DRUMMONDVILLE
« La surface de dek hockey du parc Jardins-des-Galeries est là pour rester », a lancé le maire Jean-François Houle après l’adoption de la résolution autorisant des travaux visant à réduire les nuisances sonores. Malgré cette décision, plusieurs élus ont réitéré leur préférence pour une relocalisation de l’infrastructure, estimant qu’il s’agissait de la solution la plus durable et la plus responsable pour l’ensemble de la collectivité.
La décision, adoptée à majorité lors de la séance du conseil municipal, maintient l’infrastructure en place tout en prévoyant l’ajout de mesures d’insonorisation ainsi que le maintien temporaire de restrictions d’utilisation.
Avant le vote, la conseillère Isabelle Duchene a présenté la résolution et retracé les principales étapes ayant mené à cette décision.
Mme Duchene a résumé les différentes démarches entreprises par la Ville, dont les expertises acoustiques, les consultations publiques, les interventions de la Direction de santé publique ainsi que l’analyse de plusieurs scénarios de réaménagement. Selon la résolution adoptée, les bandes de la surface seront insonorisées conformément aux recommandations de la firme et d’autres interventions à caractère acoustique pourraient être réalisées ultérieurement. D’ici là, certaines restrictions d’utilisation demeureront en vigueur.
Avant le vote, la conseillère Caroline Allard a réitéré son appui à la relocalisation de la surface de dek hockey, jugeant que cette solution aurait mieux servi l’intérêt collectif.
Première élue à prendre la parole après la présentation de la résolution, la conseillère Caroline Allard a expliqué qu’elle privilégiait la relocalisation de la surface de dek hockey vers un site plus approprié et plus central. Selon elle, cette option aurait favorisé l’accès à ce sport en pleine croissance tout en permettant l’aménagement d’une installation mieux adaptée à sa popularité, dans un environnement davantage compatible avec la vocation d’un parc de quartier.
Selon elle, la popularité de l’infrastructure dépasse largement le cadre d’un parc de voisinage. Elle a rappelé que des utilisateurs proviennent de plusieurs secteurs de Drummondville pour pratiquer ce sport, ce qui justifierait davantage une installation à proximité d’une école, d’une maison des jeunes ou d’autres équipements sportifs.
« On parle d’un parc de voisinage avec des maisons à 15 mètres. Les gens viennent de partout à Drummondville. Je crois que ça dépasse vraiment ce qui avait été anticipé au départ », a-t-elle indiqué.
Mme Allard a également fait valoir que le coût de quelques 20 000 dollars pour une relocalisation aurait bien inférieur aux investissements envisagés de 170 000$ pour les mesures de mitigation acoustique.
Le conseiller Philippe Tessier a rappelé qu’il appuyait le maintien de la patinoire hivernale, mais qu’il estimait que la surface spécialisée de dek hockey gagnerait à être relocalisée dans un véritable pôle jeunesse.
« Cette surface spécialisée attire des utilisateurs provenant de plusieurs secteurs de la ville, mais elle mérite éventuellement un emplacement central et réfléchi, intégré à un véritable pôle jeunesse et sportif », a affirmé le conseiller Philippe Tessier.
Il a notamment évoqué le parc Gérard-Perron comme exemple d’un secteur où plusieurs infrastructures destinées aux jeunes sont regroupées et où une telle installation pourrait davantage s’intégrer à une vision globale du développement des équipements sportifs.
M. Tessier a également appuyé les propos de sa collègue Caroline Allard, estimant que la relocalisation représentait l’option la plus responsable sur le plan financier. Selon lui, le coût d’un déplacement demeurerait largement inférieur aux investissements envisagés pour les travaux d’atténuation du bruit.
Le conseiller a aussi exprimé des réserves quant à l’utilisation de fonds publics pour un projet d’insonorisation évalué à près de 170 000 $, alors que son efficacité demeure incertaine. Il a soutenu que la relocalisation aurait constitué une solution plus durable et aurait permis d’éviter d’engager des sommes importantes pour tenter de corriger un problème d’aménagement qui, selon lui, aurait été mieux résolu par le déplacement de l’infrastructure.
