Le carnet culturel de JeanSeb – Entrevues avec Un gars, une fille pour la nouvelle saison de dix épisodes

Le carnet culturel de JeanSeb – Entrevues avec Un gars, une fille pour la nouvelle saison de dix épisodes
Guy A. Lepage et Sylvie Léonard @ Crédit photo Radio-Canada / Tous droits réservés.

MONTRÉAL

Au grand bonheur des adeptes du quotidien de Guy et Sylvie, le Gars et la Fille, dix nouveaux épisodes sont disponibles depuis le début janvier sur l’Extra de TOU.TV. Jean Sébastien Bouré chroniqueur culturel du Vingt55 a eu le privilège d’assister au visionnement de presse et de rencontrer des artisans de la série Un gars, une fille, qui compte toujours sur la plupart des membres de l’équipe de production originale pour produire de nouveaux épisodes.

Guy A. Lepage, Sylvie Léonard et les artisans de la série Un gars, une fille en compagnie du public@ Crédit photo Jean-Sébastien Bourré / Tous droits réservés. / Vingt55.

C’est devant près d’une centaine d’admirateurs que Guy A. Lepage et Sylvie Léonard ont donné le coup d’envoi à cette nouvelle saison, en décembre dernier, en compagnie de plusieurs comédiens de la série, de membres de l’équipe technique et d’auteurs, ainsi que de membres de la direction de Radio-Canada, dont M. André Béraud, directeur de la fiction et des longs métrages à la télévision de Radio-Canada. À la blague, tant M. Béraud que Guy A. Lepage ont expliqué au public présent dans la salle pour le visionnement de trois épisodes que « C’est de votre faute si on en fait une nouvelle saison, parce que vous avez aimé les quatre épisodes de l’an dernier. » Ces quatre épisodes étaient, comme l’a précisé Guy A. Lepage en entrevue, « un cadeau pour marquer les 25 ans de la création de la série originale », et il a été bien récompensé puisque, a-t-il affirmé, « c’est le projet pour lequel j’ai eu le plus de bonnes critiques dans toute ma carrière ».

Fait cocasse : nous avons appris, lors du visionnement de presse, que Martin Petit, qui interprète l’ancien coloc de Guy, en plus de faire partie de l’équipe d’auteurs, avait dit à Guy A. Lepage, avant le début de la série, en 1997, qu’il se planterait avec ce concept, ce qui a bien fait rire la foule présente lors de l’événement. Tous les deux rient par ailleurs beaucoup de cette anecdote, aujourd’hui, et Martin a de nouveau admis ses torts devant la foule, suscitant plus de rires.

À la fin du visionnement, les membres de l’équipe présents ont été invités à rejoindre Guy et Sylvie sur la scène et le grand travail du compositeur multi-instrumentiste Gaëtan Essiambre a été souligné. En effet, on doit à M. Essiambre l’univers musical d’Un gars, une fille, soit le générique principal et les courts segments musicaux qui ponctuent les transitions entre chacune des scènes de la série depuis les tout débuts. « La signature de la série ne serait pas la même si tu n’avais pas été là. Quand on regarde un épisode sans effets sonores, c’est moins bon sans la musique de Gaëtan », a souligné Guy A. Lepage. M. Essiambre semblait ému de cette attention et c’est, il faut l’admettre, amplement mérité. Quand on pense à la série, les différentes musiques ne sont jamais bien loin dans notre imaginaire, qu’il s’agisse de la musique d’ouverture ou de courtes chansons avec des paroles comme « Jalousie » ou « Tous des cochons »…

Une chimie extraordinaire

Ce qui frappe le plus, en regardant les nouveaux épisodes, c’est la chimie entre Guy et Sylvie : les interprètes semblent former un vrai couple, tant on les sent en symbiose. En les voyant ensemble, lors du visionnement, nous avons également constaté que cette chimie tout à fait extraordinaire est présente même dans la vie. Il existe par contre deux différences entre l’écran et la vraie vie : Guy et Sylvie ne forment pas réellement un couple et Sylvie ne déteste pas Geneviève dans la vie.

