Leurre / prostitution juvénile : Retour en cours de Sylvain Rouleau, André Côté et Frédéric Picotte pour les représentations sur sentence

Leurre / prostitution juvénile : Retour en cours de Sylvain Rouleau, André Côté et Frédéric Picotte pour les représentations sur sentence
Retour au palais de justice de Drummondville pour Sylvain Rouleau, André Côté et Frédéric Picotte pour les représentations sur sentence. © Crédit photo : Eric Beaupré / Vingt55. Tous droits réservés.

DRUMMONDVILLE

Arrêté suite à une opération policière en lien avec le Leurre informatique et prostitution juvénile, l’homme d’affaires André Côté, l’ex-enseignant Sylvain Rouleau et Frédéric Picotte, ex-employé municipal de Drummondville, étaient de retour au palais de justice de Drummondville dans le cadre des représentations sur sentence

Sylvain Rouleau, André Côté et Frédéric Picotte en présence de Me Kevin Mailhot, procureur de la couronne et l’enquêtrice de la SQ au dossier © Crédit photo : Eric Beaupré / Vingt55. Tous droits réservés

Les représentations sur la sentence ont débuté hier, jeudi 2 mai, alors que le procureur de la cour, Me Kevin Mailhiot, en présence de l’enquêteur au dossier, a rappelé la trame des événements. Lors de la première journée des représentations sur la sentence, qui s’est déroulée hier et se poursuit aujourd’hui au palais de justice de Drummondville, l’homme d’affaires André Côté, l’ex-enseignant Sylvain Rouleau ont témoigné et offert leur version des faits, alors que le troisième accusé, Frédéric Picotte, ex-employé de la ville de Drummondville, a plaidé coupable du chef de Leurre et accepté l’imposition d’une sentence.

Le procureur de la couronne a rapidement rappelé les faits et circonstances des arrestations.

« Lors des échanges avec les clients qui ont contacté Ariel, l’agent d’infiltration informait les clients qu’elle avait 26 ans avant de convenir du type de services et de relations sexuelles souhaités par les clients, ainsi leurrés par l’annonce mise en ligne par les policiers, a expliqué le procureur de la Couronne en présence de l’enquêtrice au dossier. »

Après avoir déterminé la nature des services offerts et souhaités, le prix, l’heure et le lieu du rendez-vous ont été fixés dans un hôtel de Drummondville. Les clients ont été arrêtés dans la chambre d’hôtel dans le cadre de l’opération policière qui se tenait à Drummondville.

André Côté en presence de son acocate Me Caroline Bérubé au palais de justice de Drummonvile @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.

Deux accusés, André Coté et Sylvain Rouleau présentent leur version des faits ainsi que les témoignages des experts entendus, un des accusés plaide coupable et accepte une sentence d’emprisonnement.

Représenté par l’avocate Me Caroline Bérubé, l’homme d’affaires André Coté a témoigné de la trame des événements, affirmant avoir sollicité par le biais de services en ligne d’une escorte dans une période difficile de sa vie, après avoir vu son commerce détruit par un incendie en 2019.

« Je n’étais plus moi-même, amaigri, fatigué et dérouté, j’ai à un moment et à une seule reprise décidé de recourir aux services d’une escorte », a-t-il admis. « C’est lors des échanges en ligne que j’ai appris qu’elle avait 16 ans. J’ai d’abord mentionné que c’était illégal pour ensuite accepter de me rendre au rendez-vous dans un moment d’égarement, a fait valoir André Coté. Le texte en ligne proposé par  »Ariel » ne faisait pas mention de son âge, a fait valoir l’accusé en répondant au procureur de la couronne lors de son interrogatoire. Une fois dans la chambre et après avoir payé les services, j’ai été arrêté », a relaté l’homme d’affaires, évoquant un moment de faiblesse pour mettre en contexte les événements et son arrestation.

La défense a fait entendre un témoin expert, pour le compte d’André Coté

François Blanchette, sexologue et psychothérapeute de Saint-Hyacinthe, afin de mettre en contexte la version de l’accusé obtenue lors de cinq rencontres et de mettre en lumière le contexte de ses rencontres avec l’accusé et évoqué le faible risque de récidive de l’accusé basé sur son rapport.

Cependant, le procureur de la Couronne Kevin Mailhiot a rapidement remis en question la valeur du rapport, réussissant à faire admettre à l’accusé qu’il n’avait pas mentionné toute la vérité sur le scénario proposé lors des rencontres avec la présumée escorte de 16 ans. Le procureur de la Couronne Kevin Mailhiot a affirmé que ces omissions et cette situation ont miné la crédibilité de l’accusé, tout en évoquant l’absence ou le peu de remords à son avis sur les gestes présentés par l’accusé, qui a exprimé des remords tardivement lors de son contre-interrogatoire proposant du même coup à l’honorable juge Serge Champoux chargé d’entendre les représentations, une sentence de six mois d’emprisonnement ferme pour le chef d’accusation de leurre.

L’avocate de la défense Me Caroline Borduas a plaidé en faveur de l’absence d’antécédents de l’accusé André Coté, soulignant son engagement lors de cinq séances de suivi thérapeutique et psychologique ainsi que son important réseau qui, depuis l’arrestation de son client, a réussi à donner conscience liée aux enjeux liés à la prostitution juvénile et à ses méfaits sociaux. Me Borduas a également rappelé au juge Champoux que la fratrie, de son client ses pairs et sa famille continuent de soutenir l’accusé dans ses démarches de réhabilitation après quatre ans et demi, soulignant l’absence de violation de ses engagements depuis son arrestation et le processus de réhabilitation probante de son client ainsi entamé depuis la mise en accusation.

