DRUMMONDVILLE
Le maire Jean-François Houle a présenté les états financiers 2025 de la Ville de Drummondville et a défendu la stratégie de développement de la municipalité @ Crédit photo Éric Beaupré / Vingt55. Tous droits réservés.
Réunis en séance publique lundi soir, les citoyens de Drummondville ont assisté au dépôt des états financiers 2025 de la municipalité. Le maire Jean-François Houle a présenté un bilan qu’il qualifie de solide, marqué par un excédent budgétaire de 7,7 millions de dollars, des investissements totalisant 81,4 millions de dollars et une charge fiscale qu’il estime toujours avantageuse comparativement à celle des villes de taille similaire. La présentation a toutefois donné lieu à un échange soutenu avec le citoyen Jean-Pierre Picard qui, lors de la période de questions, a interpellé le maire sur la capacité de payer des contribuables face aux nombreux projets inscrits au Programme triennal d’immobilisations (PTI) et sur les coûts futurs qu’ils pourraient engendrer pour les finances municipales.
Profitant du dépôt des états financiers 2025 lors de la séance du conseil municipal de lundi soir, le maire Jean-François Houle a livré une longue allocution d’une vingtaine de minutes afin de dresser le portrait de la situation financière de la Ville de Drummondville et de défendre la capacité de la municipalité à poursuivre son développement malgré les pressions croissantes qui s’exercent sur les finances municipales.
Le maire a d’abord rappelé que l’exercice financier 2025 s’est soldé par un excédent des revenus sur les dépenses de 7,7 millions de dollars. En ajoutant le surplus accumulé de 8,2 millions de dollars déjà disponible, la Ville termine l’année avec un excédent de fonctionnement non affecté de 15,9 millions de dollars.
Jean-François Houle a souligné que cet excédent ne constitue pas un surplus inutile, mais plutôt un outil essentiel pour assurer une saine gestion financière. Il a rappelé que les municipalités québécoises ont l’obligation légale de présenter des budgets équilibrés et qu’elles ne peuvent fonctionner en déficit comme les gouvernements provincial ou fédéral.
Le maire a également tenu à saluer le travail du Service des finances, dirigé par le trésorier Pierre Carignan, ainsi que celui de la direction générale de la Ville. Selon lui, les résultats présentés témoignent du sérieux avec lequel les fonds publics sont administrés.
Au chapitre des investissements, la Ville a consacré 81,4 millions de dollars à différents projets et travaux en 2025, soit un niveau d’investissement supérieur d’environ 15 % à la moyenne observée au cours des vingt dernières années. De cette somme, 32,5 millions de dollars proviennent de subventions gouvernementales ou de partenaires financiers, permettant ainsi de réduire la contribution directe des contribuables drummondvillois.
Parmi les principaux investissements réalisés au cours de la dernière année figurent plus de 40 millions de dollars consacrés aux infrastructures de rues, d’aqueduc et d’égouts, dont près de 16 millions financés par des programmes d’aide gouvernementaux. Des travaux majeurs ont notamment été réalisés sur les rues Cormier, Janelle, Boisclair et Théroux ainsi que dans le secteur Saint-Pierre.
La Ville a également investi 12,4 millions de dollars dans l’amélioration du réseau routier municipal et 11,6 millions dans le maintien et la modernisation de ses bâtiments administratifs, communautaires, sportifs et récréatifs.
Parmi les projets marquants, le maire a rappelé les investissements de 10,6 millions de dollars associés au développement du secteur Fortissimo, 5 millions de dollars consacrés à la construction du stade de baseball et 5,7 millions de dollars investis dans les parcs, espaces verts et infrastructures de loisirs.
Jean-François Houle a aussi insisté sur l’importance de la nouvelle usine de traitement de l’eau potable, désormais complétée, qu’il considère comme l’un des investissements structurants les plus importants réalisés par la Ville au cours des dernières années afin de soutenir la croissance démographique de Drummondville.
Concernant l’endettement municipal, le maire a indiqué que la dette à la charge de l’ensemble des contribuables s’élevait à 224,3 millions de dollars au 31 décembre 2025. À cela s’ajoute une dette de secteur de 20,4 millions de dollars assumée principalement par certains développements résidentiels. La dette nette totale atteint ainsi 244,7 millions de dollars.
Malgré ce niveau d’endettement, Jean-François Houle estime que la situation demeure sous contrôle. Il a rappelé que le service de la dette représente actuellement 15,6 % du budget annuel de la Ville, soit à l’intérieur de la cible financière fixée par l’administration municipale, qui prévoit un plafond de 20 %.
