[jpshare]

Nouvel hôpital régional de Drummondville : une victoire collective, le milieu souligne le travail accompli et se tourne résolument vers la réalisation du projet

Nouvel hôpital régional de Drummondville : une victoire collective, le milieu souligne le travail accompli et se tourne résolument vers la réalisation du projet
L’inscription au PQI du nouvel hôpital régional de Drummondville accélère désormais le passage vers la concrétisation du projet @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.

DRUMMONDVILLE

Après des années d’attente, de pressions et de mobilisation, le projet de nouvel hôpital régional de Drummondville est officiellement inscrit au Plan québécois des infrastructures (PQI). Si l’annonce gouvernementale marque une avancée majeure, les intervenants du milieu rencontrés par le Vingt55 sont unanimes, il s’agit d’un point de départ, fruit d’un travail collectif sans précédent, mais qui exigera encore rigueur, vigilance et engagement au cours des prochaines années.

Dans la foulée, le Vingt55 est allé à la rencontre de nombreux intervenants, médecins, gestionnaires, élus municipaux et membres de la coalition, qui ont contribué à faire avancer le dossier, tandis que d’autres ont œuvré plus discrètement en coulisses. Tous dressent le même constat : l’inscription au PQI représente à la fois l’aboutissement d’un effort collectif et le point de départ d’un chantier de longue haleine.

Les témoignages recueillis par le Vingt55 permettent ainsi de mieux saisir l’ampleur du travail collectif derrière cette avancée, mais aussi les attentes qui persistent pour la suite du projet.

Pour la Dre Catherine Tétrault, médecin de famille @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.

Pour la Dre Catherine Tétrault, médecin de famille, l’annonce représente un moment profondément marquant.

« C’est la lumière au bout du tunnel. On sait qu’on va être capables d’offrir des soins de qualité à long terme dans notre région. » Elle souligne la mobilisation exceptionnelle du milieu. « Les gens ont travaillé au-delà de leurs priorités individuelles. Ils ont mis leurs énergies ensemble pour un projet commun. » Émue, elle rappelle toutefois que le travail ne fait que commencer. « On est inscrit au marathon. Maintenant, il faut courir. »

Simon Coiteux, directeur médical du GMF-U Drummond et Renée Proulx, directrice administrative de l’enseignement universitaire, de la recherche et de l’innovation,@ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.

Simon Coiteux, directeur médical du GMF-U Drummond et responsable du développement du site délocalisé de formation médicale, y voit une confirmation d’une vision à long terme.

« C’est une excellente nouvelle pour les équipes, les patients, mais aussi pour l’enseignement médical. On voit loin. » Il souligne en entrevue au Vingt55 une croissance déjà tangible. « Depuis 2025, on a connu une augmentation de plus de 110 % de l’externat. »

Renée Proulx, directrice administrative de l’enseignement universitaire, de la recherche et de l’innovation, abonde dans le même sens. « On va pouvoir structurer davantage l’enseignement, intégrer la recherche et l’innovation. C’est un pôle d’attraction. »

Le député Sébastien Schneeberger et le député André Lamontagne @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.

Le député Sébastien Schneeberger reconnaît que les dernières étapes ont nécessité des efforts importants.

« Avec l’arrivée de Santé Québec, ce n’était pas une priorité. Il a fallu faire des représentations », explique-t-il, évoquant un mémoire attendu depuis plusieurs mois. « On ne pouvait pas le faire à leur place. Il fallait qu’il passe au Conseil des ministres. On a été très insistants. Il fallait que ça avance », ajoute le député.

Le député n’a d’ailleurs pas manqué de souligner le travail mené de concert avec le député de Johnson, André Lamontagne, qu’il qualifie de « frère d’armes » dans ce dossier. Ensemble, ils ont contribué à faire avancer le projet à plusieurs moments clés, malgré certaines critiques et périodes d’incertitude.

Sébastien Schneeberger a par ailleurs insisté sur le rôle central joué par André Lamontagne, qu’il décrit comme un véritable partenaire dans ce dossier. « On a travaillé d’égal à égal depuis le début, autant pour lancer le projet que pour le défendre auprès des différentes instances », a-t-il souligné.

