Transport adapté : un service mal adapté pour les personnes à mobilité réduite à Drummondville, dénoncé par une citoyenne

Transport adapté : un service mal adapté pour les personnes à mobilité réduite à Drummondville, dénoncé par une citoyenne
Transport adapté un service mal adapté pour les personnes à mobilité réduite à Drummondville @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.

DRUMMONDVILLE

Le transport adapté pour les personnes à mobilité réduite et les personnes handicapées à Drummondville est insuffisant, déplore Angeline Mariotti, une drummondvilloise qui prend la parole afin de dénoncer une situation qui est loin de s’améliorer à Drummondville.

Transport adapté : un service mal adapté pour les personnes à mobilité réduite à Drummondville © Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55. Tous droits réservés.

Suite aux récentes coupures du service de Transport Diligence et à l’abandon des services durant les fins de semaine par la compagnie de taxi, Mme Mariotti souhaite sensibiliser les citoyens et les élus à cette réalité qu’elle estime ne pas s’améliorer à Drummondville. «Il y a de nombreux manques à Drummondville, peu d’efficacité des services offerts, une réalité difficile pour les personnes à mobilité réduite qui sont limitées, tout comme leur qualité de vie à Drummondville.»

À Drummond, la septième ville la plus importante en termes de population, les personnes en situation de handicap n’ont plus accès au transport adapté en soirée, y compris les taxis selon Mme Mariotti. Transport Diligence a réduit ses services, dénonce Mme Mariotti dans une vidéo et qui demande de l’aide et d’être entendue. Elle souligne le manque d’égard envers les personnes à mobilité réduite et estime que peu de gens consultent ces personnes.

En entrevue au Vingt55, Mme Mariotti déploure qu’elle doive pallier le manque de service pour sa sœur qui nécessite un transport adapté pour ses déplacements, de base comme l’épicerie, mais surtout pour pouvoir avoir une vie normale, aller au cinéma ou voir un spectacle, ou prendre le temps d’une soirée entre amis ou avec la famille dans un restaurant ou endroit licencié, ce qui est pratiquement impossible et sinon tout un défi pour ma sœur ou une personne à mobilité réduite, affirme Mariotti, tout comme de nombreuses personnes dans la même situation qu’elle, ajoute Mme Mariotti qui souhaite des changements.

Que ce soit pour les activités sociales, sportives, la vie quotidienne ou même pour le travail, c’est une réalité très difficile à Drummondville pour toute personne à mobilité réduite, constate Mme Mariotti

Mme Mariotti déplore le manque de service et les récentes coupures, autant chez Transport Diligence Drummondville, qui assure le transport des personnes à mobilité réduite, que l’absence de service efficace autant par le service de taxi de la région que le nouveau service Mobilibus. Les personnes à mobilité réduite doivent déjà adapter leurs déplacements pour les sorties et sorties de divertissement, les nouvelles heures offertes sont loin de répondre au besoin selon Mariotti. Ma sœur, en fauteuil roulant motorisé, se voit empêchée d’accéder à plusieurs services ou activités qui lui permettraient une meilleure vie sociale après 18 heures, mentionne-t-elle.

J’ai contacté Transport Diligence, qui a réduit ses heures de service depuis novembre et qui, après 18 heures, n’offre plus de service aux personnes à mobilité réduite, tout comme Mobilibus, un nouveau service de transport dans la MRC et les municipalités avoisinantes. Ceux-ci m’offrent peu de réponse ou d’alternative.

Dupliquer des services alors que le service principal semble sous-financé n’apparaît pas être la solution à préconiser, affirme Angeline Mariotti, qui souhaite voir Drummondville mieux s’adapter aux besoins des personnes qu’elle dessert et non le contraire. Angéline exprime son incompréhension face aux récentes coupures d’heures de Transport Diligence tout comme face au nouveau projet Mobilibus, qu’elle considère comme un doublon de service et une mauvaise gestion de budget ou service pour les personnes à mobilité réduite, de l’avis de Mme Mariotti.

Mme Mariotti déplore en entrevue au Vingt55 l’expérience de sa sœur qui a dû quitter les festivités de Noël à 19 heures faute de transport adapté, limitant ainsi sa qualité de vie et celle de sa famille. Les sorties au cinéma ou soirées spectacle à la Maison des arts sont pratiquement impossibles, si elle doit revenir à 18 heures, en plus du peu de ressources, les heures limitent grandement les possibilités de sortie et d’activité familiale ou même de divertissement pour sa sœur comme de nombreux autres usagers, avance Mme Mariotti.

Mobilibus offre un service pour une personne nécessitant un déplacement de l’extérieur vers Drummond, mais ensuite le problème reste entier, explique également Angeline Mariotti. «Une personne à mobilité réduite de St-Lucien pourrait obtenir le service de Mobilibus pour un rendez-vous médical à Drummondville, mais, si cette personne souhaite ensuite aller faire des achats au Promenades Drummond ou voir un film ou assister à un spectacle, elle devra alors se rabattre sur Transport Diligence, prendre un rendez-vous et faire concorder le tout, des défis de gestion éprouvants pour une personne qui souhaite simplement avoir droit à un transport adapté, ce que confirme par ailleurs la direction de Transport Diligence tout comme un responsable de l’Office des personnes handicapées de Drummond contacté par le Vingt55.