Le maire a également consacré une importante partie de son intervention au récent rapport sur la fiscalité municipale produit pour l’Union des municipalités du Québec par Monique Jérôme-Forget et Luc Godbout. Ce rapport conclut que les municipalités québécoises devront faire face à des pressions financières majeures au cours des prochaines années en raison notamment de l’augmentation des coûts de construction, de réfection et d’entretien des infrastructures.
Selon les données citées par le maire, les villes québécoises pourraient devoir absorber plus de 1,5 milliard de dollars supplémentaires par année alors qu’elles doivent déjà composer avec un déficit d’investissement estimé à plusieurs milliards de dollars d’ici 2030.
Jean-François Houle a soutenu que Drummondville se trouve toutefois dans une position favorable comparativement à plusieurs municipalités de taille similaire. Il a notamment rappelé que la charge fiscale moyenne par logement atteint 1 923 $ à Drummondville contre 2 551 $ dans les villes québécoises comparables comptant entre 25 000 et 100 000 habitants.
« Cela signifie qu’un ménage drummondvillois paie en moyenne environ 25 % moins cher pour des services municipaux comparables », a résumé le maire.
Le maire a également défendu la stratégie financière adoptée par la Ville, qui consiste à investir simultanément dans le maintien des infrastructures existantes et dans le développement de nouveaux équipements afin de répondre aux besoins d’une population en croissance.

Le citoyen drummondvillois Jean-Pierre Picard a soulevé des inquiétudes quant aux coûts futurs des grands projets municipaux et à leur impact sur la capacité de payer des contribuables @ Crédit photo : Éric Beaupré / Vingt55. Tous droits réservés.
Jean-Pierre Picard soulève des inquiétudes sur les coûts futurs
À la suite de cette présentation, le citoyen Jean-Pierre Picard a profité de la période de questions pour revenir sur plusieurs constats soulevés dans le rapport Jérôme-Forget/Godbout concernant l’avenir des finances municipales.
Selon lui, les municipalités doivent désormais tenir davantage compte des coûts d’entretien des infrastructures existantes, du niveau d’endettement, des frais d’exploitation associés aux nouveaux équipements et surtout de la capacité réelle de payer des contribuables.
En consultant le Programme triennal d’immobilisations 2026-2028, M. Picard a souligné que plusieurs projets majeurs sont prévus au cours des prochaines années, notamment la nouvelle patinoire réfrigérée, les projets liés au secteur Saint-Joachim, le chantier du centre-ville ainsi que l’éventuelle salle de spectacle.
Il a également profité de la période de question et a demandé au maire quels seraient les coûts d’exploitation annuels supplémentaires générés par ces nouvelles infrastructures et quel impact ces dépenses pourraient avoir sur le compte de taxes des citoyens d’ici 2030.
En réponse, Jean-François Houle a reconnu que la dette nette de la Ville devrait continuer d’augmenter au cours des prochaines années avant de diminuer graduellement par la suite. Le maire a toutefois rappelé que plusieurs municipalités affichent des ratios d’endettement supérieurs à celui de Drummondville et qu’il est difficile de comparer directement les villes entre elles sans tenir compte de leur niveau de développement et de leurs réalités respectives.
Il a notamment cité la construction de la nouvelle usine de traitement de l’eau potable comme exemple d’un investissement majeur qui exerce actuellement une pression sur la dette municipale, mais qui était devenu essentiel pour répondre aux besoins de la population.
« Je ne suis pas contre les nouvelles infrastructures sportives ni contre une salle de spectacle », a précisé Jean-Pierre Picard. « Je veux simplement connaître les coûts réels de ces projets avant qu’ils soient réalisés. »
M Picard a également questionné le conseil au sujet de l’enveloppe de 2 millions de dollars prévue au PTI pour des services professionnels liés au projet de salle de spectacle.
Jean-François Houle a indiqué qu’un dossier plus complet devrait être présenté prochainement aux élus et à la population. Sans confirmer la tenue d’une consultation spécifique sur la salle de spectacle, le maire a assuré que le futur chantier centre-ville fera l’objet d’un vaste exercice de consultation publique. « Ceux qui sont friands de consultations publiques seront extrêmement satisfaits », a-t-il affirmé.
Insatisfait de ne pas obtenir de réponse chiffrée à ses questions concernant les coûts d’exploitation futurs des projets inscrits au PTI, M. Picard a demandé qu’un suivi soit effectué par l’administration municipale. Le maire a répondu que les services municipaux pourraient analyser la demande et fournir des informations complémentaires ultérieurement.

Lors de la présentation des états financiers, le maire Jean-François Houle a défendu la capacité de la Ville à poursuivre son développement @ Crédit photo : Éric Beaupré / Vingt55. Tous droits réservés.













