SOLOmode ferme boutique : une autre page d’histoire se tourne au centre-ville de Drummondville

SOLOmode ferme boutique : une autre page d’histoire se tourne au centre-ville de Drummondville
SOLOmode ferme boutique, une autre page d’histoire se tourne au centre-ville de Drummondville @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.

DRUMMONDVILLE

Après plus de 38 ans de présence au centre-ville, la boutique SOLOmode, véritable institution commerciale, ferme ses portes. À la barre depuis les tout débuts, Suzanne Beaulieu et Yves Beaulieu, couple aussi complice dans la vie que dans les affaires, reviennent avec émotion sur ce parcours tissé d’engagement, de résilience et d’amour du métier.

SOLOmode ferme boutique : une page d’histoire se tourne pour Suzanne et Yves Beaulieu au centre-ville de Drummondville @ Crédit photo : Éric Beaupré / Vingt55 – Tous droits réservés.

SOLOmode était sans aucun doute le secret le moins bien gardé d’une clientèle fidèle, qui a vu défiler près de quatre décennies de mode haut de gamme pour dames. La boutique s’était taillée une solide réputation dans l’univers de la mode et du vêtement à Drummondville, et même au-delà, alors qu’elle a compté jusqu’à trois succursales, à une époque où les centres commerciaux connaissaient leurs plus belles années.

« On a eu jusqu’à trois boutiques, mais celle du centre-ville, c’était notre vitrine phare. C’est là que tout a vraiment pris vie », explique Suzanne Beaulieu, en entrevue au Vingt55, encore debout au cœur du local situé au 235 Hériot, un local qu’elle connaît dans les moindres détails. « Au fil des ans, c’est devenu notre monde. »

Les débuts : une passion qui s’installe

Installés à Drummondville il y a près de quatre décennies, Suzanne et Yves ont fait de SOLOmode une référence dans le vêtement pour dames. « Quand on est arrivés, la boutique était déjà connue. Moi-même, en tant que nouvelle résidente, on me l’avait recommandée. J’étais loin de me douter que je passerais ma vie ici, de l’autre côté du comptoir », sourit Suzanne.

Yves Beaulieu, anciennement dans un autre domaine, a rapidement rejoint sa conjointe à temps plein. « Le commerce, c’était devenu notre projet de couple. Chaque matin, on commençait la journée ensemble au bureau. On faisait les achats, les suivis, les appels aux fournisseurs. »

Des clientes fidèles, des liens sincères

« Ici, ce n’était pas juste des vêtements, c’était des moments. Des clientes nous confiaient des choses personnelles. Elles venaient essayer une robe pour un gala, un mariage, un moment important », raconte Suzanne.

Sylvie Blanchette, employée depuis plus de 16 ans, renchérit :
« Certaines clientes entraient juste pour dire bonjour ou pour jaser. On devenait un repère dans leur routine. Une cliente nous appelait chaque saison pour savoir si on avait reçu une robe marine. C’est le genre de petites histoires qu’on n’oublie pas. »

Une équipe tissée serrée

Dans cette boutique, l’esprit familial régnait. Les employés faisaient partie intégrante du succès. Sylvie, entre autres, avait su incarner l’âme du commerce.
« C’est plus qu’un emploi. On avait du plaisir, du respect mutuel, une ambiance humaine. Quand Suzanne a annoncé la fermeture, j’ai eu les larmes aux yeux », dit-elle avec franchise.

Une fidélité exemplaire envers les fournisseurs

Yves et Suzanne n’ont pas seulement été loyaux envers leurs clientes et employées, mais aussi envers leurs fournisseurs.
« On a toujours traité nos fournisseurs avec respect. Tous ceux de Montréal nous connaissaient par notre prénom. Et en 38 ans, jamais un ne nous a dit qu’on était en retard ou qu’on ne payait pas. On était fiers de ça », insiste Yves Beaulieu.

Un centre-ville qui s’est transformé

Mais les temps ont changé. Le centre-ville, autrefois bouillonnant de commerces indépendants, s’est peu à peu transformé. « On a vu les boutiques fermer, les stationnements disparaître, les loyers augmenter. Les bureaux ont remplacé les vitrines. Et les habitudes de consommation aussi ont changé », observe Yves.

« Aujourd’hui, les gens achètent en ligne. Ils n’essaient plus, ne touchent plus les tissus. Ce contact-là, ce moment d’échange, il est en train de disparaître », constate pour sa part Suzanne.

SOLOmode ferme boutique, une autre page d’histoire se tourne au centre-ville de Drummondville @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.

Une tentative de relève, une fermeture bien réfléchie

Le couple a voulu vendre, dans l’espoir de voir la boutique poursuivie par d’autres mains.
« On a travaillé en ce sens, mais ça prend du temps. Et parfois, ce temps-là, on ne l’a plus », admet Yves. « Il a fallu se rendre à l’évidence : ce chapitre, c’est à nous de le fermer », a admis Yves Beaulieu, avec la flamme encore bien présente dans les yeux, a-t-il ajouté, lui qui est aussi un fin connaisseur du milieu de la vente et du commerce.

« Pour nous, ce n’est plus seulement une question de vouloir poursuivre, c’est une question de vision et de réalité », ont admis Yves et Suzanne Beaulieu, le regard clair et serein.

C’est avec émotion que Sylvie Blanchette, employée de longue date et sœur de la propriétaire, regarde les derniers jours de la boutique SOLOmode. En entrevue avec le Vingt55, elle confie avoir le cœur gros, mais aussi des souvenirs impérissables de cette belle aventure. La boutique, qui ferme ses portes, a été pour elle, et pour bien des clientes, bien plus qu’un simple commerce : un lieu de vie, d’écoute, et d’élégance.