Geneviève Brouillette, l’interprète de Geneviève, ce personnage qui n’en finit plus d’attiser la jalousie de Sylvie, a tenu à préciser ceci, suscitant les rires des gens présents :

« Geneviève est super fine, by the way. Elle fait rien! Elle fait juste exister, elle fait juste respirer! »

Et Guy A. Lepage a confié aux gens présents que Geneviève lui avait déjà dit : « Moi, dans la vie, je suis une Sylvie, pas une Geneviève. »

Pour amorcer la nouvelle saison, Guy et Sylvie ont emménagé dans une tour à condos, et découvrent justement que Geneviève y réside aussi… Non seulement cela, elle est également la présidente du syndicat de copropriétés. Les scènes concernant ces séances de syndic sont très amusantes, de même que toutes les autres où Guy et Sylvie croisent Geneviève. Nous sommes servis, avec cette nouvelle saison, car on compte plusieurs de ces rencontres où Sylvie ne manque pas de laisser sa jalousie parler… Et on espère que Sylvie n’en reviendra jamais, de cette histoire entre Geneviève et Guy, car c’est plutôt payant du point de vue comique.

Un gars, une fille, une suite bien campée dans notre monde moderne

Au cours des dix épisodes, plusieurs thèmes inspirés de l’actualité et par l’âge des différents personnages sont abordés pour les faire évoluer. On les retrouve donc dans un monde que l’on connaît, avec un certain décalage pour Guy et Sylvie par rapport aux enjeux modernes, entourés de personnages appartenant aussi bien à l’extrême gauche qu’à l’extrême droite, issus de toutes les générations, encore plus que dans les premières années de diffusion d’Un gars, une fille. Ce petit décalage est un choix conscient, comme nous l’a expliqué Guy A. Lepage en entrevue. Autrement, « si les personnages étaient en accord à 100 % avec tous les enjeux de notre temps, on perdrait l’essence de la comédie et ce serait un documentaire sur des parents cool », a-t-il précisé.

Que les personnages proviennent de plusieurs générations et représentent différentes manières de penser, même si elles peuvent nous sembler percutantes, est, à notre avis, l’une des grandes forces de l’écriture de la présente saison : il y a toujours un personnage pour apporter un thème ou un argument qui convient à nos valeurs, à notre mentalité, voire nous faire réfléchir. Ainsi, impossible de ne pas s’identifier à l’un ou l’autre des personnages dans une scène donnée.

« C’est la vie », a expliqué Guy A. « Il n’y a personne qui a la raison absolue, puis qui a l’opinion absolue. Je pense qu’on retrouve de tout dans cette émission-là et ça me permet de traiter de tous les sujets, parce qu’il y a tout le temps quelqu’un qui va dire « il a raison » ou bien « une chance que Sylvie lui a répondu » ».

Ayant trait aux amoureux de leurs enfants, Guy et Sylvie ont tout ce qu’il faut pour perdre un peu plus patience : Mô (Camille Léonard), l’amoureux non binaire de Camille (Anyjeanne Savaria), est toujours présent et tape encore plus sur les nerfs de Guy, tandis que leur fils, Charles (Jean-Christophe Leblanc), fera la rencontre d’une jeune fille à la personnalité bien particulière, jouée par l’excellente Eléonore Loiselle, découverte dans L’Échappée. Malheureusement pour Guy, ce n’est pas avec celle-ci que Charles explorera sa sexualité…

En fin de saison, Guy, Sylvie, Camille, Mô et Élise (Élise Guilbault) se rendent au Cabaret Mado pour assister à un spectacle de Drag Queens. Une situation pour le moins inusitée impliquant Élise et une Drag Queen survient. Luc Provost, alias Mado, a participé à l’écriture des sketchs et il s’avère que tout ce que l’on voit au Cabaret Mado, dans cet épisode d’Un gars, une fille, est inspiré par des faits réels qui surviennent fréquemment au Cabaret. Voilà une bonne façon de conscientiser le public à certains enjeux liés aux communautés LGBTQ+. D’ailleurs, les divergences d’opinion vécues entre les plus vieux membres des communautés LGBTQ+ et les plus jeunes sont brièvement illustrées dans les scènes se déroulant au Cabaret Mado.