Me Caroline Borduas a ainsi plaidé pour sentence sans emprisonnement, soit une absolution conditionnelle, évitant ainsi une peine d’emprisonnement pour son client et l’imposition d’un casier judiciaire qui aurait également un réel impact sur la vie de son client et sur son entreprise. Elle a également rappelé que la médiatisation du nom de son client ainsi que les longs délais depuis la mise en accusation avaient eu des effets dissuasifs, et que les conséquences devaient être prises en compte afin d’éviter une peine privative de liberté pour son client alors le procureur de la couronne demande une peine de six mois d’emprisonnement ferme.

Sylvain Rouleau en presence de son acocat Luc Plante au palais de justice de Drummonvile @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.

L’ex-enseignant Drummondvillois Sylvain Rouleau offre également sa version des faits

Sylvain Rouleau, représenté en défense par Me Luc Plante, a également témoigné dans le cadre des représentations sur la sentence après avoir enregistré un plaidoyer de culpabilité au chef de Leurre.

L’accusé, accusé des mêmes infractions tenues dans le cadre de cette même opération policière, est venu témoigner du contexte de son arrestation après avoir répondu à la même annonce. L’accusé a évoqué un contexte de vie familiale difficile et particulier afin d’expliquer sa présence en ligne sur les sites de rencontres dans le but ultime de rechercher une escorte.

L’avocat de la défense, Me Luc Plante, a mis en lumière le contexte dans lequel son client a été arrêté lors de l’opération policière.

Celui-ci avait engagé des interactions sur des sites de rencontres similaires afin de palier a des moments de solitude, mais n’avait jamais donné suite à ces rencontres Cependant, après avoir accepté de rencontrer une personne se présentant comme Ariel, une jeune fille de 16 ans, qui s’est avérée être une policière, l’accusé s’est rendu au rendez-vous, Mais une fois sur place, il a manifesté son désir de rebrousser chemin.

Comme il l’a lui-même expliqué : « Jamais, je ne suis pas parti avec l’intention véritable de tromper ma conjointe de l’époque sinon que de briser mon isolement, a fait valoir l’accusé, une fois sur place, j’ai repris l’argent déposé sur la table et j’ai voulu quitter la chambre après avoir affirmé que je changeais d’idée. » Malheureusement, malgré sa décision de partir et alors qu’il se trouvait à un mètre de la porte, les policiers sont intervenus et l’ont arrêté, à expliquer Me Luc Plante en défense, cette version des événements a également été partiellement confirmée par le procureur de la couronne.

Un prix très cher payé suggère l’avocat en défense pour un moment d’égarement, alors que mon client a même lors de la commission des faits reprochés a tenté de mettre fin à l’entente avec la présumée escorte, comme le démontre également le résumé de l’enquête », a fait valoir l’avocat Me Plante, rappelant que l’accusé a plaidé coupable des infractions et qu’il a entrepris de nombreuses thérapies et rencontre dans un but de réhabilitation.

À ce jour, l’accusé demeure un actif pour la société et a respecté toutes ses conditions de mise en liberté, a fait valoir Me Plante. L’accusé a exprimé des remords sincères et reconnaît la gravité objective de cette décision, qui aura entraîné des conséquences importantes sur sa vie tant au niveau familiale, personnel que professionnel.

L’avocat suggère une absolution conditionnelle assortie de conditions comme peine pour les infractions reprochées, une sentence qui représentait une peine juste dans les circonstances, tout en respectant les objectifs de réhabilitation et de dénonciation comme le prévoient les tribunaux, selon l’avis de l’avocat. En revanche, le procureur de la couronne demande pour sa part une peine de six mois d’emprisonnement ferme.

Frédéric Picotte en presence de son acocate Me Audray Doyon au palais de justice de Drummonvile @ Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55 Tous droits réservés.

Un plaidoyer de culpabilité et une sentence pour Frédéric Picotte qui fait face à un autre dossier dans le district judiciaire de Longueuil.

Le dernier dossier des 9 personnes arrêtées et condamnées dans cette opération policière, Frédéric Picotte, a pour sa part, a enregistré un plaidoyer de culpabilité et fait face à une sentence d’emprisonnement de 7 mois, qui sera entérinée par le tribunal en septembre prochain.

En effet, comme en a été témoin le Vingt55 lors de la comparution aujourd’hui, l’accusé a informé le procureur de la couronne par le biais de son avocate, Me Audrey Doyon, qu’après avoir enregistré un plaidoyer de culpabilité, et fait face à une sentence sur une suggestion commune de 7 mois à purger à partir de septembre.

L’accusé qui a enregistré un plaidoyer de culpabilité de leurre dans le dossier de Drummondville fait actuellement face à un autre chef d’accusation d’agression sexuelle dans le district de Longueuil, l’accusé devra ce présenté le 27 juin prochains dans cet autre dossier pour la suite des procédures,

La suggestion commune de son avocate, Me Audrey Doyon, et du procureur de la couronne, Kevin Mailhiot, en lien avec la sentence imposée à l’accusé pour le chef d’accusation de leurre dans le dossier de Drummondville, a été rapidement entérinée par le très honorable juge Chamoux, qui rendra donc le verdict en septembre prochain.

Le juge a pris en délibéré les verdicts dans les dossiers d’André Coté et Sylvain Rouleau.

Un verdict et une sentence seront rendus par l’honorable juge Serge Champoux dans les dossiers d’André Coté et Sébastien Rouleau le 18 juillet, alors que Frédéric Picotte sera de retour le 20 septembre pour l’imposition et le début de sa peine d’incarcération de sept mois.

Me Kevin Mailhot, procureur de la couronne et l’enquêtrice de la SQ au dossier au palais de justice de Drummondville © Crédit photo Eric Beaupré / Vingt55. Tous droits réservés.

Éric Beaupré
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