| Québec – CNW Telbec | À l’issue du Forum sur les meilleures pratiques : usagers, CHSLD et soutien à domicile, le gouvernement du Québec annonce un investissement de 100 M$ destiné à améliorer l’offre de service en soutien à domicile et à mieux répondre aux besoins de la population par une augmentation de l’intensité et du volume des services, en fonction des besoins des usagers.
Afin de rehausser le nombre de personnes desservies en soutien à domicile de longue durée, 95 M$ serviront à l’embauche d’intervenants pour les équipes de soutien à domicile.
Ainsi, plus d’infirmières, de préposés aux bénéficiaires et autres professionnels de la santé, entre autres en service social, en inhalothérapie, en ergothérapie, en physiothérapie et en nutrition clinique, joindront les rangs pour prodiguer des soins et des services aux aînés, mais aussi aux personnes vivant avec une déficience.
Un montant de 5 M$ sera consacré à la bonification de l’aide variable du Programme d’exonération financière de soutien à domicile (PEFSAD), et un autre montant de 300 000 $ contribuera à soutenir la mission du Comité provincial PAIR ainsi que son déploiement dans d’autres régions du Québec.
Faits saillants
Rappelons que les objectifs du Plan stratégique 2015-2020 prévoient d’augmenter de 15 % le nombre de personnes bénéficiant de services de soutien à domicile de longue durée d’ici 2020. Le montant de 95 M$ permettra d’atteindre cet objectif.
Le montant de 5 M$ destiné à bonifier l’aide variable du PEFSAD permettra à un usager d’obtenir jusqu’à 11,44 $ par heure de service, comparativement à 10,24 $ actuellement. Ce montant variable s’ajoute à l’aide fixe de 4 $ déjà accordée, ce qui porte l’aide financière totale à un maximum de 15,44 $ par heure de service.
Le montant octroyé au Comité provincial PAIR permettra de consolider sa mission de soutenir, d’outiller et de faciliter le déploiement du programme PAIR.
Ce programme est un service gratuit d’appels automatisés que les abonnés reçoivent à une heure prédéterminée après une entente avec les responsables du service. Une alerte est déclenchée si l’abonné ne répond pas après trois tentatives. Des démarches sont alors entreprises afin d’effectuer une vérification de la situation par un répondant ou par les services policiers.
Avec ces investissements, ce sont 850 M$ supplémentaires qui auront été investis en soins à domicile depuis 2014.
La CSN salue le réinvestissement en soutien à domicile
«Les 95 millions d’investissements supplémentaires en soutien à domicile, annoncés ce matin par le ministre Barrette, devront impérativement servir à renforcer le rôle du secteur public et des équipes interdisciplinaires des CLSC si on souhaite améliorer durablement la situation. Nous saluons cette annonce qui va dans le bon sens et nous en appelons à toutes les directions des établissements pour qu’elles travaillent avec les syndicats afin de réunir les conditions nécessaires à rendre ces emplois plus attrayants afin qu’on puisse combler ces postes et véritablement agir sur les surcharges de travail.»
C’est ainsi que le vice-président de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), Jean Lacharité a commenté l’annonce d’investissement faite en marge du Forum sur les meilleures pratiques : usagers, CHSLD et soutien à domicile, qui s’est tenu les 14 et 15 mai à Québec. La CSN y a plaidé pour une plus grande place du personnel du réseau public dans la recherche de solutions.
Le 24 avril, la CSN tenait un forum provincial sur l’amélioration du soutien à domicile. Des auxiliaires aux services de santé et sociaux (ASSS), travailleuses et travailleurs sociaux, physiothérapeutes, ergothérapeutes et infirmières, notamment, ont pris part à ces échanges.Quant aux pistes d’amélioration à explorer en soutien à domicile, il en est ressorti qu’il faudra :
mieux définir l’offre de soins et de services à domicile;
investir à la hauteur des besoins;
stopper la privatisation;
favoriser le travail interdisciplinaire;
reconnaître et mieux soutenir les proches aidants.
Pour la CSN, les salarié-es qui travaillent au soutien à domicile ont soif de contribuer à améliorer les services.
«Les solutions, ils les connaissent, poursuit Jean Lacharité. Leur imposer le minutage des soins et une surcharge de travail est une mauvaise avenue, non seulement pour leur qualité de vie au travail, mais surtout pour la qualité des services auxquels les Québécoises et les Québécois ont droit. De même, la privatisation de ces services nuit à la prévention, car les agences privées de personnel ne font pas partie des équipes interdisciplinaires des établissements comme les ASSS. De plus, cela mine l’objectif d’assurer une continuité dans les soins».
«Les techniciennes et les techniciens et les professionnel-les qui œuvrent dans le soutien à domicile vivent une détresse importante. La pression croissante, la surcharge de travail, le manque de moyens adéquats mènent à de l’insatisfaction au travail car ils voient bien que le réseau public n’arrive pas à assurer à toutes et à tous un niveau de services suffisant pour améliorer leur qualité de vie et prévenir la détérioration de leur état de santé. L’investissement dans le soutien à domicile doit s’accompagner de mesurer structurantes pour enrayer la pénibilité du travail qui nuit à l’embauche et la rétention des intervenants et intervenantes», ajoute Danny Roy, président du Syndicat des techniciennes, techniciens et professionnèles de la Capitale nationale (FP-CSN).
Dans les CHSLD, les mauvaises conditions de travail — salaires, surcharge de travail, horaires compliqués, postes précaires — font en sorte que les établissements peinent à recruter des préposé-es aux bénéficiaires, et ce, malgré l’engagement formel du ministre Barrette.
Par ailleurs, il faudra bien reconnaître un jour qu’il manque de places dans les CHSLD.