« C’était une boutique pour femmes, pour les dames qui aiment s’habiller avec goût, à un juste prix », explique-t-elle. « À 17 ans, je vendais déjà des robes à 350 $, et ce n’était pas considéré comme extravagant à l’époque. La qualité a toujours été au cœur de ce qu’on faisait. »

La boutique avait, et a conservé, sa réputation d’offrir des vêtements de qualité et surtout un service personnalisé. Une réputation bâtie sur le bouche-à-oreille.
« À l’époque, nous n’avions pas les réseaux sociaux pour promouvoir notre boutique et nos services, et pourtant cette réputation est restée », confirme Suzanne.

Spécialisée pour une clientèle féminine de 50 ans et plus, SOLOmode a toujours maintenu une offre raffinée, accessible et respectée. Mais les dernières années ont été plus difficiles.

« Le centre-ville a changé. Il y a moins de commerces de détail, plus de bureaux, et ceux-ci quittent de plus en plus le centre-ville. Comme plusieurs commerces, cela donne un autre visage à notre centre-ville. Il y a moins de stationnements… et nos clientes fidèles, elles aussi, comme la boutique, ont vécu de belles années. Aujourd’hui, leurs besoins ont changé », constatent  Suzanne et Yves

La pandémie, selon elle, n’a fait qu’accélérer une tendance déjà amorcée. « Les habitudes de consommation ont changé. On ne touche plus la jeune clientèle, et même nos clientes régulières sortent moins. »

Assurément, nous aurons conservé le cœur du commerce, comme le mentionne Suzanne. Ce qui faisait de SOLOmode une boutique à part, c’était ce service personnalisé, cette attention au détail qui allait jusqu’aux retouches faites sur place.

« On offrait une vraie expérience. Ce n’était pas juste du shopping, c’était un moment humain. Et même les retouches coûtaient moins cher qu’aux grandes surfaces ou dans les centres commerciaux. On voulait que les clientes repartent avec un vêtement qui leur allait parfaitement. »

« C’est avec le cœur gros que je vois la boutique fermer », admet Suzanne. « Mais je garde de cette aventure des souvenirs précieux. » Elle parle avec affection de ses collègues devenus des amis : Sylvie, Carole, Danielle, tous restés fidèles à l’entreprise pendant de nombreuses années.
« On était une petite équipe, mais soudée. On connaissait nos clientes, et elles nous connaissaient. »

Elle se réjouit aussi de l’appui constant des commerçants du centre-ville, et des clientes qui, encore quelques heures avant la fermeture, franchissent la porte pour venir dire un dernier au revoir. « SOLOmode et ses propriétaires et employées faisaient partie du paysage. Ce n’était pas juste une boutique, c’était une vitrine du centre-ville, un point de repère. »

Avec cette fermeture, le centre-ville de Drummondville perd non seulement un commerce, mais un témoin vivant de ses plus belles années.

Une boutique où l’on venait chercher bien plus que des vêtements : on venait y chercher du temps, de l’écoute… et une touche d’élégance.

Sylvie Blanchette, une employée de toujours, prendra elle aussi du recul. « C’est une fin, oui, mais c’est aussi une belle transition. On a vécu de belles choses. On quitte la tête haute », mentionne l’employée, qui est restée jusqu’à la toute dernière heure.

Yves Beaulieu prendra sa retraite avec le sentiment du devoir accompli. « J’ai adoré ce métier. Mais maintenant, il est temps de vivre autrement : voyager, passer du temps avec notre famille, profiter. »

Quant à Suzanne Beaulieu, c’est elle aussi les yeux pétillants qu’elle regarde maintenant les projets d’avenir avec son conjoint de toujours. « Nous voulons nous assurer d’une fermeture en douceur. On ne ferme pas une boutique comme celle-là du jour au lendemain. C’est une maison qu’on quitte. Maintenant, nous allons prendre le temps de vivre une retraite bien méritée et garder contact avec, assurément, quelques-unes de nos clientes qui avaient la belle habitude de venir nous saluer. »

La fin d’un fleuron et d’un commerce de proximité

Avec la fermeture de SOLOmode, Drummondville perd plus qu’une boutique : elle perd un témoin vivant du commerce de proximité, un commerce qui a vu le centre-ville dans ses plus belles années et qui s’est accroché avec cœur et conviction.

« On part avec de beaux souvenirs, l’assurance d’avoir fait une différence et, surtout, d’avoir toujours donné le meilleur de nous-mêmes, jour après jour, année après année, pour chaque cliente qui franchissait nos portes et venait à notre rencontre », concluent Suzanne et Yves Beaulieu.

Une page d’histoire se tourne… mais elle ne s’oubliera pas de sitôt, ont-ils confié en entrevue au Vingt55, en offrant un dernier au revoir à leur fidèle clientèle, restée présente jusqu’à la toute fin

Le Vingt55 a laissé le mot de la fin à Suzanne et Yves Beauieu @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.

Le Vingt55 a laissé le mot de la fin à Suzanne et Yves Beauieu

SOLOmode a fermé ses portes le 1er juillet, marquant ainsi la fin d’une belle histoire de 38 années.

Alors que le dernier chapitre de cette aventure s’achève, nous souhaitons vous remercier pour votre fidélité tout au long de ces années. Vous servir a été un privilège, et nous tenons à vous exprimer notre sincère reconnaissance pour votre confiance et votre loyauté.

Un immense merci à toutes nos clientes extraordinaires.
– Toute l’équipe de SOLOmode : Suzanne et Yves, Sylvie, Carole, Danielle. Merci du fond du cœur!

SOLOmode ferme boutique, une autre page d’histoire se tourne au centre-ville de Drummondville @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.

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Éric Beaupré
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