[jpshare]

Travailleurs étrangers temporaires : un répit partiel qui laisse plusieurs entreprises du Centre-du-Québec dans l’incertitude

Travailleurs étrangers temporaires : un répit partiel qui laisse plusieurs entreprises du Centre-du-Québec dans l’incertitude
Travailleurs étrangers temporaires @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.

Drummondville / Centre-du-Québec

Le gouvernement du Canada annonce certaines mesures visant les travailleurs étrangers temporaires qui souhaitent accéder à la résidence permanente. Si cette décision est accueillie comme un premier geste par plusieurs municipalités du Québec, elle ne répond toutefois qu’en partie aux préoccupations exprimées par les régions, notamment celles où la pénurie de main-d’œuvre demeure bien réelle, comme au Centre-du-Québec.

L’Union des municipalités du Québec (UMQ) souligne que les restrictions imposées au Programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET) depuis 2024 demeurent largement en place. Plusieurs entreprises qui dépendent de cette main-d’œuvre pour maintenir leurs opérations risquent donc de continuer à faire face à des défis importants.

Dans des régions industrielles comme Drummondville, Victoriaville ou encore dans plusieurs municipalités du Centre-du-Québec, de nombreuses entreprises manufacturières, agricoles ou de transformation alimentaire comptent sur ces travailleurs pour combler des postes difficiles à pourvoir localement. La décision d’Ottawa pourrait offrir un certain répit à une partie des travailleurs déjà au Québec, mais plusieurs employeurs craignent que les mesures demeurent trop limitées pour répondre aux besoins réels du terrain.

Une réponse jugée incomplète

L’UMQ avait demandé au gouvernement fédéral de renouveler rapidement les permis temporaires des travailleurs déjà présents au Québec et d’assouplir les règles de recrutement dans les secteurs en forte pénurie de main-d’œuvre.

La mesure annoncée vise surtout à combler le manque de transition entre le Programme de l’expérience québécoise (PEQ) et le Programme de sélection des travailleurs qualifiés (PSTQ), ce qui pourrait réduire la pression pour certains travailleurs qui souhaitent obtenir la résidence permanente.

Cependant, pour de nombreuses entreprises, les contraintes du PTET demeurent.

« Depuis l’appel à la mobilisation des cœurs bleus il y a un mois, ce sont plus de 350 municipalités qui ont appuyé les demandes de l’UMQ par le biais de résolutions. La forte mobilisation aux quatre coins du Québec a démontré l’ampleur du consensus et l’urgence d’agir. Aujourd’hui, le gouvernement du Canada répond à certaines demandes portées par les élues et élus municipaux, mais ce n’est pas suffisant pour plusieurs régions du Québec », a déclaré Guillaume Tremblay, président de l’UMQ et maire de Mascouche.

Espace vidéo partenaire exclusif Vingt55 : votre fenêtre sur vos partenaires locaux.

Même constat du côté de Marc-Alexandre Brousseau, président de la commission sur l’immigration de l’UMQ et maire de Thetford Mines.

« L’annonce d’aujourd’hui est un premier pas, mais la mesure temporaire est très restreinte. Ça implique que le gouvernement du Québec soit en mesure de traiter rapidement les dossiers des travailleurs qui souhaitent accéder à la résidence permanente. Pour les travailleurs qui ne souhaitent pas accéder à la résidence permanente, le plafond de 15 % pourrait tout de même faire en sorte qu’ils ne soient pas renouvelés. Plusieurs entreprises ne pourront pas bénéficier des mesures annoncées aujourd’hui et c’est notre économie qui va en souffrir. »

Des enjeux bien présents en région

Dans plusieurs villes du Centre-du-Québec, les travailleurs étrangers temporaires jouent un rôle clé dans la vitalité économique. Plusieurs employeurs indiquent que sans cette main-d’œuvre, certaines chaînes de production ou services saisonniers pourraient être ralentis.

Les municipalités et les organisations économiques de la région suivent donc de près l’évolution du dossier, espérant que d’autres ajustements puissent être apportés afin de soutenir les entreprises qui peinent déjà à recruter.

Une délégation de maires à Ottawa

Le dossier est loin d’être clos. Le 23 mars prochain, une délégation de mairesses et de maires membres de l’UMQ se rendra à Ottawa afin de rencontrer des représentants du gouvernement fédéral ainsi que des partis d’opposition.

L’objectif : continuer de faire pression pour obtenir des mesures plus larges permettant de répondre aux besoins des régions du Québec, où la présence de travailleurs étrangers temporaires est devenue un levier essentiel pour soutenir l’économie locale.

Éric Beaupré
PHOTOREPORTER
PROFILE

Suivez-nous sur les réseaux sociaux:

Les derniers articles

Faits divers

Suivez-nous sur les réseaux sociaux:

facebookyoutube-icon