La conseillère Marie-Josée Lemaire a soutenu que le débat ne devait pas être réduit à une opposition entre les partisans et les opposants du sport.
« Ce n’est pas seulement un dossier pour ou contre le sport », a-t-elle affirmé, rappelant que le déplacement de la surface de dek hockey n’aurait en rien empêché la pratique d’activités physiques ni privé les jeunes d’un lieu de rassemblement. Selon elle, l’installation aurait simplement pu être relocalisée dans un endroit plus approprié et moins susceptible de générer des nuisances pour les résidents voisins.
Mme Lemaire a également rappelé que la Direction de santé publique s’était impliquée dans le dossier et que la Ville devait tenir compte des impacts soulevés par certains citoyens. À ses yeux, la santé physique des utilisateurs ne devait pas être opposée à la santé psychologique des résidents qui affirment subir les conséquences du bruit généré par l’infrastructure.
La conseillère a estimé qu’un choix plus réfléchi et responsable aurait permis de concilier les besoins des sportifs et la qualité de vie du voisinage, tout en évitant que le débat ne se transforme en opposition entre deux réalités qu’elle juge tout aussi légitimes.
Pour le conseiller Mario Sévigny, il s’agit d’une erreur de localisation commise dès le départ, une situation qui aurait dû être corrigée dans l’intérêt des citoyens et de la collectivité.
Selon lui, la relocalisation de la surface de dek hockey représentait l’occasion de corriger une décision d’aménagement qu’il juge inadaptée à son environnement actuel, tout en permettant de préserver l’accès à l’activité sportive dans un site mieux approprié.
Ancien enseignant en éducation physique, il a tenu à préciser qu’il demeure un fervent défenseur des infrastructures sportives favorisant l’activité physique chez les jeunes. « Fondamentalement, je suis pour toutes les infrastructures qui permettent à des jeunes de bouger », a-t-il affirmé.
Toutefois, il estime que la Ville a commis une erreur en choisissant cet emplacement pour la surface de dek hockey. « Moi, je pense qu’en 2023-2024, on a fait une erreur de la placer à cet endroit. » Selon lui, le problème ne concerne pas la pratique du dek hockey, mais plutôt son implantation dans un parc de voisinage situé à proximité immédiate de résidences.
Mario Sévigny a également souligné que plusieurs municipalités confrontées à des situations similaires ont choisi de relocaliser leurs surfaces plutôt que d’investir dans des mesures d’insonorisation dont l’efficacité demeure incertaine. « Si on pouvait revenir en 2023 avec tout ce qu’on sait aujourd’hui, je peux vous garantir que ce n’est pas là qu’on la mettrait. »
La conseillère Christine Lassonde s’est prononcée en faveur du maintien de la surface de dek hockey.
À titre de responsable des sports, des loisirs et des saines habitudes de vie, elle a soutenu que l’installation répond à un besoin réel des familles du secteur et qu’un parc municipal doit servir l’ensemble de la population, et non seulement les résidents immédiats.
Elle a également indiqué que, selon les consultations réalisées, une majorité des citoyens du secteur se seraient montrés favorables au maintien de l’infrastructure. « Je crois également que la majorité s’est prononcée en faveur du maintien de la surface. »
La conseillère Sarah St-Cyr Lanoie a elle aussi appuyé le maintien de la surface. Elle a souligné que les parcs municipaux offrent de nombreuses installations pour les jeunes enfants et les adultes, mais beaucoup moins pour les adolescents. « Pour les adolescents, c’est très restreint sur le territoire de Drummondville. »
Selon elle, la surface de dek hockey permet à plusieurs jeunes de délaisser les écrans pour pratiquer une activité physique à l’extérieur. Elle a conclu que cette réalité justifiait son appui au maintien de l’infrastructure dans le parc des Jardins-des-Galeries
Une citoyenne, Mme Girardin, a pour sa part remercié les élus et les membres de l’administration municipale
Elle a toutefois estimé que la décision d’investir dans les mesures d’atténuation du bruit représentait une dépense très coûteuse pour répondre aux préoccupations d’un petit groupe de résidents. « On investit cet argent parce qu’un petit groupe de citoyens se dit incommodé par la patinoire. Pourtant, plusieurs personnes qui habitent à proximité affirment que cela ne les dérange pas. Cet investissement vise donc à répondre aux préoccupations d’une minorité de résidents », a-t-elle soutenu.