Le député n’a pas manqué non plus de souligner le travail réalisé au sein de son propre bureau.

« Ce dossier-là, je l’ai porté avec mon équipe. Il y a plusieurs personnes qui ont été impliquées depuis le début », a-t-il indiqué, mentionnant notamment Samuel Bruneau, qui a contribué activement dès les premières étapes du dossier et en a assuré le suivi à titre de directeur de cabinet.

Selon lui, cette mobilisation concertée, politique, administrative, médicale et municipale, a permis de structurer un projet solide et de le mener jusqu’à son inscription au Plan québécois des infrastructures.

« On a toujours continué à travailler, notamment au niveau des représentations auprès du premier ministre François Legault, qui a appuyé et respecté l’engagement pris en 2022 », conclut-il.

La Coalition pour un hôpital régional à Drummondville @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.

Questionnés par le Vingt55 au terme de l’annonce, plusieurs membres de la Coalition pour un hôpital régional à Drummondville ont tenu à rappeler le rôle de la mobilisation du milieu dans l’avancement du dossier.

Instigatrice de la démarche, l’ex-mairesse Stéphanie Lacoste insiste sur la portée collective de cette annonce. « Ce matin, ce qu’on constate, c’est que la force du nombre a réellement fait la différence. On est partis de nulle part, on n’était pas sur les radars, et aujourd’hui, on est inscrits au PQI », souligne-t-elle en entrevue.

Selon elle, le succès du projet repose sur une mobilisation rarement vue dans la région. « Le monde des affaires, le milieu institutionnel, le réseau de la santé, les citoyens et les élus ont travaillé ensemble. Les gens ont mis leurs egos de côté pour faire avancer un projet commun pour la communauté. »

Elle rappelle que cette mobilisation s’est construite sur plusieurs années, souvent dans l’ombre. « Il y a beaucoup de travail qui ne se voit pas. Parfois, ça peut créer des incompréhensions, mais ces démarches-là sont essentielles pour faire progresser un dossier comme celui-là. »

L’actuel président de la coalition, Robert Pelletier, abonde dans le même sens et insiste sur le rôle joué par le regroupement.

« La coalition a été la voix de la population. Elle a permis de garder le projet dans l’actualité, de faire valoir les besoins et les difficultés vécues sur le terrain », explique-t-il.

Selon lui, cette pression citoyenne était indispensable. « Ce rôle-là, ni le politique ni les établissements ne pouvaient le jouer de la même manière. Il fallait une mobilisation du milieu pour franchir les étapes. »

S’il se réjouit de l’annonce, il rappelle que le travail est loin d’être terminé. « On est sur la ligne de départ. Il reste encore plusieurs années, et on va être là pour suivre le dossier et s’assurer qu’il se réalise jusqu’au bout. » Robert Pelletier insiste également sur l’impact immédiat de l’annonce pour les équipes du réseau.

« Le message est important. Ça donne de l’espoir aux équipes soignantes, qui voient la possibilité de travailler un jour dans des installations à la hauteur de leur expertise. »

De son côté, David Bélanger, qui a également occupé la présidence de la coalition, met en lumière le travail soutenu effectué en coulisses. « Il y a eu énormément de suivis, de représentations et de discussions pour maintenir le dossier actif. Ce travail-là est moins visible, mais il a été déterminant », affirme-t-il.

Même constat pour Dominic Boisclair, impliqué dans les démarches en arrière-plan du dossier. « Beaucoup d’efforts ont été faits dans l’ombre, que ce soit au niveau des analyses, des échanges ou des suivis. C’est ce qui permet, à un moment donné, de faire débloquer les choses », souligne-t-il.

Malgré l’enthousiasme généré par l’annonce, tous les intervenants rencontrés insistent sur la nécessité de poursuivre la mobilisation. « Aujourd’hui, on prend le temps de reconnaître le travail accompli. Mais dès demain, on se remet au travail pour la suite », résume Stéphanie Lacoste.

Le nouveau maire de Drummondville Jean-François Houle @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.

