Une tornade frappe Saint-Bonaventure, en juillet 1975 – Raconte-moi l’histoire par André Pelchat

Une tornade frappe Saint-Bonaventure, en juillet 1975 – Raconte-moi l’histoire par André Pelchat
Description Vue aérienne du village de Saint-Bonaventure, après le passage de la tornade du 25 juillet 1975 @ Photo Société d’histoire de Drummond,. Tous droits réservés.

DRUMMONDVILLE

Le 24 juillet 1975, à 17h50 une équipe d’ouvriers est déjà à pied d’œuvre sur le chantier de la route 55, près de la jonction avec la 20. Le surveillant de chantier, M. Gilbert Tessier, soudainement ordonne à ses hommes de cesser le travail et de quitter les lieux au plus vite. Le temps a pris une drôle de couleur jaunâtre. Originaire de la Saskatchewan, M. Tessier a déjà vu un ciel de cette couleur et sait que cela n’annonce rien de bon.

En effet, quelques minutes plus tard, selon un témoin, M. Mario Lachapelle, « le ciel s’est assombri au point où on aurait dit que c’était la nuit ».  Des vents de 160 km heure se lèvent et frappent la paroisse voisine de Saint-Bonaventure, traversant la rue Principale sur une longueur de près de 5 km et une largeur d’un peu plus de 300 m. Il y aura 4 décès : Madame Denise Saint-Laurent et ses deux jumeaux, Patrice et Patricia, puis M. Léopold Audet qui décèdera plus tard des suites de ses blessures. Plus de 80 blessés seront aussi recensés. Les dommages s’élèvent à 3 millions de dollars. L’église paroissiale est gravement endommagée, ainsi que l’école. Une centaine de maisons sont endommagées, dont 67 détruites, de même que plusieurs fermes et commerces. L’Épicerie Vincent subit des dégâts pour 100 000$. La Meunerie Labonté est une perte presque totale.  Une grange appartenant au maire Jean-Paul Pépin a été déplacée sur une dizaine de mètres. M. Lachapelle, cité plus haut, âgé alors de 19 ans, tenait par la main un cousin de 12 ans. « On est parti au vent ensemble » dit-il. Il n’a aucun souvenir des deux jours qui ont suivi. Il s’est réveillé à l’hôpital Sainte-Croix avec une jambe cassée, 5 côtes fracturées, un coude fêlé, une centaine de points de suture et des clous plantés dans le dos. Son cousin y a perdu 4 bouts de doigts.

Pour aggraver les choses, des individus peu scrupuleux profiteront de la confusion pour piller l’église et le presbytère.

Le village voisin de Saint-David encaisse aussi des dommages mineurs.

Se relever de cet évènement ne sera pas facile pour Saint-Bonaventure : en effet le gouvernement de Robert Bourassa refuse de déclarer la région zone sinistrée, ce qui la prive de plusieurs possibilités d’aide gouvernementale. De plus, plusieurs résidents ne sont assurés que pour 1/5 de la valeur de leurs biens. Un témoin dira même : « Je calcule que c’est une paroisse finie et que tout le monde va partir ». Heureusement, ces prédictions ne se réaliseront pas : le fond d’urgence des Caisses populaires apportera son aide et, surtout, la solidarité régionale jouera à plein. Par exemple, le marchand drummondvillois Denis Lauzon mettra le contenu de tous ses congélateurs à la disposition des sinistrés. »Beaucoup de personnes qu’on ne connaissait pas sont venues aider à rebâtir », raconte M. Lachapelle.  L’Église, toutefois, ne sera reconstruite que deux ans plus tard.

Signalons que Saint-Bonaventure avait déjà été frappée par des tornades en 1922 et 1945 mais aucune n’avait été autant répercutée par les médias. Il est vrai que ceux-ci étaient considérablement plus développés en 1975. En fait la catastrophe de cette année-là attira suffisamment d’attention médiatique pour qu’une des filles de M. Tessier (mentionné plus haut) qui se trouvait à Provost en Alberta à ce moment, dans le cadre d’un échange étudiant, apprenne la nouvelle par la radio locale !

André Pelchat
CHRONIQUEUR
PROFIL

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