Mme Girardin a insisté sur le fait que les utilisateurs de la patinoire ne cherchent pas l’affrontement, mais plutôt une solution durable permettant la cohabitation entre les citoyens et l’infrastructure. « Depuis le début, notre objectif est de trouver une solution. Aujourd’hui, vous proposez une démarche pour réduire le bruit et je vous remercie de l’essayer. »
Elle a toutefois demandé jusqu’où la Ville était prête à aller si les correctifs envisagés ne suffisaient pas à satisfaire les plaignants.
En réponse, le maire Jean-François Houle a rappelé que la démarche se ferait en deux étapes, soit l’insonorisation des bandes de la patinoire puis, au besoin, des mesures de végétalisation afin d’améliorer davantage les conditions acoustiques. Questionnée sur le processus décisionnel qui déterminera si ces interventions sont suffisantes, le maire a indiqué que l’évaluation reposera sur des avis techniques et que les décisions subséquentes demeureront de nature politique.
De son cot. Mme Karine Boudreau, résidente du secteur du parc du Jardin-des-Galeries, a plaidé en faveur du maintien de la surface de dek hockey en rappelant l’importance de l’activité physique et du réseau social comme facteurs de protection pour la santé mentale des jeunes
Bien qu’elle ne provienne pas d’une famille de hockey, Mme Boudreau a indiqué constater quotidiennement l’utilisation intergénérationnelle du parc par les enfants, les adolescents, les jeunes adultes et les familles du quartier comme de l’ensemble de la ville. Elle a également invité les élus à donner une véritable chance aux mesures d’atténuation du bruit avant d’envisager d’autres solutions.
Profitant de son intervention, elle a soulevé la question de l’éclairage du module de jeux pour enfants, jugeant l’endroit peu sécuritaire à l’automne et au printemps lorsque la noirceur s’installe plus tôt. Le maire Jean-François Houle a assuré que les préoccupations exprimées faisaient consensus autour de la table du conseil, précisant que les divergences portaient davantage sur les moyens à privilégier pour résoudre les nuisances sonores.
M Claude Martin, qui a toujours milité en faveur du déplacement ou de la relocalisation de la patinoire réfrigérée, a exprimé des réserves quant à l’efficacité des travaux d’atténuation du bruit prévus par la Ville.
Selon lui, la principale inquiétude demeure l’absence de garantie quant aux résultats des investissements envisagés. « La grosse question, c’est qu’on ne sait pas vraiment si ça va marcher. Si jamais ça ne fonctionne pas, on aura dépensé 170 000 $, puis possiblement autour de 200 000 $ avec les ajustements supplémentaires, sans avoir réglé le problème », a-t-il affirmé.
M Martin a également voulu mettre en perspective l’ampleur de la dépense en la comparant à la contribution des contribuables.
« Un investissement de 170 000 $, c’est l’équivalent du compte de taxes d’environ 90 logements pendant un an. Ça permet de visualiser ce que représente cette dépense pour améliorer une patinoire qui, selon plusieurs, a été construite au mauvais endroit », a-t-il soutenu.
Tout en affirmant vouloir laisser sa chance aux correctifs proposés, M. Martin a indiqué qu’il suivrait attentivement l’évolution du dossier.
Avant de conclure, M. Martin a demandé un échéancier détaillé des travaux correctifs. L’administration municipale a indiqué vouloir réaliser les interventions dès cet été, tout en précisant que les délais dépendront notamment de la disponibilité des matériaux et des fournisseurs.






















