DRUMMONDVILLE
Alors que le Québec enregistre déjà sept féminicides en contexte de violence conjugale depuis le début de l’année, et que les maisons d’hébergement affichent complet, deux projets d’infrastructures essentielles destinées aux femmes victimes de violence viennent d’être abandonnés. Drummondville et le Centre-du-Québec ne font pas exception à ce sombre bilan, confirmant la gravité et l’urgence des besoins dans en région.
Féminicides, Drummondville et le Centre-du-Québec ne font pas exception à ce sombre bilan @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.
Des besoins tout aussi criants à Drummondville et dans la région, comme le rapportait le Vingt55 le 6 juin dernier, Jacques Gingras, un homme de 86 ans, a été arrêté à Drummondville et fait face à des accusations de tentative de meurtre et de voies de fait armées sur sa conjointe.
Ces accusations découlent d’un événement survenu dans un logement de la rue Lemire, où un couple avait été retrouvé inanimé. Selon les informations confirmées au Vingt55, l’homme aurait poignardé sa conjointe à l’aide d’une arme blanche avant de tenter de s’enlever la vie.
L’octogénaire a survécu à ses blessures, mais sa conjointe, hospitalisée dans un état critique, a succombé à ses blessures quelques jours plus tard. Les accusations ont été officiellement déposées, a confirmé le procureur de la Couronne, ainsi que la Sûreté du Québec, qui poursuit son enquête dans ce dossier a précisé la Sureté du Québec en entrevue au Vingt55
En 2024, toujours dans la MRC de Drummond, le corps d’une femme avait également été découvert sans vie sur le 10e rang. À Drummondville, Kevin Ramagosa a été formellement accusé du meurtre et d’outrage au cadavre de Robyn-Krystle O’Reilly, 34 ans, dans un dossier et procès qui aura lieu a Drummondville. Durant la même période, en 2024, le Drummondvillois Michaël Dugas-Farcy a été accusé à Granby de meurtre au deuxième degré sur sa conjointe, une femme de 29 ans.
Les dossiers de violence conjugale sont également en hausse et accentuant la pression sur les ressources régionales déjà insuffisantes.
Dans ce contexte tendu, l’annonce faite par l’Alliance des maisons d’hébergement de 2e étape pour femmes et enfants victimes de violence conjugale, avec le soutien du Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale, provoque une onde de choc dans le milieu communautaire.
Les deux projets, qui devaient voir le jour grâce à un financement confirmé par la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL), sont désormais suspendus, entravés par une bureaucratie lourde et incohérente, selon les organismes concernés. « Comment peut-on demander à des organismes déjà à bout de souffle de surmonter seuls des obstacles administratifs aussi colossaux ? » questionnent les regroupements.
Une impasse administrative aux conséquences humaines
Les projets sont aujourd’hui pris dans un cercle vicieux administratif. On exige des plans finaux et des permis de construction, sans fournir les fonds nécessaires à leur élaboration. Or, sans plans, les permis ne peuvent être émis ; sans financement, les plans ne peuvent être finalisés. La Société d’habitation du Québec (SHQ), soumise à ses propres délais, tarde à répondre, aggravant l’impasse.
Pendant ce temps, les maisons d’hébergement du Québec – et tout particulièrement en région – accueillent des femmes à capacité maximale, alors que les meurtres conjugaux continuent de faire les manchettes.
Ce n’est pas la première fois que les regroupements sonnent l’alarme.
Ils avaient réclamé plus tôt cette année la création d’une cellule de crise nationale, toujours sans réponse. Ce matin encore, La Presse publiait un article citant les recommandations du coroner André Cantin, notamment celle de financer et ouvrir de nouvelles maisons d’hébergement.
Or, les deux projets annulés ne représentent que la partie visible d’un iceberg beaucoup plus large : trois autres projets en attente, jugés prioritaires par le gouvernement, restent bloqués par les mêmes écueils administratifs.
« Ce statu quo n’est pas seulement illogique, il est dangereux », dénoncent les responsables.
Les délais s’accumulent, les coûts augmentent, et les vies de femmes et d’enfants sont directement menacées.
Les demandes formulées au gouvernement
Face à cette situation, les regroupements demandent :
La réattribution immédiate des financements retirés aux deux projets annulés ;
Une réponse rapide des bailleurs de fonds pour permettre la mise en chantier des trois projets restants ;
Un financement dédié et structurant pour tous les projets immobiliers liés à l’hébergement et au soutien des femmes victimes de violence conjugale, tel que demandé depuis 2023 ;
La mise en place d’un comité de crise pour gérer la situation actuelle avec efficacité et cohérence.
« Parce qu’attendre tue, Il en va de la sécurité, de la dignité et de la vie des femmes et enfants que nous accompagnons chaque jour. » rappel les membres du regroupement.















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