DRUMMONDVILLE
Reprise de l’enquête publique du coroner sur les décès en chantier @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.
Comme le rappelait le Vingt55 à l’ouverture des audiences, celles-ci s’inscrivent dans une démarche visant à faire la lumière sur les circonstances entourant ces drames, à analyser les pratiques de sécurité actuellement en vigueur et à formuler, au besoin, des recommandations afin de mieux protéger les travailleurs.
Plusieurs dossiers à l’étude
Les 27 et 28 avril seront consacrés à la conclusion du volet factuel concernant le décès de M. Vito Fundaro, survenu en juin 2024 à Montréal. Les travaux se poursuivront ensuite, du 29 avril au 1er mai, puis les 11 et 12 mai, avec l’examen du décès de M. Médrik Lincourt, survenu en août 2025 à Terrebonne.
Une présentation spécifique des acteurs de l’industrie de la signalisation est prévue le 13 mai. Par la suite, les audiences aborderont les dossiers de M. Maxime Forget (août 2024 à Brownsburg-Chatham) et de M. Mario Ross, décédé le 4 avril 2025 à Drummondville. La conclusion de ce dernier volet est attendue à l’automne 2026, avant le dépôt éventuel de recommandations.
L’enquête, ordonnée en septembre 2025 par le coroner en chef Me Reno Bernier, est présidée par la coroner Me Andrée Kronström, assistée de Me Émilie Fay-Carlos et de l’assesseur François Simard, spécialiste en santé et sécurité du travail.
Un drame marquant à Drummondville
Comme l’a rapporté le Vingt55, le décès de Mario Ross, 63 ans, signaleur routier, a profondément marqué la communauté. L’homme a perdu la vie après avoir été écrasé par la remorque d’un poids lourd sur la rue Robert-Bernard.
Sur place, le coroner Yvon Garneau avait rapidement pris en charge le dossier, confirmant l’identité de la victime et déclenchant une enquête conjointe avec la Sûreté du Québec, en collaboration avec la CNESST.
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Sécurité des travailleurs au cœur des préoccupations
Cette enquête publique vise à analyser en profondeur les causes et circonstances des décès recensés, mais également à dégager une réflexion plus large sur les pratiques de sécurité dans l’industrie de la construction, particulièrement en zone routière.
Les recommandations qui pourraient en découler pourraient toucher les méthodes de travail, la signalisation, l’aménagement des chantiers ou encore l’intégration de nouvelles technologies pour réduire les risques.
« Nous accueillons favorablement l’annonce du Bureau du coroner. Il faut faire la lumière sur ce qui entoure ces décès et ainsi trouver des solutions pour en éviter d’autres. Rappelons que c’est dans l’industrie de la construction que l’on retrouve le plus de décès au travail. C’est important d’aller au fond des choses pour ne pas répéter les mêmes erreurs », souligne Félix Ferland, vice-président de la Confédération des syndicats nationaux.
Un contexte de préoccupations récurrentes
Dans la région comme ailleurs au Québec, les organisations syndicales réclament depuis plusieurs années un resserrement des mesures de sécurité pour les travailleurs œuvrant en bordure des routes.
Le décès de Pascal Cauchon, survenu sur l’autoroute 20 à Saint-Cyrille-de-Wendover, avait déjà mis en lumière d’importantes lacunes. Ce superviseur de 39 ans avait été happé par un train routier alors qu’il travaillait sur un chantier, un événement qui avait conduit à des recommandations importantes en matière de sécurité.
Toutefois, ce dossier ne fait pas partie de l’enquête publique actuellement menée par le Bureau du coroner du Québec, au grand désarroi de la famille qui, en entrevue au Vingt55, avait souhaité que le coroner se penche également sur le décès du travailleur de chantier. Ce décès avait mis en lumière d’importantes lacunes, comme le rapportait le coroner Garenau, tel que l’avait déjà diffusé le Vingt55.
Le rapport du coroner Yvon Garneau, d’une quinzaine de pages, mettait néanmoins en évidence plusieurs éléments préoccupants et insistait sur la nécessité d’apporter des changements significatifs aux protocoles de sécurité en zone de chantier routier, notamment afin de mieux protéger les signaleurs et travailleurs exposés à la circulation lourde.
Ces constats s’inscrivent dans un contexte plus large où les enjeux de sécurité sur les chantiers demeurent au cœur des préoccupations, particulièrement à la lumière des décès récents, dont celui survenu à Drummondville, qui sera analysé dans le cadre de l’enquête publique en cours.
Une journée de commémoration
Souligné le 28 avril de chaque année, le Jour de deuil est un moment de recueillement et de commémoration internationale dédié à la mémoire des personnes qui ont perdu la vie, ont été blessées, sont devenues malades ou ont vécu une tragédie en milieu de travail.
Cette journée rappelle également que la prévention demeure une responsabilité collective et que chacun a un rôle essentiel à jouer pour faire des milieux de travail des environnements plus sains et sécuritaires.

Reprise de l’enquête publique du coroner sur les décès en chantier @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.

