Pour le nouveau maire de Drummondville Jean-François Houle, « une excellente nouvelle, mais il faudra rester vigilants »

Le maire de Drummondville, Jean-François Houle, accueille l’inscription du projet de nouvel hôpital au PQI comme une avancée majeure, tout en insistant sur l’importance de maintenir la pression pour la suite. « C’est une excellente nouvelle pour les citoyens, aussi pour l’attractivité de Drummondville. a-t-il précisé en entrevue au Vingt55. mais Un hôpital, c’est un élément central pour le développement d’une communauté, autant sur le plan économique que social », souligne-t-il.

Le maire a tenu à saluer le travail collectif ayant permis d’en arriver là. « Il faut reconnaître le travail des députés, Sébastien Scneberger et André Lamontange, du CIUSSS, de la coalition, du corps médical, ainsi que celui de mon prédécesseur, Stéphanie Lacoste, qui a amorcé cette mobilisation. »

Mais il lance également un message clair pour la suite. « L’inscription au PQI, c’est une étape importante, mais ce n’est pas une garantie. Il y a des projets qui stagnent pendant des années. Il faut s’assurer que celui-ci avance. »

Parmi les enjeux à venir, il identifie notamment le choix du site du futur hôpital. « La Ville devra contribuer en identifiant rapidement un terrain qui pourra être accepté par la Société québécoise des infrastructures. Des analyses ont déjà été faites, et des discussions sont en cours. »

Pour le maire, l’annonce marque avant tout un point de départ. « Aujourd’hui, on peut se réjouir, mais dès maintenant, il faut se mettre au travail pour la suite. »

Martine Perreault, présidente de Mapé, en stratégie et affaires publiques @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.

Questionnée par le Vingt55 sur le travail de fond mené en coulisses, Martine Perreault, présidente de Mapé, en stratégie et affaires publiques, a accepté de commenter une partie des démarches réalisées en arrière-plan.

En effet, derrière l’annonce d’aujourd’hui, plusieurs contributions se sont faites dans l’ombre au fil d’un long parcours collectif qu’elle compare à « une véritable course à relais ».

« On part à différentes étapes, ce sont différentes personnes qui courent avec le témoin dans les mains. Au final, ce n’est pas tout le groupe qui arrive, mais il faut se rappeler que derrière, plusieurs ont travaillé fort pour faire avancer le projet », explique-t-elle.

Impliquée activement dans le dossier de septembre 2023 à décembre 2025, elle décrit sans détour une période exigeante. « Ça a été deux ans de hauts et de bas. Ça a été difficile par moments, mais aussi très enrichissant. Aujourd’hui, on est très satisfaits du dénouement », confie-t-elle.

À son arrivée, le projet se trouvait dans une phase charnière, où il fallait à la fois relancer la mobilisation et recréer un véritable consensus. « En effet, il a fallu défricher le terrain, rassembler les communautés d’affaires, municipales et plusieurs acteurs influents. Ce travail de concertation a été déterminant », précise-t-elle.

Elle rappelle également que la mise en place, au début de 2024, d’un organisme distinct regroupant des représentants des milieux médical, communautaire et économique, ainsi que des MRC avoisinantes, a permis de structurer les efforts et de donner une voix commune au projet.

Pour elle, la différence s’est faite dans la façon de travailler. « C’est une question de transparence, de respect et de confiance. En partageant l’information, on a pu intervenir aux bons moments », affirme-t-elle, évoquant une collaboration soutenue entre les différentes parties prenantes.

Interrogée sur les contributions moins visibles, elle insiste sur l’importance de reconnaître ceux qui ont travaillé dans l’ombre. « Je pense notamment à Samuel Bruno, à Jérémy Comtois, ainsi qu’à Isabelle Chabotus, qui a joué un rôle de premier plan. Du côté des cabinets à Québec, Thomas Pilonaille a aussi travaillé de façon très professionnelle », mentionne-t-elle.

Elle tient également à souligner l’implication du milieu médical, notamment la Dre Catherine Tétrault, Nancy Durand, Caroline Moreau et Simon Coiteux. « Ce sont des gens qui ont vraiment mis la main à la pâte. Leur contribution a été essentielle », conclut-elle.

