DRUMMONDVILLE
Marina Bonnard a été condamnée aujourd’hui à 15 ans de prison au palais de justice de Drummondville. @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.
Le Vingt55 a assisté ce matin à la comparution qui s’est tenue au palais de justice de Drummondville, en présence de l’accusée Marina Bonard, de l’avocate en défense Me Véronique Robert-Blanchard et de la procureure de la Couronne Me Vicky Smith, devant l’honorable juge Steve Baribeau.
En juillet 2019, en pleine vague de chaleur, Jean Bonnard avait accepté d’héberger temporairement sa fille Marina à son domicile. L’accusée résidait alors chez son père depuis deux semaines.
La preuve a démontré, comme l’a rappelé la procureure de la Couronne Me Vicky Smith chargée du dossier, que le vendredi 19 juillet, un conflit éclate pour un motif imprécis. Marina Bonard se serait ainsi sentie menacée, pour une raison qui n’a pas été expliqué, et a poignardé son père à 26 reprises. Selon le pathologiste Yann Dazé, huit de ces plaies étaient potentiellement mortelles. Le décès a été attribué selon le rapport du coroner Yvon Garneau à un traumatisme thoraco-abdominal par arme blanche.
La procureure de la Couronne, Me Vicky Smith, a dans l’exposé des faits également rappelés et confirmé que, dans les jours qui ont suivi, l’accusée avait laissé de faux messages manuscrits signés au nom de la victime, demandant de ne pas être dérangé. Ces stratagèmes ont éveillé les soupçons du voisinage. Le 22 juillet 2019, des voisins ont contacté la police. Les agents de la Sûreté du Québec ont découvert le corps de la victime au sous-sol de la résidence.
Le plaidoyer
Après des années de débats, de contre-expertises et d’appels, le 29 août 2025, Marina Bonnard a admis sa culpabilité devant l’honorable juge Baribeau. « Je suis d’accord avec les faits. Je l’ai fait librement et volontairement », a déclaré l’accusée, debout au banc des accusés, entre deux agents correctionnels.
La procureure de la Couronne, Me Vicky Smith, a rappelé que l’accusée avait été jugée apte à subir un nouveau procès, s’il avait eu lieu, malgré un diagnostic tardif de trouble du spectre de l’autisme. Elle a souligné que ce plaidoyer de culpabilité mettait fin à toute possibilité de plaider la non-responsabilité criminelle.
De son côté, l’avocate de la défense, Me Véronique Robert-Blanchard, a insisté sur le fait que sa cliente avait volontairement choisi de ne pas invoquer cette défense, préférant reconnaître les faits.
L’avocate de la défense, Me Véronique Robert-Blanchard, et la procureure de la Couronne, Me Vicky Smith @ Crédit photo : Éric Beaupré / Vingt55. Tous droits réservés
Durant l’audience, comme en a été témoin le Vingt55, la procureure de la Couronne a rappelé les souffrances de la famille et le décalage entre l’image négative que l’accusée avait parfois projetée de son père et la réalité, celle d’un homme bon, généreux et présent.
La procureure de la Couronne Me Vicky Smith a souligné la résilience de la famille présente au palais de justice de Drummondville. « Jean serait content de savoir qu’elle a été prise en charge, qu’elle a eu des évaluations, et qu’il y a des gens qui s’occupent d’elle. Qu’elle est logée et nourrie, et que certains pensent encore à elle, même sans accepter le geste qui a été commis. Elles ont une grande résilience. C’est ce que Jean aurait aimé savoir », a-t-il été dit devant le tribunal.
L’avocate en défense, Me Robert-Blanchard, a rappelé pour sa part l’un des documents les plus importants du dossier, un rapport de 148 pages, qui mettait en lumière que, lors des événements, l’accusée n’avait possiblement pas la capacité de former l’intention spécifique de tuer. C’est ce qui a mené à la requalification de l’accusation pour homicide involontaire coupable.
Elle a ajouté que Mme Bonnard possède une personnalité qui a pu l’amener à mal interpréter certains gestes et paroles de son père au moment des faits, ce qui explique la gravité subjective des gestes.
L’honorable juge Baribeau a d’ailleurs tenu à rappeler, en rendant la sentence et devant les membres de la famille présents, que les faits démontraient clairement qu’une seule personne était responsable et coupable de ce crime odieux, un geste qui n’a pas sa place dans la société, Mme Marina Bonard. « L’accusée, Mme Marina Bonard, est l’unique responsable. Vous avez causé la mort de M. Jean Bonard. Voici la seule conclusion possible devant les preuves et les rapports déposés devant le tribunal », a souligné le juge Baribeau, s’adressant à l’accusée, debout au banc des accusés.
L’honorable juge Steve Baribeau a, dans son intervention, avant d’entériner la suggestion commune, rappelé le grand travail et la rigueur de la procureure de la Couronne dans ce dossier, tout comme le travail de l’avocate en défense. Le juge a précisé aux membres de la famille « Nous ne pouvons pas nous mettre dans vos souliers. Cependant, je vous offre mes sympathies et je vous souhaite de continuer à avancer. »
D’un commun accord, la Couronne et la défense ont proposé une peine de 15 ans de détention. Compte tenu du temps déjà purgé depuis son arrestation le 22 juillet 2019, soit 6 ans et 56 jours, il reste à Marina Bonard 5 ans et 281 jours à purger. À cela s’ajoutent les conditions suivantes : fournir un échantillon d’ADN , interdiction à perpétuité de posséder des armes à feu.
Le juge Baribeau a entériné l’entente et confirmé le verdict de culpabilité pour homicide involontaire coupable, une accusation réduite par rapport au meurtre au deuxième degré initialement déposé. » Deux avocates ont défendu de façon tout à fait raisonnable, a conclu le juge, en ajoutant les ordonnances obligatoires, interdiction à perpétuité de posséder des armes à feu, fourniture d’un échantillon d’ADN sans délai. En plus, confiscation et destruction de tous les biens saisis lors de la commission du meurtre.
En s’adressant à l’accusée, il a rappelé : « Ce n’est pas terminé, il y aura un long chemin. Vous avez commis un geste grave, mais la société vous donne l’opportunité de recevoir de l’aide. À Joliette, vous devrez accepter cette aide et vous réhabiliter. »
Marina Bonard purgera le reste de sa peine au centre de détention pour de Joliette, où elle recevra l’aide et les soins nécessaires pour se réorienter, se réinsérer et poursuivre sa réhabilitation.

Marina Bonnard a pris le chemin du centre de détention fédéral, escortée d’agents correctionnel après sa condamnation aujourd’hui au palais de justice de Drummondville @ Crédit photo : Éric Beaupré / Vingt55. Tous droits réservés.





















et ensuite sur