de Roger Pomerleau. Leur persévérance devant la Commission d’accès à l’information illustre l’importance qu’accorde une nouvelle génération à la protection de l’eau, de l’agriculture locale et de la transparence démocratique.
« Ce sont les jeunes qui devront vivre avec les conséquences des polluants éternels. C’est pourquoi ils demandent des comptes et des actions concrètes », a souligné un porte-parole du collectif.







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