Dans l’ombre, plusieurs politiciens ont également été présents, dont l’ancien conseiller municipal Yves Grondin, qui a travaillé comme pilier et conseiller municipal au fil des années à l’avancement du projet.

Natalie Petitclerc , PDG du CIUSSS de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec et Jacinthe Cloutier, PDG adjointe@ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.

Du côté du CIUSSS MCQ, l’annonce confirme une mobilisation déjà en cours.

« C’est une étape particulièrement importante », affirme Natalie Petitclerc , PDG du CIUSSS de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec. en entrevue au Vingt55. « Nos équipes sont prêtes. » assure-t-elle avec confiance. Jacinthe Cloutier souligne la solidité du projet. « On a fait nos devoirs. Le projet est d’envergure, avec un hôpital deux fois et demie plus grand. »

Les équipes entament maintenant le dossier d’opportunité. Malgré les installations vieillissantes, la mobilisation demeure forte. « Les équipes offrent des performances comparables à plusieurs centres. »

À la lumière des informations obtenues, le Vingt55 est en mesure de constater que le projet de nouvel hôpital s’impose comme un véritable levier pour l’avenir de Drummondville, tant sur le plan social qu’économique.

Au-delà de l’infrastructure, l’ensemble des intervenants rencontrés s’entendent : ses retombées seront majeures. Le projet permettra notamment d’attirer et de retenir des professionnels, particulièrement dans le domaine de la santé, tout en renforçant l’attractivité de la région.

Dans un contexte de croissance soutenue, la mise en place d’un centre hospitalier moderne apparaît comme un élément structurant, appelé à jouer un rôle clé dans le développement économique du territoire à long terme.

Des sites comme celui de la Célanese demeurent privilégiés, selon les informations obtenues par le Vingt55 @ Crédit photo : Éric Beaupré / Vingt55. Tous droits réservés.

En effet, comme le Vingt55 l’annonçait en octobre 2023, plusieurs sites ont été à l’étude, notamment un terrain situé sur le boulevard Patrick et un autre dans le secteur du vaste site de la Célanese, à l’intersection de la rue Célanese et de la rue Saint-Jean.

Ce dernier emplacement serait d’ailleurs celui qui retient actuellement l’attention pour la construction du nouvel hôpital et ferait l’objet de discussions avancées entre les différents acteurs impliqués depuis plusieurs mois.

Ces éléments s’inscrivent dans une démarche plus large d’analyse territoriale, alors qu’au total, près d’une dizaine de sites auraient été évalués afin de répondre aux critères d’accessibilité, de superficie et de développement à long terme.

Par ailleurs, le futur hôpital de Drummondville, dont la superficie est estimée à environ 127 500 m², se positionne déjà parmi les projets hospitaliers majeurs actuellement en développement au Québec. À titre comparatif, l’Hôpital Vaudreuil-Soulanges affiche une superficie d’environ 108 000 m², les agrandissements récents du CHUS, Fleurimont à Sherbrooke dépassent les 100 000 m² en ajouts cumulés, tandis que le projet d’agrandissement de l’Hôpital de Lévis avoisine les 120 000 m² en incluant ses différentes phases.

Avec ses 127 500 m², le projet de Drummondville se distingue donc par une superficie supérieure à plusieurs développements récents, confirmant son rôle stratégique pour desservir l’ensemble du Centre-du-Québec.

À ce stade-ci, ni le CIUSSS de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec ni la Ville de Drummondville ne confirment officiellement l’emplacement retenu. L’inscription du projet au PQI vient toutefois relancer concrètement le dossier et permet d’aborder la suite avec un certain niveau d’assurance quant à sa réalisation.

L’annonce a eu lieu à l’Hôpital Sainte-Croix en présence de la ministre de la Santé, Sonia Bélanger, ainsi que des députés Sébastien Schneeberger et André Lamontagne @ Crédit photo : Éric Beaupré / Vingt55. Tous droits réservés.
Éric Beaupré
PHOTOREPORTER
PROFILE

Suivez-nous sur les réseaux sociaux:

Les derniers articles

Faits divers

Suivez-nous sur les réseaux sociaux:

facebookyoutube-icon