« C’est le fun de savoir que dans une scène, tout le monde a tort, ou tout le monde a raison, c’est juste ton point de vue; l’idée, c’est de trouver le gag », a expliqué Guy A. Lepage. « Un personnage peut, selon ton point de vue, faire une critique ou dire ce que tu penses. »

Souhaitons donc que l’actualité continue d’inspirer les créateurs afin de nous offrir d’autres saisons où nous pourrons continuer de suivre l’évolution de Guy et de Sylvie, mais aussi des personnages qui les entourent et que nous avons adoptés depuis longtemps. À ce propos, Guy et Sylvie n’auraient pas fait une nouvelle saison s’ils n’avaient pas eu d’idées.

« Si on n’avait pas eu d’idées, si on n’avait pas été capables d’imaginer plusieurs épisodes, même s’il y avait eu un engouement et que les gens aimaient ça, on ne l’aurait pas fait », a indiqué Sylvie. « On n’aurait pas dit « faut se forcer à trouver des idées ». Mais quand on tournait [les quatre épisodes diffusés l’année dernière], puis quand on avait fini [de les] écrire, on se disait : « Ah! Câline, on aurait dû penser à ça avant, puis à ça… »

Ils avaient donc tout ce qu’il fallait pour nous offrir une suite!

Quelques commentaires

Après le visionnement, à la sortie de la salle, le Vingt55 a recueilli des commentaires, qui se sont avérés unanimes, auprès du public ayant assisté au visionnement de trois épisodes : le travail réalisé par l’équipe est de grande qualité, drôle, original et dans l’ère du temps.

« Sylvie me fait beaucoup rire », a indiqué une dame. « On se ressemble un peu! »

« Je trouve ça beau de voir Guy et Sylvie encore ensemble après tant d’années, avec une si belle complicité », a précisé une autre dame.

« Je les découvre avec mes parents, c’est très drôle. Quand il y a des reprises à la télé, on les enregistre pour les regarder en famille », a expliqué un adolescent de quinze ans.

« C’était nous il y a une vingtaine d’années, et c’est encore un peu nous aujourd’hui », a commenté un homme âgé de la soixantaine présent sur place, comparant ainsi le couple qu’il forme avec sa femme depuis près de quarante ans à celui de Guy et Sylvie.

André Béraud, directeur de la fiction et des longs métrages à la télévision de Radio-Canada, a indiqué ceci, lors du visionnement de presse :

« On est extrêmement contents d’avoir cette deuxième saison de dix épisodes d’Un gars, une fille. »

Et M. Béraud a tout à fait raison. Un gars, une fille faisait partie de ces retours inespérés à la télévision québécoise.

Lors du visionnement, Guy et Sylvie se disaient nerveux et vulnérables. Ils ont hâte de voir la réaction du public à ces nouveaux épisodes. Nous aimerions les rassurer un peu, le retour d’Un gars, une fille fait beaucoup de bien à regarder : on rit, on se compare, on comprend que l’on vit dans le même monde que Guy et Sylvie et c’est tout simplement excellent. On en veut encore plus! Félicitations à toute l’équipe pour le travail accompli et merci à Guy et Sylvie d’être qui ils sont dans la série.

À voir sur l’Extra de TOU.TV, l’application de Radio-Canada, et bientôt sur Ici TÉLÉ.

 

Guy A. Lepage, Sylvie Léonard et les artisans de la série Un gars, une fille posent avec des admiratrices@ Crédit photo Jean-Sébastien Bourré / Tous droits réservés. / Vingt55.

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