Est-ce que la MRC ou la Ville aurait dû mieux soutenir Transport Diligence au lieu de le doubler en financement et en services, avance Mme Mariotti. Les compagnies de taxis manquent de personnel et de véhicules, tandis que les transports en commun de Drummondville ne répondent pas aux besoins du transport adapté. Mme Mariotti s’interroge sur le pourquoi d’un autre service proposé alors que celui de Drummondville ne répond pas aux besoins.

Mme Mariotti invite d’ailleurs les élus de la région à revoir l’ensemble du dossier et invite la population à questionner les élus sur les raisons de la coupure des services et sur ce qui pourrait être fait de mieux pour desservir plus efficacement les personnes handicapées ou à mobilité réduite afin de leur donner une qualité de vie plus intéressante et surtout une plus grande autonomie dans la MRC de Drummond.

Contactée par le Vingt55 sur le dossier et les disponibilités de l’entreprise, Mme Caroline Demanche, Directrice générale chez Transport Diligence Drummondville, Diligence admet et confirme que les heures ont été modifiées en novembre, mais cependant, l’entreprise offre au mieux de ses possibilités et financements le service destiné aux personnes à mobilité réduite. «Nous sommes tributaires du financement déjà offert par la Ville de Drummondville et du ministère du Transport du Québec (MTQ),» explique Mme Demanche.

Comme tout service, nous devons composer avec les budgets disponibles, mais nous nous efforçons de réduire les heures pendant lesquelles les demandes sont moins nombreuses afin de pouvoir continuer d’offrir un service à la clientèle adéquat,» explique Mme Demanche lors d’une entrevue avec Vingt55. «Assurément, si nous disposions d’un budget plus important de la part de la Ville, qui malgré tout fait des efforts annuels comparativement au MTQ, lequel a, pour sa part, peu indexé les montants au fil des années, nous pourrions offrir un service plus complet ou de meilleure qualité,» conclut Mme Demanche.

Nos heures de services ont été réduite, ainsi du lundi au mercredi de 7h à 18h, le jeudi et vendredi de 7h à 22h, et le samedi et dimanche de 10h à 20h, avec 6 véhicules pour répondre à la demande à Drummond et Saint-Cyrille. Pour le reste, les citoyens doivent soit trouver un moyen alternatif comme Mobilibus ou avoir leur propre solution de transport, ajoute Mme Demanche en comprenant que des difficultés pouvant être rencontrées par les usagers dans les circonstances.

Le financement pour le transport adapté n’a pas beaucoup augmenté depuis plusieurs années, confirme Mme Demanche en entrevue au Vingt55.

Elle confirme que ces enjeux et cette réalité affectent effectivement les décisions et les coupures mises en avant à Drummondville, tout comme les services ou l’offre de service offerts à la clientèle.

Interpellé par le Vingt55 sur la situation, le directeur général de l’Office des personnes handicapées du Québec, M. Daniel Jean qui a son bureau à Drummondville, confirme avoir été informé de la situation

« L’Office des personnes handicapées du Québec est bien au fait des enjeux liés au transport adapté vécus dans différentes municipalités du Québec et est sensible aux impacts qu’ils peuvent avoir sur la participation des personnes handicapées. C’est pourquoi l’Office documente les obstacles liés à l’accès et à l’utilisation du transport adapté et collabore avec différents partenaires, dont le ministère des Transports et de la Mobilité durable, à la recherche et à la mise en œuvre de solutions. » assure pour sa part M. Daniel Jean 

Face à cette situation, Angeline Mariotti, envisage de prendre des mesures, y compris se présenter à l’hôtel de ville et à la MRC de Drummond, et solliciter le soutien des élus provinciaux et fédéraux. Elle veut mobiliser les citoyens pour faire pression sur les élus et les compagnies de transport afin d’assurer des services de qualité pour les personnes à mobilité réduite à Drummondville.

De son côté, la Ville de Drummondville, a tenu à préciser par l’intermédiaire de Mme Anne-Élisabeth Benjamin, Conseillère en relations publiques au service des communications, qu’en réponse à la situation décrite par Mme Mariotti, la Ville de Drummondville a l’intention d’améliorer et bonifier son service de transport adapté.

«Au cours des cinq prochaines années, la Ville de Drummondville investira 1,4 million de dollars dans le transport adapté, dont 460 000 $ en argent neuf», a précisé Mme Benjamin.

«La subvention supplémentaire que nous octroyons est une aide d’urgence. Il est essentiel de comprendre que le financement des services de transport collectif, incluant le transport en commun et le transport adapté, est en crise partout au Québec», rappelle la Conseillère en relations publiques de la Ville de Drummondville. «C’est une situation qui va bien au-delà de Drummondville», ajoute Mme Benjamin. «Nous sommes actuellement en train d’évaluer toutes les options avec l’ensemble de nos partenaires, tels que notre mandataire et le ministère des Transports, afin de nous assurer d’optimiser les ressources dans le contexte actuel», assure Anne-Élisabeth Benjamin en réponse à cette situation.

Transport adapté : un service mal adapté pour les personnes à mobilité réduite à Drummondville © Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55. Tous droits réservés.

Éric Beaupré
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